Perspectives économiques au Lesotho

Performances macroéconomiques

L’économie a montré des signes de reprise entre 2017 et 2018, la croissance du PIB réel étant estimée à 0,9 % après une contraction de 2,3 % entre 2016 et 2017. La croissance a été freinée par la lente reprise de l’économie sud-africaine et par une baisse de 27 % des recettes de l’Union douanière de l’Afrique australe (SACU) entre 2016 et 2017, encore stagnantes.

Le déficit budgétaire a atteint 3,7 % entre 2017 et 2018, contre 4,0 % entre 2016 et 2017, grâce à l’assainissement des finances publiques. Les déficits budgétaires récurrents sont principalement dus à la baisse des recettes de la SACU (qui représentent 50 % des recettes totales du Lesotho) et à une masse salariale énorme (environ 24 % du PIB – trois fois la moyenne de l’Afrique subsaharienne) qui élimine les dépenses en capital et en biens et services. Pour diversifier ses sources de revenus, le gouvernement a mis en place un régime fiscal et des procédures simplifiés pour les petits contribuables. Avec une dette extérieure estimée à 39,3 % du PIB en 2018, le Lesotho présente un risque modéré de surendettement.

Le Lesotho maintient la parité entre sa monnaie, le loti, et le rand sud-africain. Depuis juillet 2018, le taux directeur de la banque centrale est fixé à 6,5 %, contre 7 % au second semestre de 2017. L’inflation est passée d’un pic de 6,8 % entre 2015 et 2016 à environ 4,8 % entre 2017 et 2018, malgré les prix élevés de l’énergie.

Le déficit de la balance courante a atteint environ 2,8 % entre 2017 et 2018, contre 6,5 % entre 2016 et 2017, principalement en raison de l’augmentation des exportations de diamant, en réponse aux prix internationaux favorables. Les réserves internationales du gouvernement couvrent actuellement près de 3,1 mois d’importations.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

Le PIB réel devrait augmenter de 0,9 % entre 2018 et 2019 et de 1,2 % entre 2019 et 2020, principalement en raison de l’augmentation des exportations de diamants et du net rebond de la construction de la Phase II du Lesotho Highland Water Project. La croissance profitera également des opportunités émergentes pour l’industrie du textile et du vêtement créées par le marché sud-africain.

Les réformes structurelles du gouvernement comprennent une subvention à la mécanisation agricole et un programme de réhabilitation des systèmes d’irrigation, de lutte contre la propagation des maladies animales, de construction de serres et de filets de protection et de construction de bassins à laine pour stimuler la production de laine et de mohair. Le Lesotho intègre également le changement climatique dans les politiques et stratégies agricoles. Les initiatives sont conformes aux priorités « Nourrir l’Afrique » et « Améliorer la qualité de vie des populations africaines » qui comptent parmi les cinq priorités de la Banque africaine de développement. En ce qui concerne l’aspect « Industrialiser l’Afrique », l’une des « T op 5 » priorités, le gouvernement construit actuellement un laboratoire de géoscience pour faciliter la diversification de l’industrie des minéraux. Parallèlement, le gouvernement a mis en place une stratégie visant à accroître l’accès aux services financiers dans les zones rurales. Une plate-forme de dialogue public-privé a été lancée pour le tourisme, l’industrie manufacturière et l’agriculture commerciale afin d’accélérer la création d’emplois et la réduction de la pauvreté. Enfin, le gouvernement autonomise les petites et moyennes entreprises en créant des coopératives.

Le climat des affaires et des investissements est confronté à des incertitudes politiques en raison d’un gouvernement de coalition fragile. La lente reprise de l’économie sud-africaine menace les envois de fonds des travailleurs du Lesotho et les recettes de la SACU.

You are currently offline. Some pages or content may fail to load.