Perspectives économiques à São Tomé & Príncipe

  • Selon les estimations, l’économie de Sao Tomé-et-Principe a progressé de 5.0 % en 2016, essentiellement sous l’impulsion des investissements dans l’agriculture et du tourisme, et la croissance devrait se poursuivre en 2017 et 2018 à un rythme de 5.5 % en moyenne. 
  • Le pays a connu des progrès selon l’indice Ibrahim de la gouvernance africaine, passant de la 13e place en 2015 à la 11e place en 2016, ce qui reflète les efforts déployés pour améliorer la bonne gouvernance. 
  • L’économie est tributaire des technologies et intrants venus de l’étranger, et l’écosystème industriel est très limité, mais le gouvernement n’a pas défini de stratégie d’industrialisation.

Le produit intérieur brut (PIB) réel a augmenté de 5.0 % en 2016, contre 4.0 % en 2015, stimulé par les investissements dans l’agriculture et par le tourisme. La croissance devrait atteindre 5.6 % en 2017, puis 5.4 % en 2018, tirée principalement par les investissements étrangers directs dans la construction et le tourisme. La baisse de 0.2 point prévue pour 2018 anticipe une légère diminution de l’aide financière de donneurs. L’indice des prix à la consommation a poursuivi sa tendance à la baisse, malgré une légère hausse de 0.3 % à la fin de 2016.

La mobilisation de ressources suffisantes à l’échelon national pour financer les dépenses de l’État présente un défi majeur que met en évidence l’encours élevé de la dette publique, estimé à 75 % du PIB en 2015. Le gouvernement envisage plusieurs réformes en 2017 dans le but de collecter davantage de recettes. La première d’entre elles consiste à instaurer une taxe de 25 % sur les boissons alcoolisées produites localement. En deuxième lieu, le gouvernement prévoit de réglementer le système de facturation. En troisième lieu, il envisage la création d’un tribunal régional des impôts. Enfin, il entend mettre à jour le Code des impôts afin d’inclure, entre autres mesures, une taxe sur la prestation de services pour les non-résidents.

Dans le même temps, le secteur financier fait face à des contraintes liées à la demande. Il s’agit notamment de la pénurie de capitaux au niveau des entreprises, du manque de projets pouvant être financés par les banques et de l’amenuisement des réserves en devises étrangères. Les politiques budgétaires du gouvernement s’avèrent également douloureuses pour le secteur privé encore embryonnaire du pays. De surcroît, la cherté de l’énergie, de l’entretien et du capital humain renchérit les coûts pour les entreprises. Les nouvelles entités ont souvent du mal à décoller et à prospérer en raison des taux d’intérêt élevés, de la difficulté à obtenir des financements à long terme et de la faiblesse du système judiciaire.

Selon les données du dernier recensement, en 2012, le taux de chômage était de 13.6 %, et touchait toujours les jeunes et les femmes de manière disproportionnée. Le problème du chômage rend d’autant plus souhaitable le lancement de nouvelles initiatives pour stimuler l’esprit d’entreprise.

Afin de favoriser l’entrepreneuriat, l’industrie et les investissements étrangers, le gouvernement devrait adopter une série de réformes, notamment une réduction des impôts et des mesures permettant d’obtenir plus facilement des prêts.