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Perspectives économiques à l'île Maurice

Performances macroéconomiques

L’économie poursuit sa croissance, avec un PIB réel estimé à 4,1 % en 2018, par rapport à celui de 3,8 % enregistré en 2017. La croissance était principalement entraînée par les secteurs de la construction et des finances, et les technologies de l’information et de la communication.

Le déficit budgétaire s’est creusé légèrement, passant de 3,4 % du PIB en 2017 à un taux estimé à 3,5 % en 2018, mais il devrait chuter à 3,4 % en 2019 en raison de l’assainissement des finances publiques et de l’octroi en cours d’une subvention par l’Inde. La soutenabilité de la dette publique est considérée comme positive au sens large, même si l’assainissement des finances publiques sera nécessaire pour que le pays atteigne son objectif récemment ajusté de ramener sa dette publique réglementaire à 60 % du PIB à l’horizon décembre 2021.

La politique monétaire était favorable eu égard au milieu à faible taux d’inflation et à la nécessité de soutenir l’activité nationale. L’inflation s’est accrue, passant de 3,7 % en 2017 à un taux estimé à 5,1 % en 2018, augmentation due en grande partie aux pénuries de production alimentaire provoquées par des pertes liées à une forte pluviosité. Le déficit des transactions courantes s’est creusé davantage, passant de 6,6 % du PIB en 2017, à un taux estimé à 8,8 % en 2018. Les réserves internationales brutes se situaient à 11 mois d’importations. Les principaux produits exportés sont les vêtements, la canne à sucre, le poisson traité et les fleurs coupées. L’exportation des services continue à s’intensifier, emmenée par les secteurs du tourisme et des finances.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

Les perspectives économiques sont positives grâce aux conditions extérieures favorables et à l’augmentation de l’investissement public. Le taux de croissance du PIB réel devrait atteindre 4,0 % en 2019 et 3,9 % en 2020. La croissance pourra même s’accélérer si le programme de développement des infrastructures publiques gagne en allure et stimule l’investissement privé. Le déficit de la balance courante devrait rester élevé, à 8,2 % du PIB en 2019, étant donné l’augmentation des cours des produits de base et des importations importantes pour le programme de développement des infrastructures. Le financement extérieur de l’économie devrait bénéficier du renforcement permanent des exportations de services — surtout le tourisme. Les principaux catalyseurs sectoriels de la croissance devraient continuer à réaliser une bonne performance ; en effet, les services financiers, la transformation des produits alimentaires, la vente au détail et en gros, les technologies de l’information et de la communication devraient enregistrer une croissance de plus de 5 %. En outre, l’économie se diversifie par la mise à contribution des secteurs à forte valeur ajoutée tels que le tourisme médical et l’enseignement supérieur.

Des obstacles potentiels dus à l’augmentation des prix de l’énergie et des produits alimentaires à l’échelle mondiale devraient exercer une pression inflationniste et mettre à mal la position extérieure de l’économie de l’île. Un ralentissement de l’économie des principaux partenaires commerciaux européens (provoqué par des frictions commerciales internationales ou le Brexit) peut mettre à mal le tourisme ainsi que l’exportation de produits. D’autres potentiels obstacles à la croissance incluent les compétences locales limitées et les risques naturels liés au changement climatique.

Le pays se transforme rapidement en une plaque tournante du commerce, de la réexportation, de la logistique et de la distribution ; il se positionne comme un tremplin pour les entreprises nationales et internationales en quête d’opportunités sur le continent. Maurice se transforme aussi en une plate-forme ou une passerelle financière vers l’Afrique. En 2016, les banques et les compagnies d’assurance basées à Maurice ont injecté plus de 50 millions USD dans l’économie kenyane à travers des acquisitions et des investissements. En outre, l’expertise mauricienne réhabilite et gère aussi l’industrie sucrière de Côte d’Ivoire, de Madagascar, du Mozambique, de la Tanzanie et de l’Ouganda.