Perspectives économiques en Namibie

  • La croissance s’est fortement émoussée en 2016, s’établissant à 1.3 %, mais devrait rebondir en 2017, grâce à la reprise du secteur agricole et à l’accélération de la production des nouvelles mines.
  • Les mesures d’assainissement budgétaire en cours, qui ont pour but de réduire la dette publique et d’améliorer la balance des opérations courantes, vont devoir protéger les investissements publics vecteurs de croissance. 
  • La stratégie « Growth at Home » en faveur de l’industrialisation et la politique de promotion des petites, moyennes et micro-entreprises établissent des bases solides pour la diversification et la création d’emploi, mais le rythme des réformes de l’environnement des affaires doit s’accélérer pour soutenir l’entrepreneuriat.

Après avoir enregistré des taux de croissance annuels supérieurs à 5.0 % depuis 2010, la croissance de la Namibie s’est fortement émoussée en 2016. La croissance du produit intérieur brut (PIB) a ralenti, passant de 5.3 % en 2015 à une estimation de 1.3 % en 2016, ce qui s’explique par la fin des grands projets de construction minière et l’intensification de l’assainissement budgétaire. En 2017, la croissance du PIB devrait rebondir à 2.5 %, grâce à la reprise du secteur agricole et au renforcement de la production et des exportations des nouvelles mines. Les perspectives à moyen terme sont positives, même s’il existe des risques de ralentissement importants compte tenu de la faiblesse des recettes de l’Union douanière de l’Afrique australe (SACU), de l’assainissement budgétaire, de la fragilité des cours mondiaux des matières premières, et de l’augmentation des prix des logements et des prêts contractés par les ménages.

En 2015, la poursuite d’un expansionnisme budgétaire dans le contexte d’une baisse des recettes de la SACU a creusé le déficit budgétaire à 8.7 % du PIB et celui des comptes courants à 13.7 % du PIB. Ces déficits ont été financés par l’émission de l’euro-obligation, qui a contribué à ancrer les réserves de change, mais a fait grimper la dette publique à son plus haut niveau. Cela a conduit les principales agences de notation à revoir la notation souveraine de la Namibie, passée de stable à négative (notation BBB attribuée par Fitch ;
2 septembre 2016 ; www.fitchratings.com/site/pr/1011212), en septembre 2016. Les autorités ont alors dû changer leur politique budgétaire et accéléré la consolidation budgétaire, en proposant une baisse des dépenses jusqu’à 2.8 % du PIB lors de l’examen à mi-parcours du budget 2016/17.

L’inflation est remontée à 6.7 % en 2016 contre 3.4 % en 2015, en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires et des prix administrés. Face à cela, la politique monétaire a été durcie afin d’endiguer la forte progression du crédit, également liée à une augmentation des importations de luxe, au prix croissant des logements et à l’endettement des ménages. La Banque de Namibie (BoN) a relevé le taux des prises en pension à 7 % en avril 2016 pour s’aligner sur le taux directeur de la Banque centrale sud-africaine (South African Reserve Bank – SARB) dans le contexte de la zone monétaire commune. Le double déficit du pays devrait se réduire grâce à l’assainissement des finances et à la croissance des recettes d’exportation.

La politique d’industrialisation de la Namibie adoptée en 2012 et sa stratégie de mise en oeuvre « Growth at Home » lancée en 2015 jette des bases solides pour la diversification économique et la création d’emploi. Dans sa politique de promotion des petites, moyennes et micro-entreprises (MPME) adoptée en 2016, l’État reconnaît qu’une culture de l’entrepreneuriat dynamique et un climat d’investissement commercial favorable sont des facteurs clés pour la compétitivité et une industrialisation réussie. Même si une certaine transformation structurelle s’est opérée et que la pauvreté a reculé de manière significative, la plupart des Namibiens occupent toujours des postes mal rémunérés, essentiellement dans l’agriculture primaire. En outre, le taux de chômage (28.1 %) et l’inégalité salariale (indice de Gini de 0.572) restent élevés. Pour profiter d’un entrepreneuriat qui encourage les activités économiques à valeur ajoutée et crée des emplois de qualité tout en réduisant la pauvreté et l’inégalité, la Namibie doit accélérer la mise en oeuvre de son programme de réformes structurelles énoncé dans le Plan de prospérité Harambee (Harambee Prosperity Plan) et le Plan de développement national (National Development Plan – NDP), conformément aux aspirations de Vision 2030.