Perspectives économiques au Malawi

  • La croissance économique est restée atone en 2016, à 2.7 %, principalement en raison de la sécheresse engendrée par El Niño. Elle devrait toutefois ressortir à 4.0 % en 2017, puis à 5.0 % en 2018. 
  • Le Malawi a été l’un des pays d’Afrique australe les plus gravement touchés par la sécheresse, 36 % de sa population ayant nécessité une aide alimentaire. Le pays doit  impérativement devenir plus résilient aux chocs climatiques pour assurer sa sécurité alimentaire et parvenir à un développement durable. 
  • Pour créer des conditions propices à l’industrialisation, le pays devra s’appuyer sur une politique nationale cohérente de promotion et de développement de l’entrepreneuriat, qui suppose des initiatives multiformes pour améliorer l’environnement des affaires, développer les compétences et renforcer la prestation de services d’appui au développement des  petites, moyennes et micro-entreprises (MPME). 

En 2016, l’économie du Malawi a de nouveau rencontré des difficultés liées aux conditions climatiques défavorables. La production du maïs, principal aliment de base du pays, a baissé de 14.0 % en raison de la sécheresse. Pour combler cette insuffisance, les autorités ont importé cette céréale à un coût élevé.

La sécheresse a également nui à l’approvisionnement en électricité, bridant l’activité économique de secteurs tels que l’industrie manufacturière, pour laquelle le taux d’utilisation des capacités a été faible. Les difficultés économiques ont été exacerbées par faibles recettes issues de la production de tabac, la dépréciation rapide du kwacha, le haut niveau d’inflation et des taux d’intérêt élevés, qui ont ébranlé la confiance des consommateurs et des entreprises.

En 2016, l’inflation annuelle moyenne non corrigée s’élevait à 22.6 %, un chiffre légèrement inférieur à 2015 (21.0 %), qui s’explique principalement par l’inflation galopante des denrées alimentaires. Le pays a poursuivi sa politique de resserrement monétaire en vue de contenir l’inflation. Cette dernière devrait chuter à 16 % à la fin de l’année 2017, puis à 9.7 % en 2018, moyennant le retour à la normale de l’offre des produits alimentaires, l’amélioration de la discipline budgétaire et la stabilisation du kwacha zambien (ZMW). Néanmoins, les risques de hausse de l’inflation restent élevés compte tenu de l’augmentation escomptée des cours internationaux du pétrole et de la persistance de pressions sur l’emprunt national. La Banque de réserve du Malawi (RMB) devrait donc rester prudente et ne diminuer son taux directeur qu’une fois les prévisions inflationnistes revues à la baisse.

Au cours de l’exercice 2015/16, la gestion de la politique budgétaire a été malmenée par des recettes insuffisantes, l’absence de soutien budgétaire des donneurs, les pressions sur les dépenses dues au coût du service de la dette intérieure et le coût élevé des subventions sur les engrais. Malgré un durcissement de la politique budgétaire, l’emprunt intérieur net a dépassé le budget de 1.0 % du produit intérieur brut (PIB) en raison des fonds supplémentaires débloqués pour résoudre la crise alimentaire. Dans le cadre du budget 2016/17, le Malawi a poursuivi son effort de consolidation budgétaire en réformant son programme de subvention des intrants agricoles (Farm Input Subsidy Programme, FISP) et en limitant la hausse des traitements dans le secteur public.

La croissance du PIB réel devrait ressortir à 4.0 % en 2017 pour atteindre 5.0 % en 2018, tirée par l’agriculture et les services. Cependant, les perspectives économiques demeurent entachées de risques importants, en raison notamment de l’inflation, des faibles prix du tabac et de l’incertitude concernant les dons extérieurs.

Le développement de l’entrepreneuriat doit être davantage soutenu au Malawi, compte tenu des talents et du potentiel existants. La croissance des MPME pourrait être renforcée par de meilleurs services de soutien aux entreprises, un accès amélioré au financement et la création de liens plus forts avec les marchés. Pour stimuler l’industrialisation, l’adoption d’une approche cohérente et coordonnée du développement entrepreneurial s’impose.