Perspectives économiques au Botswana

Performance économique et perspectives

Le Botswana se remet toujours de la récession de 2015, où la faible demande de diamants d’exportation, de graves sècheresses et des pénuries persistantes d’eau et d’électricité ont contracté l’économie de 1,7 %. La croissance devrait passer de 4,3 % du PIB en 2016 à 4,5 % en 2017, principalement portée par une expansion des activités non minières, notamment dans l’eau et l’électricité, l’hôtellerie et la restauration, le transport et les communications, et la construction. Leur bonne tenue s’explique par des améliorations dans le commerce des diamants et la poursuite de politiques anticycliques. Malgré le rebond des prix du diamant, la production a encore reculé, bien que moins qu’en 2016. L’extraction et la transformation du diamant d’exportation demeurent le principal moteur de croissance.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

L’inflation a atteint 2,8 % en 2016 (moins que les 3 à 6 % visés à moyen terme) grâce à une faible demande intérieure et à un modeste accroissement des prix extérieurs. La politique monétaire continue d’en profiter. Pour soutenir la croissance, les autorités ont baissé le taux directeur à 5 % en 2017. Après trois années excédentaires, le solde budgétaire affiche un déficit en 2016, un léger excédent en 2017, puis à nouveau un faible déficit en 2018, reflétant la baisse des recettes minières et de l’Union douanière de l’Afrique australe, ainsi que l’accroissement des dépenses associées au programme de stimulation de l’économie. Un retour aux excédents budgétaires est projeté pour 2020. La dette publique a chuté à 22,3 % du PIB en 2017, nettement moins que les 40 % statutaires. L’excédent du compte courant est estimé à 12 % du PIB en 2017, et les réserves de change couvraient 17 mois d’importations à la fin de 2016.

Facteurs positifs

À moyen terme, l’économie devrait reprendre durablement, avec une croissance projetée à près de 5 % du PIB en 2018. La bonne performance des secteurs non miniers et la poursuite du redressement de l’industrie extractive devraient la soutenir. Même si les exportations minières reprenaient progressivement, la croissance non minière resterait essentiellement menée par les secteurs axés sur les services, notamment le commerce, l’hôtellerie et la restauration, et le transport et les communications, avec l’appui de politiques fiscales et monétaires favorables. Associée au programme de stimulation de l’économie et à la réhabilitation des infrastructures de l’eau et de l’électricité, l’expansion de la construction devrait également dynamiser la croissance. Le secteur manufacturier pourrait se redresser modérément grâce aux améliorations dans la production d’électricité et l’approvisionnement en eau. La performance de ces secteurs devrait largement compenser celle, plutôt molle, de l’agriculture. Malgré de bonnes conditions climatiques, la production agricole restera discrète, dans la mesure où les méthodes agricoles traditionnelles, l’érosion et la maladie continuent à la freiner.

Facteurs négatifs

Les risques de détérioration des perspectives restent élevés à moyen terme. La dépendance au diamant des exportations et de la croissance rend le Botswana extrêmement vulnérable aux chocs extérieurs. Les principaux risques sont la lente reprise de l’économie mondiale et l’incertitude entourant le commerce et l’ouverture des marchés mondiaux, qui peuvent réduire les recettes d’exportation. Les conditions économiques décevantes en Afrique du Sud peuvent affecter négativement les recettes de la SACU, et des conditions climatiques défavorables peuvent affaiblir la croissance agricole et entraîner des difficultés d’approvisionnement en eau. Des retards dans les projets de construction des secteurs de l’eau et de l’électricité ainsi que la lenteur des réformes structurelles constituent d’autres risques. Ils soulignent la nécessité de résoudre les crises de l’eau et de l’énergie et d’accélérer les réformes structurelles – notamment celles visant le déficit de compétences pour faciliter la diversification économique et l’accroissement de la productivité. Ces initiatives favoriseraient la transformation économique et amélioreraient la résilience des perspectives de croissance à moyen terme.

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