Perspectives économiques en Namibie

Performance économique et perspectives

En 2017, la croissance estimée du PIB réel s’est redressée à 0,8 % contre 2 % en 2016, sous l’effet principal de l’agriculture et la foresterie – qui ont bénéficié d’une saison des pluies favorable – ainsi que de l’extraction de diamants, l’électricité et l’eau. Le commerce de gros et de détail, l’éducation et les services ont enregistré de médiocres performances, reflétant la molle demande des partenaires commerciaux extérieurs, en particulier l’Angola. En 2018, des signes d’une plus forte reprise de l’agriculture et l’exploitation minière devraient faciliter la croissance du PIB à 2,6 %. Un élan est attendu dans l’extraction d’uranium, où de nouvelles mines atteignent leur pleine capacité de production. La petite économie ouverte axée sur les produits de base restera sensible aux chocs exogènes, conditionnant ainsi la stabilité macroéconomique.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Des politiques budgétaires expansionnistes ont stimulé la croissance économique et accru le déficit budgétaire et la dette publique du pays. Fin 2016, celle-ci atteignait 41 % du PIB, dépassant ainsi la limite budgétaire de 35 % du PIB fixée par l’État. Depuis, des efforts d’assainissement budgétaire ont limité la hausse de la dette à 0,1 %. La dette publique et garantie par l’État s’élève à 46,9 % du PIB en 2017. Un considérable effort d’assainissement a réduit le déficit budgétaire à 3,6 % en 2017 contre 6,3 % en 2016. L’activité économique morose et des dépenses publiques réduites ont aidé l’inflation à reculer de 0,2 points de pourcentage à 6,5 % en 2017, grâce à une baisse de l’inflation des prix alimentaires. La croissance du crédit au secteur privé a ralenti à 7,3 % à la fin du premier semestre 2017 contre 11,7 % un an plus tôt. Malgré la parité fixe du dollar namibien avec le rand sud-africain, la Banque de Namibie a réduit son taux directeur de 25 points de base à 6,75 % pour stimuler la croissance économique.

Facteurs positifs

Fortement dépendante des partenaires commerciaux, l’économie devrait bénéficier de la croissance prévue dans les pays émergents et avancés. Une demande mondiale accrue de matières premières et des améliorations des infrastructures minières, en particulier du diamant et de l’uranium, alimenteront le développement du secteur minier. La production d’uranium devrait augmenter de 47,7 % en 2018 avec la mise en service d’une nouvelle mine. De plus, grâce aux précipitations qui ont suivi la sécheresse causée par El Niño, l’agriculture et la sylviculture rejoindront les secteurs les plus performants, faisant du secteur primaire le moteur à court terme de la croissance du pays. Les investissements dans l’infrastructure, notamment d’énergie solaire, ont stimulé la production électrique nationale et fait baisser de 22 % les importations énergétiques en 2017. Le secteur des services devrait profiter d’une amélioration de l’économie angolaise due à de meilleurs termes de l’échange et à la remontée des cours du pétrole.

Facteurs négatifs

Affectant à la fois la croissance et les recettes fiscales, la lente reprise de la demande mondiale de produits de base constitue le principal risque pour l’économie namibienne, en raison de sa dépendance excessive au secteur extractif. En 2017, la production minière a été inférieure aux prévisions, principalement en raison d’une baisse des cours de l’uranium. La lente reprise en Angola, client des services et important partenaire commercial de la Namibie, constitue un risque particulier. La médiocre performance de l’économie sud-africaine constitue un autre risque. La lente reprise de la demande privée et publique continuera d’affaiblir les secteurs secondaire et tertiaire. En outre, l’assainissement budgétaire pourrait rencontrer des difficultés supplémentaires si la réduction des recettes de l’Union douanière d’Afrique australe se poursuit. La tendance à l’assainissement budgétaire à moyen terme va peser sur l’investissement public, ajoutant un impact négatif supplémentaire sur le secteur secondaire, en particulier le bâtiment et les sous-secteurs connexes. L’investissement et la consommation privés restent modérés à court et moyen termes.