Perspectives économiques en Tunisie

  • La croissance du PIB réel de 1 % est en-dessous des 2.6 % annoncés dans le budget de 2016, mais devrait augmenter de nouveau grâce à la mise en oeuvre accélérée du Plan de développement stratégique 2016-20 (PDS). 
  • Le nouveau gouvernement qui a pris fonction le 31 août 2016 à la suite d’élections s’est prononcé pour une intensification des réformes. 
  • La Tunisie a mobilisé 34 milliards TND (dinars) de promesses de financement public et privé, dans le cadre de la Conférence Internationale sur l’Investissement Tunisie 2020 de novembre 2016, pour soutenir la création de davantage de richesse et d’emplois. 

La croissance du PIB de la Tunisie s’est établie à 1.0 % en 2016 bien en deçà de la prévision de 2.6 % contenue dans la Loi de finances 2016. Compte tenu de la révision récente de la croissance 2015 à la hausse par l’Institut national des statistiques (INS) à 1.1 % contre 0.8 % en raison d’une croissance du PIB agricole plus importante que prévu, l’économie tunisienne est, de fait, en stagnation depuis 2015. La croissance de l’économie a été affectée par la contrainte sécuritaire mais également par la fragilité du climat social. À l’instar des années précédentes, la croissance en 2016 a été principalement tirée par le secteur des services, la consommation intérieure publique et privée soutenue par les augmentations de salaire dans la fonction publique demeurant le principal moteur de croissance de l’économie tunisienne. Le taux d’investissement est demeuré en dessous du « seuil psychologique » de 20 % en raison du repli des investissements directs étrangers (IDE) (-25.4 % au cours du premier semestre de l’année 2016) et des contraintes de financement.

La faiblesse de la croissance, la persistance d’importants déséquilibres macroéconomiques en matière de gestion des finances publiques et le retard pris dans la mise en oeuvre concrète des réformes structurelles stratégiques (réforme fiscale, réforme de la fonction publique, réforme du marché du travail, réforme des entreprises publiques, notamment) n’auront pas permis en 2016 de répondre au principal défi auquel la Tunisie fait face depuis 2011 consistant dans la persistance d’un chômage structurel élevé. Le taux de chômage moyen en 2016 a atteint, en effet, 15.6 % de la population active contre 15.1 % en 2015 malgré les importants recrutements effectués dans le secteur public depuis 2011. Il est en moyenne plus important chez les femmes (23.2 %) que chez les hommes (12.5 %) et frappe particulièrement les diplômés de l’enseignement supérieur (31.9 %). En 2016, le taux de chômage toutes catégories confondues est demeuré supérieur en moyenne de 50 % par rapport à la moyenne nationale dans les régions défavorisées de l’intérieur du pays. La croissance devrait cependant rebondir en 2017 et 2018 compte tenu de l’accélération escomptée de l’investissement, liée au démarrage des grands projets prévus dans le Plan de développement stratégique (PDS) 2016-20 et de l’accélération du rythme de mise en oeuvre des réformes structurelles notamment celle relative à la réforme de la fonction publique dans le cadre du programme mis en oeuvre par le Fonds monétaire international (FMI) avec l’appui des partenaires au développement. Les tensions sur les finances publiques devraient cependant demeurer significatives en 2017 et 2018. De son côté, l’inflation devrait légèrement augmenter en 2017 avant de refluer à nouveau en 2018.

La Tunisie présente en 2016 toutes les caractéristiques d’une économie duale avec, d’un côté, un tissu industriel moderne regroupant 5 600 entreprises de plus de dix salariés et de l’autre côté un tissu de petites entreprises sous-capitalisées, majoritairement unipersonnelles et concentrées à plus de 80 % dans le secteur des services en particulier le commerce, le transport et l’entreposage.