Vous êtes ici

Afrique du Nord : Vue d’ensemble

Aperçu

Les pays d’Afrique du Nord que sont la Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye et l’Égypte tiennent une place importante dans l’histoire du Groupe de la Banque. En effet, tous étaient présents le 4 août 1963, à Khartoum, au Soudan, lorsque 23 pays africains nouvellement indépendants se sont réunis pour discuter de la création d’une grande institution financière au service des Africains, et conduite par les Africains. Tous ont signé l’Accord portant création de la Banque l’année suivante, en 1964 et tous – à l’exception de la Libye –, ont souscrit à son capital, avec un apport en espèces dépassant les 80 millions de dollars EU (soit 40 % environ du capital de départ). Ainsi, la Banque put être opérationnelle et s’engager sur le terrain dès 1967.

Cette contribution d’ampleur a placé les pays d’Afrique du Nord en position stratégique pour jouer un rôle clé dans la gestion de l’institution à ses débuts. La structure du capital de la BAD a certes changé depuis, avec l’admission, au fil des ans, de l’ensemble des 54 pays du continent (dits “pays membres régionaux, PMR) et, à partir de 1982, des pays membres non régionaux. Mais les pays d’Afrique du Nord détiennent toujours une part importante de son capital – 18,25 % du capital souscrit en décembre 2014. Et ils continuent de jouer un rôle important au sein du Groupe de la Banque.

Opérations de la Banque dans la région

Parce que les pays nord-africains sont des membres historiques et pour la plupart fondateurs du Groupe de la Banque, et qu’ils affichent un poids économique certain, la région Afrique du Nord occupe le premier rang des clients de la Banque, tant en termes de volume financier que de quantité d’opérations menées. Les pays de la région ont toujours manifesté leur volonté de collaborer avec le Groupe de la BAD, de différentes manières – par le biais de programmes de réformes, de plans de développement, ou de renforcement des capacités institutionnelles.

Entre le début de ses opérations et la fin 2015, la Banque a octroyé pour 27,83 milliards de dollars EU de prêts et de dons aux secteurs privé et public aux pays de la région, – ce qui représente près de 30 % du total des prêts et dons cumulés que la BAD a accordés à l’ensemble de ses pays membres régionaux.

Le Maroc, la Tunisie et l’Égypte sont les trois plus importants bénéficiaires des interventions de la Banque.

Pays Volume total des opérations (en millions de dollars EU)
Algérie 2,653.55
Égypte 5,939.09
Libye 4.21
Mauritanie 719.96
Maroc 10,448.51
Tunisie 8,062.63
Total 27,827.95

Le Groupe de la Banque a également financé six opérations d’envergure régionale : cinq d’entre elles étaient une assistance technique prodiguée à l’Union du Maghreb arabe (UMA) et la sixième était destinée au Fonds pour les infrastructures Argan. Ce à quoi s’ajoutent aussi des prises de participations dans deux fonds d’investissement régionaux, le MEFP II et le MEFP III, qui investissent dans trois des pays du Grand Maghreb (Maroc, Algérie et Tunisie).

Cumulative Loans and Grants by Country in North Africa (1968-2015)

Orientation des opérations de la Banque

Les opérations du Groupe de la BAD répondent aux besoins spécifiques des pays d’Afrique du Nord, en termes économiques, sociaux et régionaux. Si la région compte surtout des pays à revenu intermédiaire, qui jouissent d’un accès relativement aisé aux marchés financiers, elle a malgré tout besoin d’investissements considérables dans les infrastructures et le secteur privé, de sorte d’impulser une croissance économique soutenue et qui profite au plus grand nombre

La BAD leur offre aussi son appui en matière de renforcement des capacités, de services de conseil et d’amélioration des systèmes d’information bancaires. À l’instar d’autres régions du continent, l’Afrique du Nord affiche encore d’importants besoins en matière de développement humain, auxquels il fait répondre pour offrir une qualité de vie meilleure à l’ensemble des populations. La Banque fait en sorte que son appui fasse écho aux développements internes que connaissent les pays respectifs de la sous-région et tient compte des défis particuliers qui sont les leurs.

Les opérations de la Banque reflètent donc ces besoins spécifiques et mettent l’accent sur les secteurs élevés au rang de priorités dans les plans de développement nationaux et les documents de stratégie pays respectifs que la Banque élabore et dans lesquels elle peut avoir le plus grand impact en termes de développement.

Portefeuille actif à la fin 2015

Pays Nb. d’opérations Volume des opérations (en million de dollars EU)
Algérie 10 8.84
Égypte 33 2,267.05
Libye 1 3.38
Mauritanie 11 209.17
Maroc 36 2,398.92
Tunisie 33 1,474.43
Total 124 6,361.79

 

graph showing the Volume of Operations of the Active Portfolio for North Africa (end 2015)

Portefeuille actif de la Banque en Afrique du Nord

En décembre 2015, le portefeuille actif du Groupe de la Banque en Afrique du Nord comptait plus de 124 opérations approuvées et en cours, représentant 6,36 milliards de dollars EU d’engagements nets – preuve de son importance.

Les secteurs prioritaires que sont l’énergie, les transports et l’alimentation en eau sont les plus larges bénéficiaires des prêts du Groupe de la Banque en Afrique du Nord – ce qui reflète l’évolution de la croissance et de l’état de développement des pays de la région, où la demande d’énergie va croissant, tant de la part des ménages que du secteur privé (industrie, agriculture, tourisme et transports). Au fur et à mesure que ces pays s’intègrent dans l’économie mondiale, ils font face à une concurrence toujours plus forte, et leur besoin d’être connecté au reste du monde se fait plus grand. D’où la nécessité de développer les infrastructures, surtout dans les domaines des transports – routes, chemins de fer, transport aérien, etc.

Dans les années à venir, la Banque compte poursuivre ses efforts pour combler le déficit d'infrastructures de l’Afrique du Nord et réduire progressivement les entraves à l’intégration des économies de la région. Cela pourrait susciter de nouvelles opportunités pour les projets d'intégration régionale entre les pays de la région.

Portefeuille actif de la Banque par pays

En matière d’assistance technique et d’études économiques et sectorielles, la Banque affiche un portefeuille actif de 55 opérations en Afrique du Nord à la fin 2015, d’une valeur totale de 57,3 millions de dollars EU environ.

Le Département Afrique du Nord (ORNA) de la Banque supervise deux fonds fiduciaires et un fonds d’assistance technique : le Fonds pour la transition au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (FT-MENA)le Fonds fiduciaire multi-donateurs pour les pays en transition (TFT), et le Fonds d’assistance technique pour les pays à revenu intermédiaire (FAT-PRI).

En Égypte, le portefeuille comptait 33 opérations au 31 décembre 2015, représentant 2,27 milliards de dollars EU d’engagements nets, pourvus à 90 % par le guichet du secteur public de la BAD, à 9 % par le guichet du secteur privé, et par des dons à 1 %. Le secteur de l’énergie concentre la majorité des opérations actives, avec 61 % des opérations approuvées ; viennent ensuite les opérations multisectorielles (24,5 %) ; les transports (6 %) ; le secteur social (2,9 %) ; le secteur de l’eau et de l’assainissement (2,9 %) ; et le secteur de l’agriculture (2,7%). La Banque a également approuvé en décembre 2015 un programme de soutien budgétaire, pour lequel elle a décaissé 500 millions de dollars EU, en faveur de réformes et de la gestion économique du secteur de l’énergie. Le Document de stratégie pays pour la période 2015 à 2019 met l'accent sur deux piliers : les infrastructures (pour la compétitivité du secteur privé et une croissance durable et inclusive) ; et la gouvernance (pour une meilleure transparence, efficacité et équité et une participation accrue du secteur privé).

Au Maroc, le portefeuille d’opérations de la BAD comptait, fin 2015, 36 opérations, pour un montant total de 2,4 milliards de dollars EU. Le secteur public y prédomine. L’accent est mis sur les infrastructures – avec des projets dans les transports, l’énergie, l’eau et l’assainissement, l’irrigation –, et les projets du secteur privé dans ce domaine. Les opérations multisectorielles et dans le secteur social représentent respectivement 4,1 % et 0,1 % du portefeuille. La stratégie que la Banque a approuvée en 2012 pour le Maroc (dans son DSP 2012-2016), se focalise sur deux piliers : gouvernance et infrastructures.

La Mauritanie est le seul pays d’Afrique du Nord à être éligible au guichet du FAD. Le secteur minier domine largement le portefeuille de la Banque dans le pays, avec près de 76 % du total des approbations, suivi de l’eau et l’assainissement (13 %), de l’agriculture (8 %), de la gouvernance (2 %), et enfin du secteur social (1 %).

En Tunisie, un accent particulier est mis sur les opérations dans les infrastructures, qui représentent 65 % du portefeuille total de la BAD dans le pays Le secteur des transports représente une parte important du portefeuille actif (49 %), suivi par l’appui au secteur privé (16 %), les opérations multisectorielles (12%), l’eau et l’assainissement (9 %), l’énergie (7 %), l’agriculture (4 %) et le financement aux PME (3 %).

S’agissant de l’Algérie, la coopération avec la Banque porte essentiellement sur de l’assistance technique, des travaux d’analyse et un renforcement des capacités (formation notamment). La Banque intervient dans divers secteurs, comme la gouvernance du secteur public et du secteur financier, dans l’agriculture et les TIC. Son portefeuille en Algérie comptait, à la fin décembre 2015, dix opérations d’assistance technique d’une valeur totale de 8,84 millions de dollars EU environ, axées pour la plupart sur le renforcement des capacités d’entités publiques (ministère des Finances, ministère de l’Agriculture…) – entre autres – et des études stratégiques.

En Libye, La Banque ne comptait qu’une seule opération active à la fin 2015, intitulée « Leading the Way Programme » et financée à hauteur de 3,38 millions de dollars EU grâce au Fonds pour la transition au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ce programme vise à renforcer l'efficience des institutions libyennes, pour une meilleure gouvernance ainsi qu’un développement économique et social durable. Ce projet arrive à point nommé dans un contexte où les différentes parties du pays cherchent la conciliation et à former un gouvernement d'union nationale.