Perspectives économiques au Mozambique

Performance économique et perspectives

Le Mozambique doit encore se remettre de la récession économique entamée en 2015. La baisse des prix des produits d’exportation traditionnels, la sécheresse persistante due à El Niño, les affrontements militaires intérieurs, et une chute significative de l’investissement direct étranger (IDE) ont contribué à réduire de presque la moitié la croissance moyenne historique de 7 % à 3,8 % en 2016. Cette baisse a été aggravée par la crise de gouvernance de 2016, qui a réduit le financement extérieur et l’appui des donateurs. La reprise de la croissance du PIB estimée à 4,7 % pour 2017 et projetée à 5,3 % pour 2018 résultera de l’augmentation des exportations de charbon et de la production agricole ; la performance des autres secteurs risque d’être peu satisfaisante.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Durant la crise financière consécutive à la découverte de dettes secrètes proches de 10 % du PIB, le ratio dette/PIB atteignait 125 % à la fin 2016, le metical avait chuté de 40 % par rapport au dollar EU, et l’inflation était multipliée par dix pour atteindre 19,8 %. Grâce à un fort resserrement de la politique monétaire de la Banque centrale, appuyé par un accroissement des exportations de charbon, la monnaie a récupéré 16 % et s’est stabilisée, tandis que l’inflation descendait à 16 % en septembre 2017. Les réserves internationales ont atteint une couverture de 5 mois d’importations. Après des années d’accroissement des dépenses, qui ont porté la dette à des niveaux insoutenables, l’État s’est retrouvé, en janvier 2017, en défaut de paiement pour ses obligations souveraines. Confronté à des contraintes de financement, il met en œuvre un effort d’assainissement budgétaire. Les dépenses devraient diminuer de 33,9 % du PIB en 2017 à 30,5 % en 2018. En 2018, le déficit prévu après dons, hors remboursement du capital de la dette, atteindrait 6,9 % du PIB, en baisse par rapport aux 7,1 % estimés pour 2017.

Facteurs positifs

Grâce aux améliorations des infrastructures et à la hausse des prix internationaux, les exportations de minéraux seront les principaux contributeurs de la croissance en 2017 et 2018. À la fin juin 2017, l’augmentation de 59,4 % enregistrée en un an dans le secteur minier était tirée par les fortes exportations de charbon, graphite, titane, rubis et minerai de fer. De meilleures conditions météorologiques ont favorisé une croissance de 2,2 % de la production agricole, le pilier de l’activité économique. Du point de vue structurel, les afflux d’IDE devraient être un important moteur de la croissance. L’étape initiale, encore en cours, de développement du premier projet d’extraction offshore de gaz naturel devrait être suivie par des projets d’exploration dans d’autres zones et potentiellement porter l’IDE à plus de 40 % du PIB, conformément aux niveaux de 2013. Les préparatifs avant investissement continuent de progresser pour les grands projets terrestres de gaz naturel liquéfié. L’ampleur de ces projets, qui devraient doubler le PIB en dix ans, restera le principal facteur positif du Mozambique.

Facteurs négatifs

Les discussions avec le Fonds monétaire international concernant un nouveau programme d’appui sont au point mort en raison de la crise de gouvernance ; la situation budgétaire est fragile et se détériore. Malgré l’effort d’assainissement budgétaire, en absence d’une reprise du financement international, le pays éprouve des difficultés à continuer de financer son déficit intérieurement ; il fait déjà systématiquement appel au financement de la Banque centrale. Le budget de 2018 est muet sur la restructuration des 2,2 milliards de dollars EU de la dette commerciale souveraine en souffrance, dont le service atteint plus de 30 % des recettes publiques. Les arriérés publics dus au secteur privé sont estimés à plus de 4 % du PIB. Le secteur privé est également étranglé par des taux de crédit élevés (en moyenne 35 % pour un prêt commercial d’un an) et une consommation privée amorphe. Il en résulte un repli de l’économie réelle, à l’exception du secteur primaire et de certains services. Malgré les conséquences positives du cessez-le-feu permanent entre des éléments de l’opposition et l’État, les récentes attaques de groupes terroristes nouvellement arrivés dans la province du nord riche en gaz jettent une ombre sur l’environnement de l’investissement.