Perspectives économiques de l'Angola

Performance économique et perspectives

La baisse des cours du pétrole a contracté la croissance à 4,7 % en 2011–2015 contre 12,6 % en 2006–2010. Elle a gravement affecté les recettes fiscales, amenant les autorités à réduire de 55 % les dépenses d’infrastructure entre 2014 et 2017. La raréfaction des devises et la dépréciation de la monnaie qui en a résulté ont entravé l’activité économique et la création d’emplois dans les industries tributaires des importations, telles que la construction, l’industrie manufacturière et les services de détail. La croissance économique a chuté à 0,1 % en 2016, mais devrait remonter à 2,1 % en 2017, grâce à la bonne performance des secteurs agricole, énergétique et de la pêche. Les perspectives sont modestes pour 2018– 2019, avec une croissance de 2,4 % en 2018 et 2,8 % en 2019.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Les recettes de l’État ont chuté de 51 % entre 2014 et 2017, la part pétrolière passant de 67 % en 2014 à 46 % en 2017. Malgré une dépense réduite de 44,8 % entre 2014 et 2017, le déficit budgétaire atteignait 5,7 % du PIB en 2017. Les dépenses ordinaires dominent, avec environ 33,4 % de salaires et 6,3 % de biens et services. L’allocation aux secteurs sociaux a augmenté (38 %), traduisant l’engagement de l’État à protéger les groupes les plus vulnérables et à réduire les 37 % du taux de pauvreté. La politique monétaire a été durcie pour contenir les pressions inflationnistes dues à la dépréciation de 40 % du taux de change entre 2014 et 2016. La dette publique a grimpé de 65,4 % du PIB en 2015 à 71,5 % en 2016, reflétant l’augmentation des emprunts de l’État sur le marché local pour financer le déficit budgétaire dans un contexte de rendements intérieurs élevés et de faibles recettes pétrolières.

Facteurs positifs

La pauvreté a été considérablement réduite en Angola, de 54 % en 2000 à 37 % aujourd’hui. La baisse des cours du pétrole requiert des réformes structurelles pour une diversification. L’État a alloué environ 5 milliards de dollars EU à des projets du secteur privé à haut potentiel de substitution des importations et de promotion des exportations, notamment dans la production alimentaire, la pêche et l’agro-industrie, le pétrole et le gaz, l’extraction minière, le tourisme, le transport et la logistique. De nouveaux projets approuvés avant le choc pétrolier, notamment trois centrales, amélioreront la disponibilité d’électricité. Dans les transports, 2 725 km de rails et 13 000 km de routes, notamment les corridors vers la République démocratique du Congo, la Namibie et la Zambie, ont été réhabilités. Un nouvel aéroport est en cours de construction et un nouveau port commercial devrait être bâti au nord de Luanda et relié aux réseaux ferroviaire et routier nationaux.

Facteurs négatifs

Le pétrole représente plus de 95 % des recettes d’exportation, 46 % des recettes publiques et 30 % du PIB. La chute de la croissance économique, désormais inférieure à la croissance démographique (2,7 %), a réduit le revenu par habitant à son niveau le plus bas en une décennie. La baisse des cours du pétrole a réduit les réserves nettes de change de 7 mois d’importations en 2016 à environ 6 mois en 2017. Malgré le potentiel économique du pays, des défis structurels entravent la diversification de l’économie et la croissance inclusive, notamment, de médiocres institutions, une maigre productivité agricole, un déficit d’infrastructures, un manque de ressources humaines qualifiées (en particulier, en gestion des entreprises, sciences et technologies, construction et manufacture), de faibles systèmes de facilitation du commerce et d’appui à l’exportation. Malgré des améliorations récentes, l’environnement des affaires du pays reste un frein à l’investissement privé, comme l’atteste sa 175e position sur 190 pays dans le rapport Doing Business de la Banque mondiale.