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Perspectives économiques au Botswana

Performances macroéconomiques et perspectives

Le PIB réel s’est accru de 3,5 % en 2019 (estimation) après une croissance de près de 4 % en moyenne sur la période 2016–2018, grâce à la poursuite du redressement de la production de diamants à la suite du rebond de la demande mondiale et de la reprise des activités à la mine de Damtshaa en janvier 2018. Cette reprise est accompagnée par un développement assez solide et généralisé des activités non minières. Soutenue par des investissements publics plus importants et une politique monétaire accommodante, l’économie du Botswana s’est bien remise de la récession de 2015.

L’inflation s’élevait en moyenne à 3 % entre 2015 et 2018 et restera stable à environ 3,1 % en 2019. La politique monétaire a été progressivement assouplie, avec des réductions périodiques du taux directeur (à 4,75 % en août 2019 contre 5 % en octobre 2017). Le faible taux d’inflation s’explique par la combinaison d’une faible demande intérieure et d’augmentations modérées des prix extérieurs.

La situation budgétaire s’est affaiblie en raison de l’augmentation des dépenses liées à la stimulation de l’économie et de la baisse des revenus et rentrées de l’Union douanière d’Afrique australe (SACU). Le déficit budgétaire est estimé à 2,4 % du PIB en 2019, financé principalement par des prélèvements sur les économies budgétaires et l’émission de titres dans le cadre du « Government Note Program ». La dette publique, estimée à 23 % du PIB en 2019, demeure faible.

La position extérieure reste modérée, bien que l’excédent de la balance courante montre des signes de contraction et devrait, selon les estimations, tomber à 1,0 % du PIB en 2019, contre 1,9 % en 2018. Face à la volatilité des recettes des exportations de diamants, le gouvernement a financé ses investissements publics par des prélèvements sur les réserves plutôt que par la dette extérieure. Les compensations des réserves internationales diminuent donc depuis 2016, même si elles restent élevées (6,6 milliards USD à la fin de 2018, soit 13 mois d’importations).

Facteurs favorables et défavorables

Les perspectives à moyen terme demeurent favorables, avec une croissance du PIB réel prévue de 4,2 % en 2020 et de 5,1 % en 2021. Les conditions propices à la croissance incluent une politique monétaire accommodante, des initiatives visant à améliorer le climat des affaires, et les stratégies en cours énoncées dans le 11e Plan national de développement pour diversifier à la fois la production et les exportations en se détournant du secteur minier au profit d’autres secteurs porteurs de croissance et créateurs d’emplois. Une fois mises en oeuvre, ces initiatives devraient accélérer la croissance à moyen terme, renforçant ainsi la capacité des pouvoirs publics à pallier les difficultés socioéconomiques et à améliorer les résultats en matière de développement humain.

L’initiative « E conomic Diversification Drive » soutient la production locale de biens et de services. Huit zones économiques spéciales ont été identifiées. Le « Revitalization Program » comprend des mesures d’incitation destinées aux entreprises pour qu’elles investissent dans les industries prioritaires. Quant à la « Cluster Development Initiative », elle vise à renforcer la productivité commerciale, les chaînes de valeur et la compétitivité dans cinq secteurs.

Malgré ces perspectives positives, l’économie du Botswana est confrontée à la baisse de la demande mondiale de diamants. La faiblesse persistante des perspectives de croissance de l’Afrique du Sud et la baisse des recettes de la SACU présentent d’autres risques, qui illustrent bien la grande dépendance du pays à l’égard des exportations de diamants. Malgré les progrès économiques rapides et leurs bienfaits pour le pays, le fondement économique reste limité. La pauvreté reste élevée au sein des zones rurales, des communautés reculées, des ménages entretenus par des femmes, et parmi les populations les moins éduquées. Les inégalités demeurent élevées malgré de récentes améliorations. Le chômage est également élevé, surtout chez les jeunes, et s’élève à 18 %. Pour résoudre ces problèmes, le pays gagnerait à diversifier son modèle de développement actuel, axé sur l’exploitation des diamants et les investissements du secteur public.

Le Botswana doit passer à un modèle de développement axé sur le secteur privé et entreprendre des réformes pour exploiter ses avantages comparatifs mondiaux et régionaux. La petite taille de l’économie nationale signifie que les avantages attendus d’une telle transition ne porteront leurs fruits que si le pays s’appuie beaucoup plus sur les exportations. Il faut pour cela encourager les entreprises privées qui peuvent s’intégrer de manière compétitive dans les chaînes de valeur mondiales en s’attaquant aux contraintes qui entravent la participation du secteur privé au commerce et à l’investissement.

Macroeconomic performance and outlook

Source: African Economic Outlook (AEO) 2020