Perspectives économiques de l'Angola

  • La croissance économique de l’Angola a progressé de 1.1 % en 2016, mais elle devrait remonter à 2.3 % en 2017 et 3.2 % en 2018, en raison de l’augmentation prévue des dépenses publiques et de meilleurs termes de l’échange avec le cours du pétrole qui se redresse.
  • L’Angola doit accroître ses investissements dans le capital humain et poursuivre sa diversification économique pour réduire sa vulnérabilité économique afin de passer à un statut de pays à revenu intermédiaire d’ici 2021.
  • Le développement des industries locales et le renforcement des compétences en matière d’entrepreneuriat sont des éléments cruciaux pour renforcer la reprise économique et favoriser une croissance inclusive. 

La chute vertigineuse et durable des cours du pétrole a nui aux performances économiques de l’Angola. La croissance du produit intérieur brut (PIB) est tombée à 1.1 % en 2016, ce qui s’explique par le ralentissement de l’activité non pétrolière, l’industrie, le bâtiment et les services ayant dû s’adapter au recul de la consommation privée et de l’investissement public ainsi qu’à une disponibilité plus limitée des devises. Cette situation a montré la nécessité de lutter avec plus de vigueur contre la dépendance au pétrole, de remédier aux facteurs de vulnérabilité et diversifier l’économie. En 2017 et 2018, la croissance du PIB devrait grimper respectivement à 2.3 % et 3.2 %, principalement en raison de l’augmentation prévue des dépenses publiques et de meilleurs termes de l’échange.

Les autorités ont pris des mesures pour atténuer les répercussions du choc pétrolier sur l’économie, avec notamment la rationalisation des dépenses publiques par le retrait des subventions sur le carburant, une hausse significative de la mobilisation des recettes non pétrolières et la dépréciation du taux de change en vue de préserver la compétitivité des exportations et de réduire la tendance à l’importation du pays. Toutefois, d’autres actions politiques sont nécessaires pour stabiliser l’environnement macroéconomique, répartir les richesses de manière plus équitable et offrir de meilleures prestations de services. L’une des priorités de l’Angola sera d’investir dans le capital humain, d’accélérer sa diversification économique et de réduire sa vulnérabilité économique afin qu’elle ne fasse plus partie des pays les moins développés (PMD) en 2021. En matière de capital humain, l’État doit impérativement accroître ses investissements dans la santé et l’éducation. Il doit également investir en faveur de la transformation agricole et des chaînes de valeur afin de diversifier les exportations, d’augmenter les sources de revenus et de limiter la dépendance au pétrole. L’expansion de l’infrastructure économique et surtout de l’accès à l’électricité, des routes et du transport, de l’approvisionnement en eau et l’assainissement, et le développement des compétences sont des éléments cruciaux pour améliorer l’environnement des affaires et renforcer le rôle du secteur privé dans la croissance économique. Le pays doit également promouvoir l’intégration régionale afin de libérer le potentiel de l’industrie manufacturière locale et de dynamiser le commerce.

L’Angola doit davantage soutenir l’entrepreneuriat et l’industrialisation. L’industrie manufacturière du pays en est à ses prémices, les denrées alimentaires et les boissons constituant les principaux secteurs. Le programme national d’industrialisation pour 2013-17 définit sept sous-secteurs clés, parmi lesquels le textile et l’habillement, les produits chimiques et du papier, et les roches ornementales. Néanmoins, la part de la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière dans le PIB reste faible, à 8.6 %. Il en va de même pour le taux d’activité entrepreneuriale (21.5 %), freiné par des infrastructures défaillantes, des difficultés d’accès au crédit, des compétences en matière de gestion insuffisantes et un manque de stratégies intégrées pour stimuler l’entrepreneuriat. L’Angola doit impérativement lever ces obstacles structurels, s’il entend diversifier son économie et veiller au bien-être de tous.