Perspectives économiques au Lesotho

Performance économique et perspectives

Le PIB devrait croître de 4,6 % en 2017 contre 2,4 % en 2016. Cette croissance est largement tirée par l’amélioration de la performance du secteur primaire, avec la hausse attendue de la production minière à Lighongbong, et une modeste croissance du secteur tertiaire. La contribution du secteur secondaire est réduite par la baisse dans la construction. La croissance du PIB devrait légèrement ralentir à 4,3 % en 2018, avec le recul des activités extractives, puis à 4 % en 2019. Elle sera principalement tirée par une amélioration de la construction au titre de la Phase II du Projet hydraulique des hauts plateaux du Lesotho (LHWP). La contribution du sous-secteur manufacturier est restée modeste en 2016, en raison de la lente croissance du textile et de l’habillement destinés au marché nord-américain dans le cadre de l’AGOA.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

La politique budgétaire de l’État devrait être moins expansionniste. Le solde budgétaire pourrait afficher un excédent estimé à 0,1 % en 2017 (contre un déficit de 0,5 % en 2016), projeté à 0,3 % en 2018 et à 0,2 % en 2019. Ces excédents s’expliquent par une amélioration des recettes de l’Union douanière de l’Afrique australe et une modeste augmentation des dépenses publiques. Le secteur privé devrait croître plus rapidement en 2017 grâce à une plus forte croissance et à l’effet d’attraction de la politique budgétaire de l’État. Le Lesotho maintient la parité entre le loti et le rand sud-africain, et aligne son taux directeur sur le taux repo de l’Afrique du Sud. La dette publique devrait descendre à 46,3 % en 2017 et 45,5 % en 2018. Cette diminution est largement due au fait que la hausse de la dette intérieure est plus que compensée par la baisse de la dette extérieure (représentant 83 % de la dette publique totale). Cette dernière reste soutenable, avec un risque de surendettement modéré. Avec 5,3 % estimés pour 2017, l’inflation a baissé par rapport à 2016, en même temps que les prix alimentaires baissaient grâce au rétablissement de la production intérieure après la sécheresse causée par El Niño. Le déficit du compte courant devrait passer de 16,7 % du PIB en 2016 à 15,9 % en 2017, puis à 13,8 % en 2018. Grâce à l’excédent budgétaire et à l’amélioration attendue du compte courant, les réserves officielles de devises devraient couvrir 5 mois d’importations d’ici 2019.

Facteurs positifs

Les nouvelles perspectives de diversification vers le marché voisin de l’Afrique du Sud sont prometteuses à moyen terme. Associées aux florissants commerces de gros et de détail, les activités de la deuxième phase du LHWP devraient dynamiser le secteur de la construction. L’exploitation de la pleine capacité de production des mines de Letseng et Kao appuiera la croissance à moyen terme. L’amélioration, depuis 2017, des services de télécommunication d’Internet devrait renforcer l’accès aux services financiers et d’assurance, qui devraient bénéficier de réformes liées à la stratégie de développement du secteur financier, accroissant en particulier l’accès au crédit et l’inclusion financière. L’augmentation des transferts publics et des investissements directs étrangers (IDE) devrait compenser la baisse des IDE consécutive à l’achèvement du site minier de Liqhobong.

Facteurs négatifs

Les risques restent élevés pour les perspectives de croissance intérieure. La demande d’exportation pourrait être affectée par l’incertitude entourant l’accès au marché nord-américain dans le cadre de l’AGOA. Les perspectives de croissance incertaines de l’Afrique du Sud pourraient restreindre celles du Lesotho. Les effets à retardement de l’évolution politique pourraient affaiblir la mise en œuvre des politiques économiques et menacer l’investissement privé à moyen terme. L’accroissement de la demande intérieure stimule l’absorption des importations de biens de consommation, avec un effet limité sur l’investissement national, mais négatif sur les réserves brutes de devises.