Perspectives économiques à l'île Maurice

Performance économique et perspectives

L’économie continue à se développer régulièrement, avec une croissance du PIB estimée à 4 % en 2017 contre 3,9 % en 2016. Les services y ont le plus contribué, notamment les secteurs des services financiers, du tourisme et des technologies de l’information et de la communication, avec respectivement 5,8 %, 5,5 % et 5,3 % en 2016. La croissance a été soutenue par l’augmentation de la consommation des ménages. L’investissement est toutefois resté relativement faible, tombant à 17 % du PIB en 2016, nettement moins que son récent sommet de 25 % en 2012. Les perspectives économiques sont positives à court terme. Les taux de croissance du PIB devraient augmenter à 4,2 % en 2018 et 4,3 % en 2019, en raison d’investissements plus importants, d’un développement du tourisme, et de l’augmentation de la demande extérieure attendue du renforcement de la croissance régionale et mondiale.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Le déficit budgétaire devrait légèrement diminuer à 3,4 % du PIB en 2017 contre 3,7 % en 2016, et descendre encore en 2018, avec la mise en œuvre de mesures d’assainissement budgétaire et l’amélioration de la collecte de l’impôt. La Banque centrale a continué d’assouplir sa politique monétaire : son taux repo est passé de 4 % en juillet 2016 à 3,75 % en septembre 2017. Sa politique monétaire conciliante a été largement jugée appropriée compte tenu de l’inflation constamment faible, d’à peine 1 % en 2016. Elle devrait toutefois augmenter en 2017 à cause de la hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires. Le déficit du compte courant devrait passer de 4,4 % du PIB en 2016 à 5,8 % en 2017. Il devrait se creuser à court terme, compte tenu de l’augmentation prévue de l’investissement privé et de la forte composante d’importation du programme de l’État pour les infrastructures publiques.

Facteurs positifs

Les perspectives de croissance sont positives à moyen et long termes ; les principaux moteurs sectoriels de la croissance devraient continuer à bien fonctionner. Les services financiers, les technologie de l’information et de la communication, la vente au détail et en gros et la transformation alimentaire pourraient tous progresser de plus de 5 %. L’économie devrait poursuivre sa diversification dans d’autres secteurs à forte valeur ajoutée, tels que le tourisme médical et les services d’enseignement supérieur. L’environnement propice aux affaires et les réglementations favorables aux affaires récemment adoptées devraient contribuer à accroître l’afflux de l’investissement direct étranger. Une amélioration prévue de la demande économique mondiale pourrait dynamiser les exportations de biens et services, ainsi que les arrivées de visiteurs et des recettes touristiques. Les efforts de l’État pour repositionner Maurice en tant que porte d’entrée des investissements entre l’Asie et l’Afrique et pour poursuivre la diversification des marchés d’exportation mauriciens devraient stimuler l’économie du pays et consolider la position de celui-ci en tant que plaque tournante régionale de services pour l’Afrique.

Facteurs négatifs

Les augmentations des cours de l’énergie et des produits alimentaires devraient avoir un impact négatif sur le solde du compte courant de Maurice et accentuer les pressions inflationnistes jusqu’à un taux d’inflation de 5 % en 2018. L’accroissement prévu des dépenses ordinaires et une étroite base d’imposition risquent de limiter la marge de manœuvre budgétaire nécessaire aux investissements dans les infrastructures et le capital humain. D’autres facteurs peuvent nuire au potentiel de croissance de Maurice, notamment la bureaucratie de l’État, une capacité d’innovation insuffisante, et des contraintes de compétences, qui entravent le développement économique et contribuent au chômage, obstinément élevé  à 7,5 %. De plus, des contraintes institutionnelles pourraient saper les efforts pour accélérer les investissements publics et améliorer la prestation des services publics.