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Document de stratégie d’intégration régionale pour l’Afrique du Nord (DSIR-AN)

Une approche sur-mesure pour une région spécifique

La Banque africaine de développement (BAD) travaille à finaliser, d‘ici la fin 2016, un Document de stratégie d’intégration régionale pour l’Afrique du Nord (DSIR-AN), principal outil d’appui de la Banque à l’intégration régionale en Afrique du Nord. Une fois finalisé, ce document de stratégie qui couvre la période 2016-2020 sera le tout premier du genre pour l’Afrique du Nord – après plusieurs tentatives qui n’ont pu aboutir, notamment en raison des évènements socio-politiques que la région a traversés depuis 2011. Ce DSIR-AN 2016-2020 sera aussi le tout premier à être élaboré sous l’ère de la nouvelle Politique et stratégie d’intégration régionale (PRIS) 2014-2023 de la Banque, adoptée en novembre 2014.

Le DSIR-AN 2016-2020 a pour objectif de contribuer à atteindre une croissance inclusive dans les six (6) pays de la région Afrique du Nord qui, pour la Banque, couvre l’Algérie, l’Égypte, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie. Ce Document de stratégie, aligné sur la stratégie actuelle de la Banque pour favoriser l’intégration régionale (PSIR 2014-2023), reflète les spécificités de la région en matière d’intégration régionale.

Du point de vue de l’intégration régionale, l’Afrique du Nord présente un contexte particulier, avec des défis spécifiques à relever et des opportunités à fructifier.En effet, au niveau des défis, il est à citer que les pays nord-africains commercent peu entre eux et la plupart de leurs partenaires commerciaux sont hors de la région. Aussi, bien souvent, les initiatives d’intégration buttent sur un manque de volonté politique et s’avèrent elles-mêmes fragmentaires. Il n’y a pas de Communauté économique régionale rassemblant ces 6 pays pour coordonner de telles initiatives, comme cela se fait dans les autres régions du continent. Les pays nord-africains ont aussi de nombreux enjeux en commun, pour la plupart liés à l’environnement et au milieu naturel (ressources en eau limitées, dégradation du littoral, avancée du désert, etc.), auxquels s’ajoutent des enjeux sécuritaires. Par ailleurs, pour l’heure, la Banque dispose de peu d’instruments de financement d’opérations régionales pour les pays à revenu intermédiaire (ce que sont 5 des 6 pays de la région). Toutefois, des opportunités existent. En effet, la région compte pour près du tiers du PIB de l’Afrique et pourrait ainsi être un moteur économique pour le continent. L’on observe aussi un regain d’intérêt pour l’intégration régionale, surtout portée par le secteur privé, ainsi que des perspectives favorables pour dynamiser la coopération engagée avec d’autres régions, notamment l’Afrique subsaharienne, l’Europe, etc. Les acteurs non étatiques (secteur privé, société civile, universitaires) veulent être plus impliqués dans le processus d’intégration, selon une approche ascendante (« bottom-up »).

Compte tenu de ces spécificités, la Banque défend une approche de l’intégration axée sur un régionalisme plus ouvert visant, au-delà de la région Afrique du nord, l’Afrique subsaharienne, l’Europe, le Moyen-Orient et le reste du monde. Cette approche est ainsi en phase avec la PSIR 2014-2023. En d’autres termes, le DSIR-AN propose une approche de l’intégration : i) par la coopération dans le cadre d’un régionalisme ouvert ; ii) portant sur des thèmes d’intérêt commun ; iii) selon une approche ascendante ; iv) basée sur des interventions pragmatiques et ; v) mettant l’accent sur les produits du savoir.

Le DSIR-AN 2016-2020 a pour piliers: i) la promotion de la connectivité des infrastructures régionales ; et ii) la promotion du secteur privé, du développement industriel et du commerce, qui partagent une thématique transversale : le renforcement des capacités à travers la diffusion du savoir d’une part, et du conseil en matière d’intégration régionale d’autre part.