Les Assemblées annuelles 2019 du Groupe de la Banque africaine de développement se tiendront du 11 au 14 juin 2019 à Malabo, en République de Guinée équatoriale. En savoir plus

Perspectives économiques au Malawi

Performances macroéconomiques

La croissance du PIB réel était estimée à 3,7 % en 2018 ; soit une baisse par rapport aux 5,1 % enregistrés entre 2016 et 2017, et une reprise par rapport aux 2,7 % enregistrés entre 2015 et 2016. Entre 2016 et 2017, elle a été stimulée par une croissance de l’agriculture, estimée à 6,3 %, soit une hausse par rapport à une contraction de 0,1 % entre 2015 et 2016, sous l’effet de l’amélioration du climat.

Le déficit budgétaire s’est creusé pour atteindre 4,8 % du PIB en 2018, selon les estimations, contre 3.7 % entre 2016 et 2017. Entre 2017 et 2018, le ratio de la dette au PIB a légèrement diminué, passant à 58 % du PIB, contre 59 % entre 2016 et 2017, en hausse par rapport aux 30 % entre 2012 et 2013. Le Malawi est maintenant exposé à un risque modéré de surendettement.

Selon les estimations, l’inflation a diminué, passant de 11,5 % entre 2016 et 2017 à 10,4 % entre 2017 et 2018, en raison notamment de l’amélioration de l’offre alimentaire. La Banque de réserve du Malawi a progressivement réduit son taux directeur de 24 % en novembre 2016 à 16 % en décembre 2017 et en 2018. En conséquence, les taux débiteurs sont tombés à 26,9 % en juillet 2018, contre 33,6 % en juillet 2017. Le taux de change nominal est resté stable (autour de 722 kwacha pour 1USD en 2016 et 2017). Les réserves de change ont progressé, passant de 2,9 % du PIB en 2013 à environ 12 % en 2017, parallèlement à une augmentation de la couverture des importations de 2,1 mois en 2013 à 3,6 mois en juillet 2018.

Le déficit de la balance courante atteignait 9,8 % du PIB entre 2016 et 2017, contre 13,0 % entre 2015 et 2016. Cette amélioration est principalement due à une réduction de la facture d’importation après la récolte exceptionnelle de 2017. Toutefois, le déficit de la balance courante a atteint environ 11,3 % du PIB entre 2017 et 2018, mais devrait descendre à 10,9 % entre 2018 et 2019. La pauvreté reste très répandue, particulièrement en zone rurale avec 56,6 %. L’indice numérique de pauvreté au niveau national était estimé à 51,5 % en 2017 contre 50,4 % en 2010. L’extrême pauvreté est élevée, en grande partie à cause de l’insécurité alimentaire. Les niveaux de revenus sont très faibles, avec un RNI par habitant de 360 $ EU en 2016. Les inégalités sont considérables et bien enracinées, avec un coefficient de Gini de 46 en 2010 et de 44 en 2014.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

Le PIB devrait augmenter de 4,6 % entre 2018 et 2020 et de 5,6 % entre 2019 et 2020. Les améliorations dans le secteur de l’agriculture, la stabilité des fondamentaux macroéconomiques, la reprise des prix mondiaux des produits de base et la poursuite des entrées d’investissements étrangers directs devraient stimuler la croissance.

La forte dépendance de l’agriculture pluviale explique les chocs liés aux conditions météorologiques qui constituent un risque majeur pour les produits d’exportation (thé, tabac et autres produits), comme en 2017. La longue saison sèche du premier semestre de 2018 et de l’automne 2018 a conduit à la production de maïs, ce qui a considérablement freiné le PIB en 2018.

Certaines initiatives du gouvernement visent une croissance plus résiliente. Pour renforcer la base industrielle, limitée par un manque d’énergie et d’eau, une étude de faisabilité a été achevée en 2017 pour le projet de centrale hydroélectrique de Kholombidzo. Il permettra d’accroître la capacité de production d’électricité du pays. Reconnaissant que la performance agricole continue à subir des chocs climatiques, le gouvernement a lancé la Politique agricole nationale 2016 pour accroître la production, et la Politique nationale d’irrigation 2016 pour soutenir l’irrigation, la diversification agricole et l’ajout de valeur. En 2016, le Parlement a promulgué de nouvelles lois sur les terres, notamment la Loi foncière, la Loi sur l’aménagement du territoire, la Loi sur les terres coutumières et la Loi sur l’acquisition des terres (modification), visant l’accélération de l’enregistrement des terres pour améliorer la production alimentaire et le développement des infrastructures.

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