Perspectives économiques en Libye

  • La croissance du PIB réel de la Libye est ressortie à -8.1 % en 2016, contre -10.1 % l’année précédente, grâce à une légère amélioration de la production de pétrole. Elle devrait se redresser à -4.9 % en 2017, après l’exemption du plafond d’approvisonnement de l’OPEP, la reconquête des ports dans l’est du pays et la réouverture d’oléoducs.
  • En lutte permanente pour le pouvoir, les gouvernements rivaux ne parviennent pas à trouver un terrain d’entente.
  • L’instabilité politique, la crise humanitaire et l’insécurité continuent d’entraver les efforts de reprise du contrôle de l’économie, et la plupart des stratégies nationales, notamment celles axées sur l’industrialisation et l’entrepreneuriat, restent en suspens.

Après s’être contractée de 8.1 % en 2016, la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel s’établira, d’après les projections, à -4.9 % en 2017 et à -3.0 % en 2018, car le cours du pétrole devrait augmenter et la production de brut remonter à environ 900 000 barils par jour (bpj) en 2017 et 2018, contre moins de 400 000 bpj en 2016.

L’Accord politique libyen (Libyan Political Agreement – LPA) signé à la mi-décembre 2015 a constitué une tentative de mettre fin à la crise politique qui s’éternisait depuis l’été 2014. Il a débouché sur la formation d’un Conseil présidentiel, qui dirige un gouvernement provisoire d’unité nationale, établi à Tripoli, mais non reconnu par la Chambre des représentants basée, elle, à Tobrouk. En conséquence, l’économie continue de pâtir de l’instabilité politique et de l’insécurité. L’effondrement de la production de pétrole et la forte volatilité du cours affectent à la fois le compte courant et les recettes budgétaires du pays. Contrairement aux années précédentes, le budget de 2016 n’a pas été approuvé. Le gouvernement d’unité nationale et la Banque centrale de Libye (CBL) s’étaient entendus sur un budget d’urgence pour 2017, qui a toutefois été rejeté par la Chambre des représentants. Afin de maîtriser les dépenses dans un contexte de diminution des revenus pétroliers, la CBL poursuit ses décaissements uniquement pour verser les salaires et les principales subventions, alors que le chômage reste élevé, à 19.2 % en 2016.

Les stratégies d’aide à l’industrie et à l’entrepreneuriat n’ont pas pu être déployées à ce jour. Le manque de coordination institutionnelle dans le secteur public et la chute des rentes pétrolières pèsent sur le recouvrement des recettes, les comptes et la gestion budgétaire de l’État, tout en retardant les efforts et les projets destinés à permettre à la Libye de diversifier son économie afin qu’elle soit moins tributaire du pétrole et plus tournée vers l’industrialisation.

Les perspectives économiques pour 2017 et 2018 dépendront largement de l’unité politique et de l’ampleur des améliorations sur le plan de la sécurité. Si des progrès sont réalisés, l’économie se redressera lentement, surtout dans le secteur pétrolier. Elles sont également suspendues à l’issue des tentatives de diversification économique. De vastes programmes de réformes, une capacité accrue à mobiliser des ressources extérieures et la diversification pourraient (si les conditions le permettent) libérer le potentiel de croissance et s’accompagner d’importants changements économiques pour la Libye.