Perspectives économiques au Mozambique

  • La croissance du PIB est tombée à 4.3 % en 2016 en conséquence de la rigueur budgétaire, du ralentissement des investissements directs étrangers et de l’affaire des dettes « cachées ». Elle devrait remonter à 5.5 % grâce aux exportations du secteur extractif. 
  • Bien que l’incidence de la pauvreté ait diminué, le nombre de personnes pauvres reste plus ou moins stable, et l’on observe un creusement des inégalités. 
  • Le secteur manufacturier, très faible, n’emploie que 3.2 % de la population. Il se compose de micro et petits entrepreneurs (90 %). 

La croissance du produit intérieur brut (PIB) du Mozambique, estimée à 4.3 % en 2016, reflète les vulnérabilités du pays. La chute des recettes tirées des exportations traditionnelles s’explique par une demande internationale faible, par la sécheresse due au phénomène El Niño, qui a nui à la production agricole, ainsi que par des problèmes logistiques imputables à un conflit militaire interne. Le manque de devises étrangères, consécutif à l’interruption des grands projets d’exploitation gazière et à la suspension de l’aide budgétaire extérieure, oblige le pays à ne compter que sur sa propre capacité de financement, qui est limitée. Le resserrement monétaire a entraîné une contraction de la demande intérieure, tandis que les importations ont été réduites du fait de la dépréciation persistante du metical (MZN). Une reprise des exportations de charbon et d’électricité, couplée au démarrage annoncé d’un projet d’extraction de gaz naturel en mer, devrait permettre à la croissance d’atteindre 5.5 % en 2017 et 6.8 % en 2018.

Depuis la révélation, en 2016, de 1.4 milliard USD supplémentaires de dettes cachées, le Mozambique est le pays le plus endetté d’Afrique. Le Fonds monétaire international (FMI) le considère comme surendetté et les agences de notation l’ont placé en « défaut partiel » (restricted default, RD). Si, à l’avenir, le pays espère générer d’importantes recettes grâce à des projets de gaz naturel liquéfié (GNL), il fait face, à court terme, à une crise de liquidités qui l’empêche d’équilibrer son compte extérieur et de financer son déficit budgétaire. Une politique crédible d’assainissement des finances publiques est essentielle pour garantir la soutenabilité de la dette, et elle doit être s’accompagner d’une restructuration de la dette commerciale. Les décisions politiques nécessaires pour remédier, en particulier, aux problèmes de gouvernance et de responsabilité et résoudre le conflit militaro-politique susciteront des résistances dans le pays. À moyen terme, la résilience économique et le développement inclusif passent par la diversification de la base de production. De récentes données indiquent une lente réduction de la pauvreté, mais aussi des inégalités croissantes entre les régions, ainsi qu’entre les populations rurales et urbaines.

D’importants flux d’investissement direct étranger (IDE) depuis 2000 ont fait de la production d’aluminium, de charbon et de gaz l’atout majeur de l’économie du Mozambique. Le gaz naturel constitue une branche appelée à devenir le principal pôle industriel du pays. Toutefois, ces secteurs sont principalement tournés vers l’exportation, et ne génèrent que peu de valeur ajoutée. Le reste de l’industrie manufacturière stagne dans l’ensemble, à l’exception des aliments et des boissons, ainsi que du tabac et du ciment. Depuis l’indépendance, en 1975, des secteurs traditionnels tels que la céramique, le thé et la noix de cajou, le travail des métaux et le textile ont presque ou entièrement disparu. En 2016, l’État a adopté une nouvelle stratégie qui entend faire de l’industrie le premier moteur de la prospérité.