Perspectives économiques à São Tomé & Príncipe

Performance économique et perspectives

Principalement tirée par l’investissement direct étranger dans l’agriculture et la construction, l’économie a connu une croissance supérieure à 4 % en 2010/2015. En 2017, elle devrait atteindre 5,2 %, grâce à l’effet dynamique des services et de la construction. Les perspectives économiques à court terme sont positives ; la croissance du PIB est projetée à 5,5 % en 2018 et 5,8 % en 2019, grâce aux investissements dans l’infrastructure. Les services devraient être le principal contributeur à la production globale en 2017, avec environ 60 % du PIB, suivis de l’industrie (20 %) et de l’agriculture (10 %).

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Le cadre économique est ancré dans un accord triennal (2015/2018) de Facilité élargie de crédit (FEC) signé avec le Fonds monétaire international. Sur le plan budgétaire, l’État a entrepris des réformes – une taxe sur la prestation des services pour les non-résidents et l’introduction d’une taxe sur  la valeur ajoutée d’ici 2019 – pour soutenir l’assainissement budgétaire et réduire la dette. Les dépenses courantes continuent à dominer la dépense publique, malgré une baisse de 2 % en 2017 (principalement les salaires et rémunérations), tandis que les recettes fiscales restent modestes. Le déficit budgétaire devrait croître de 1,7 % du PIB en 2016 à 2,1 % en 2017 et à 2,9 % en 2018 ; pour retomber à 2,6 % en 2019. L’inflation devrait descendre à 5,1 % en 2017 contre 5,5 % en 2016, grâce à la baisse des prix des denrées alimentaires, puis à 5 % en 2018 et 4,6 % en 2019, suite à l’arrimage du dobra à l’euro depuis 2010. Le déficit du compte courant (transferts compris) devrait grimper à 10,2 % du PIB en 2017, contre 5,8 % en 2016.

Facteurs positifs

L’État a entrepris des réformes pour améliorer la gestion des finances publiques, le recouvrement des recettes, l’environnement économique réglementaire des affaires et le système bancaire. Elles concernent le système judiciaire (création d’un centre de données pour l’état civil et les notaires) ; l’agriculture (élaboration d’une stratégie d’irrigation) ; l’éducation (construction de nouvelles salles de classe) ; et le climat des affaires, classé 169e dans le rapport Doing Business 2018 de la Banque mondiale contre 162e en 2017. L’État a également adopté une politique nationale de l’emploi en 2016 et mis en place un mécanisme d’ajustement automatique des prix du carburant pour assurer un recouvrement intégral des coûts et prévenir une accumulation de la dette. Le pays a obtenu des résultats tangibles en matière de gouvernance (60,5 sur 100 pour l’indice Mo-Ibrahim 2015) et d’éradication du paludisme (trois fois lauréat de l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme). La production d’énergie et l’accès à l’électricité devraient s’améliorer au cours des prochaines années, grâce aux investissements promis par la Banque africaine de développement, la Banque européenne d’investissement et la Banque mondiale.

Facteurs négatifs

La dette publique élevée et le recouvrement plus  faible des recettes, conjugués à une étroite base d’exportation, demeurent les principaux obstacles à une croissance inclusive. La médiocrité des infrastructures, notamment de transport, routières, d’eau et d’électricité est une contrainte majeure pour un développement inclusif. Le risque de surendettement est considéré comme « élevé », avec une dette publique (arriérés compris) qui devrait atteindre 97,2 % du PIB en 2017 (malgré l’allégement de la dette dont le pays a bénéficié en 2007, au titre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés). Des risques importants sont également associés aux élections législatives prévues en 2018, en particulier de dépenses extrabudgétaires et d’instabilité politique, ainsi qu’au volume croissant des prêts non productifs du secteur financier. La dépendance vis-à-vis des exportations de matières premières et des importations de denrées alimentaires et de carburants rend le pays extrêmement vulnérable aux chocs extérieurs.