Perspectives économiques en Mauritanie

  • La croissance de l’économie a progressé, passant de 2.0 % en 2015 à 3.1 % en 2016 selon les estimations, malgré une baisse drastique des cours du minerai de fer.
  • Les perspectives économiques sont plus favorables à court et moyen terme, notamment grâce aux perspectives de productions minières et industrielles à la hausse, aux bonnes performances de l’agriculture et de la pêche et à la poursuite des réformes structurelles.
  • L’amélioration du climat des affaires est cruciale pour l’émergence d’une véritable classe d’entrepreneurs nationaux susceptibles d’intensifier l’industrialisation et de générer des emplois décents, contribuant ainsi à réduire la pauvreté et les inégalités sociales.

Après la décélération de la croissance économique observée en 2015, avec un taux de croissance de 2.0 %, l’année 2016 a été marquée par un léger rebond avec un taux estimé à 3.1 %, porté par les bonnes performances du secteur primaire et par le redressement du secteur minier. En effet, la part du secteur primaire dans le produit intérieur brut (PIB) réel est ainsi passée à 29.1 % en 2016 contre 28.6 % en 2015. Le secteur minier a quant à lui connu un léger redressement pour se situer à 5.6 % du PIB réel contre 4.9 % en 2015, sous l’effet notamment de la mise en exploitation du nouveau champ minier de fer Guelb II, et de la promotion du potentiel géologique et minier national. Malgré une progression de 0.2 %, la contribution du secteur manufacturier au PIB (6.7 % en 2016) demeure en deçà de son niveau d’avant 2005, qui était d’environ de 10 %. La consolidation du mouvement de tertiarisation de l’économie mauritanienne s’est poursuivie avec la plus forte contribution au PIB réel, soit 35 %.

Les perspectives économiques sont favorables à court et moyen terme, portées notamment par : i) le relèvement de la production annuelle de la SNIM ; ii) les bonnes performances du sous-secteur de l’agriculture irriguée (conséquence de la mise en valeur de nouvelles superficies) et de celui de la pêche ; iii) la poursuite de l’effort d’investissement dans les infrastructures de soutien à la croissance et dans le capital humain ; et iv) la poursuite des réformes structurelles.

L’année 2016 a aussi été marquée par la consolidation des acquis macroéconomiques : l’inflation est ainsi restée à un bas niveau, à 1.9 %, notamment grâce à la hausse modérée des prix des produits alimentaires et à la maîtrise de l’évolution de la masse monétaire. La position budgétaire demeure viable avec un déficit gérable du solde budgétaire global estimé à 3.3 % du PIB en 2016, contre 3.5 % en 2015. Les réserves officielles ont conservé un niveau confortable à fin 2016, estimé à 6.6 mois d’importations. Le déficit courant a poursuivi son fléchissement en 2016 pour se situer à 15.8 %, contre 20 % en 2015.

Toutefois, le pays reste fragilisé par sa dépendance aux matières premières et par des insuffisances inhérentes au climat des affaires. Il importe dès lors : i) d’accélérer les réformes visant à diversifier l’économie pour renforcer sa résilience aux chocs externes ; et ii) de promouvoir la mise en place d’un environnement propice aux affaires. L’amélioration du climat des affaires est une condition nécessaire à l’augmentation quantitative et qualitative des investissements privés. Par ailleurs, la poursuite de l’assainissement du secteur financier et sa dynamisation devraient également offrir de nouvelles opportunités, notamment pour les PME, en contribuant à faciliter l’accès au financement ainsi qu’en développant des activités liées aux services financiers.