Perspectives économiques au Malawi

Performance économique et perspectives

Les inondations de 2014/2015 et la sécheresse de 2015/2016 ont négativement touché l’agriculture, le secteur dominant de l’économie. Des précipitations irrégulières ont affecté la production hydroélectrique du pays, entraînant des coupures d’électricité et des pénuries d’eau. Les ruptures d’électricité ont gravement impacté les petites et moyennes entreprises dépendant de l’électricité du réseau. Les grandes entreprises ont généralement des systèmes électriques de secours, mais leur utilisation accroît les coûts d’exploitation. En 2016/2017, des précipitations adéquates ont amélioré la production agricole, notamment de maïs, arachide et haricot. Le taux de croissance du PIB devrait doubler de 2,3 % en 2016 à 4,5 % en 2017. Les perspectives à moyen terme (5 % à 5,5 % en 2018–2019) sont plus positives étant donné que l’économie se stabilise, mais le pays reste vulnérable aux chocs extérieurs et aux dérapages budgétaires.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

La stabilité macroéconomique semble s’être améliorée au cours des 12 derniers mois. L’inflation a significativement chuté en un an de 21,8 % en 2016 jusqu’à 12,3 % en 2017. La baisse de l’inflation des prix alimentaires a été le principal facteur de réduction de l’inflation globale. Depuis le début 2016, le kwacha malawite s’est encore stabilisé par rapport au dollar EU, réduisant la volatilité des taux de change, tout en stabilisant les prix non alimentaires et en contribuant à réduire l’inflation. La Banque centrale a commencé à assouplir sa politique monétaire en réduisant son taux directeur de 600 points de base à 18 % en juillet 2017. Bien que les recettes publiques ont peu changé au cours des deux derniers exercices, les dépenses ont augmenté en 2014–2016, avec l’augmentation des achats de maïs et le remboursement d’arriérés par l’État. Avec une réduction des importations de maïs, une certaine rigueur budgétaire est apparue en 2016/2017. Le déficit budgétaire devrait continuer à décliner à moyen terme. Avec un risque modéré de surendettement, la dette publique atteint 54 % du PIB et devrait lentement diminuer à moyen terme.

Facteurs positifs

L’amélioration des précipitations en 2016/2017 a été un facteur clé de la situation macroéconomique globale du Malawi. Premièrement, la production nationale de maïs a augmenté de 36 %, éliminant ainsi la pression budgétaire due à l’importation de maïs. Des réformes fiscales et une amélioration des systèmes de redevabilité et de transparence sont en cours et commencent à faire revenir les partenaires au développement, qui avaient retiré leur soutien budgétaire après le scandale du Cash Gate. En 2017, l’État a reçu un appui budgétaire de 80 millions de dollars pour renforcer les réformes politiques et institutionnelles dans le secteur agricole et améliorer les systèmes de gestion des finances publiques.

Facteurs négatifs

Les performances économiques restent largement dépendantes des conditions météorologiques, que le changement climatique devrait rendre plus variables. Les perspectives économiques du pays sont fortement influencées par les performances agricoles, les programmes de gestion économique de l’État, les prix mondiaux des produits de base et l’appui des donateurs. Même si l’approvisionnement en électricité s’améliore pendant la saison des pluies, le débit de la rivière Shire, source de 95 % de la production d’électricité, est insuffisant pour assurer une production à plein rendement. Dans le lac Malawi, qui alimente la Shire, les niveaux ont été inférieurs d’environ un mètre aux moyennes historiques, si bien que la production devrait rester inférieure à la pleine capacité. Les élections de 2019 devraient accroître la pression sur les dépenses budgétaires, étant donné que le Gouvernement actuel intensifie ses efforts pour être réélu. La stabilité du secteur financier est une priorité. Des efforts sont en cours pour renforcer la capitalisation des banques, mais le secteur reste exposé à un risque élevé de concentration en raison du nombre limité de grands emprunteurs solvables.