Perspectives économiques en Egypte

  • Les perspectives économiques pour 2017 restent d’un optimisme prudent, et reposent dans une large mesure sur la capacité du gouvernement à maintenir le programme de réformes à mettre en oeuvre efficacement la stratégie de développement durable. 
  • Si les réformes des politiques économiques et structurelles sont mises en oeuvre, la croissance devrait s’accélérer avec le retour de la confiance des investisseurs, malgré les problèmes intérieurs et les turbulences économiques mondiales qui persistent. 
  • Globalement, l’Égypte peut s’appuyer sur le potentiel des secteurs industriel et entrepreneurial pour inverser la tendance de fond, à savoir une croissance faible et non inclusive et des perspectives d’emploi médiocres.

La « feuille de route politique » officielle est achevée, et maintenant les pouvoirs se concentrent sur la gestion du programme de réforme et sur la voie à suivre pour stimuler la croissance en 2017 et à l’avenir. Les disponibilités de devises se sont améliorées depuis que la Banque centrale d’Égypte (BCE) a libéralisé le taux de change en novembre 2016 et les perspectives pour 2017 sont plus optimistes. Si la mise en oeuvre des réformes se poursuit, la croissance pourrait remonter légèrement grâce à une évolution positive du secteur du gaz, des activités manufacturières et de l’immobilier ainsi qu’à une reprise de l’activité touristique mise à mal par les récents problèmes de sécurité. Toutefois, il sera difficile de contenir le déficit budgétaire et celui de la balance courante en 2017 et au-delà.

Pour parvenir à stabiliser l’économie et à stimuler la croissance, il faudra réduire le déficit budgétaire, augmenter les dépenses en faveur des pauvres, veiller à la stabilité des prix dans un contexte de taux de change flexible, créer des emplois et améliorer l’environnement des affaires, les conditions de sécurité et la justice sociale. Les efforts d’assainissement budgétaire seront poursuivis pendant l’exercice 2017/18, et ils reposeront sur une rationalisation des dépenses au titre de la Loi sur la fonction publique (approuvée début octobre 2016) ainsi que sur une augmentation des recettes grâce à la loi sur la TVA introduite au milieu de l’année 2016. Il est également prévu d’utiliser d’autres outils de gestion des recettes et des dépenses, comme la Loi d’août 2016 sur le règlement des différends fiscaux et de déployer des efforts supplémentaires pour réduire les subventions à l’énergie afin de dégager de l’argent à réinjecter dans des mesures de protection sociale. Une nouvelle loi sur l’investissement en cours de discussion au Parlement devrait permettre d’améliorer l’environnement des affaires, de soutenir le secteur privé et de stimuler l’emploi. Grâce à la libéralisation du taux de change, la CBE pourra plus facilement endiguer les tensions inflationnistes et stimuler la croissance puisqu’elle n’aura plus à se préoccuper du maintien de la stabilité du taux de change.

L’économie est relativement bien diversifiée, mais en dépit d’une industrialisation à grande échelle, les investissements réalisés n’ont pas réussi à impulser une véritable dynamique et à favoriser la création d’emplois. Les réformes sont censées contribuer à améliorer la productivité et l’efficience pour stimuler l’emploi et sortir du piège de l’économie informelle. Pourtant, la croissance de l’industrialisation et de l’entrepreneuriat dépend non seulement d’un contexte politique solide et porteur mais aussi d’un élargissement de l’accès aux ressources naturelles, au capital, aux technologies améliorées et à une main-d’oeuvre plus qualifiée.