Perspectives économiques au Maroc

  • La croissance au Maroc s’est limitée à 1.5 % en 2016, en raison de la mauvaise pluviométrie, mais elle est attendue à 3.7 % en 2017.
  • Les élections législatives ont abouti en octobre 2016 à la victoire du Parti de la justice et du développement (PJD, droite islamiste).
  • La COP22 s’est tenue à Marrakech en novembre 2016 et a abouti à l’entrée en vigueur rapide de l’Accord de Paris, ratifié par 115 pays, représentant plus de 75 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Limitée à 1.5 % en 2016, en raison de la mauvaise pluviométrie, la croissance est attendue à 3.7 % en 2017. Les grandes politiques publiques commencent à porter leurs fruits, avec la diversification progressive des sources de croissance dans l’agriculture et l’essor continu de l’industrie, automobile en tête. L’amélioration exceptionnelle du climat des affaires (en progression de 60 places depuis 2008 dans le rapport Doing Business de la Banque mondiale), le développement soutenu des infrastructures (portuaires et ferroviaires en particulier pour 2016) et la stabilité du pays permettent d’attirer les investissements directs étrangers (IDE), de façon remarquable à l’échelle de la sous-région et du continent. Cette dynamique va de pair avec l’amélioration des principaux agrégats macroéconomiques, avec un déficit budgétaire attendu à 3.0 % en 2017.

Deux grandes tendances se dessinent en termes de politiques publiques en 2016. Premièrement, l’organisation de la Conférence des parties (COP22) sur le climat à Marrakech a été le point d’orgue d’une année résolument tournée vers les questions environnementales. La première centrale du complexe solaire Noor à Ouarzazate a été inaugurée en février 2016, et les travaux des deuxième et troisième centrales lancés. De plus, l’opération Zéro-Mika a abouti à l’interdiction totale des sacs en plastique, grâce à la sensibilisation et l’instauration d’alternatives. Deuxième grande tendance : le Maroc resserre ses liens avec l’Afrique de manière active. Le souhait formulé par le roi Mohammed VI de voir le pays réintégrer l’Union africaine (UA) lors de son 27e sommet en juillet 2016 s’est concrétisé en janvier 2017. Cette annonce a été suivie par l’organisation en octobre 2016 d’une tournée royale dans en Tanzanie, au Rwanda, en Éthiopie, à Madagascar et au Nigéria, autant de partenaires moins traditionnels que les pays d’Afrique de l’Ouest francophone. La construction d’un gazoduc reliant le Maroc et le Nigéria a ainsi été lancée en décembre et un contrat de 2 milliards d’euros (EUR) signé avec l’Éthiopie pour édifier un complexe industriel visant à rendre ce pays autosuffisant à l’horizon 2025 dans sa production d’engrais agricoles.Du point de vue de l’entrepreneuriat et de l’industrialisation, thématique des Perspectives économiques de l’Afrique (PEA) en 2017, les performances des nouveaux métiers du Maroc (automobile, aéronautique et électronique) ont permis de modifier en profondeur le panier des exportations, après une décennie de stratégies actives dans ce sens. Néanmoins, des obstacles au développement des entreprises persistent. Le diagnostic de croissance, réalisé en 2015 par la Banque africaine de développement (BAfD), les autorités et le Millenium Challenge Corporation (MCC), identifie l’éducation et certains aspects de l’environnement réglementaire (fiscalité, système juridique, foncier) comme les contraintes majeures au développement des petites et moyennes entreprises (PME). Le poids du secteur informel est lui aussi régulièrement pointé du doigt. Le développement du statut de l’auto-entrepreneur en 2015 et l’extension progressive de la couverture sociale aux indépendants devraient permettre de faire passer vers le secteur formel une partie des acteurs engagés dans l’informel.