Perspectives économiques en Afrique du Sud

Performance économique et perspectives

Avec la chute des cours des quatre principales exportations du pays (charbon, platine, minerai de fer et or), la croissance économique a ralenti en 2012, sapée par des faiblesses structurelles intérieures et la maigre confiance des investisseurs. De 3,3 % du PIB en 2011, elle est descendue à 0,3 % en 2016. La croissance de la production des secteurs clés, notamment l’industrie manufacturière, est tombée de 3 % en 2011 à 0,7 % en 2016 et la contraction de celle de l’exploitation minière a augmenté de 0,7 % à 4,7 % durant la même période. Les perspectives de croissance économique restent modestes à moyen terme, avec une estimation à 0,9 % pour 2017, et des projections à 1,1 % en 2018 et 1,6 % en 2019.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Des pertes de recettes ont creusé le déficit budgétaire à  4,3 % en 2017 contre 3,3 % en 2016. La dette publique totale a grimpé à 54,2 % du PIB en 2017, contre 50,7 % en 2016, mais elle reste soutenable. Grâce à des ajustements du taux repo, la Banque centrale a maintenu l’inflation dans la fourchette de 3 à 6 % ciblée par la politique monétaire en 2017. Grâce à une baisse des prix des denrées alimentaires, l’inflation est passée du taux record de 6,8 % en décembre 2016  à 5,1 % en septembre 2017. Entre janvier 2016 et juillet 2017, le rand s’est apprécié de près de 20 % grâce à la hausse des prix d’exportation. La diminution des importations a réduit le déficit du compte courant à 2.6 % en 2017 contre 3.3 % en 2016. Celui-ci a principalement été financé par l’investissement direct non étranger.

Facteurs positifs

L’Afrique du Sud se débat avec les défis d’une économie à deux vitesses : forte pauvreté, chômage, inégalité de revenu, et disparités socioéconomiques géographiques. La situation est exacerbée par une longue désindustrialisation. En 2016, l’industrie représentait 19 % du PIB, dont 12 % d’industrie manufacturière, contre 73 % pour les services. Selon le Plan d’action pour la politique industrielle 2017–2020, plusieurs secteurs offrent un potentiel de réindustrialisation, notamment les agro-industries du vêtement, du textile, du cuir et de la chaussure. Certains obstacles structurels clés à la croissance ont été levés. La crise de l’électricité a été résolue en 2016 avec l’ajout de 6 000 MW par de nouvelles centrales. Les infrastructures de transport et d’eau constituent la principale priorité de l’État à moyen terme, avec respectivement 34,6 % et 13 % des investissements dans l’infrastructure. Les prix des principales exportations ont augmenté entre 2015 et 2016.

Facteurs négatifs

La perception de la corruption reste élevée dans les services publics. L’environnement des affaires est correct (classé 82e sur 190 pays dans le rapport Doing Business 2018), mais d’importants problèmes subsistent, notamment dans l’approvisionnement énergétique, le commerce transfrontalier et la bureaucratie. La piètre qualité de l’enseignement fondamental demeure un obstacle majeur à l’émergence d’une population active qualifiée. Le manque de compétences est la principale cause du chômage élevé (27 % en 2017 et plus de 50 % chez les 15 à 25 ans). En novembre 2017, Standard & Poor’s a dégradé en « spéculatif » la note du crédit à long terme en monnaie locale de l’Afrique du Sud ; de même que celle du crédit souverain à long terme en devises qui a chuté de deux échelons en dessous de cette note. La perspective a toutefois été estimée positive pour ces deux notes. Le rand a donc subi une dépréciation temporaire de 2 % par rapport au dollar EU, mais a depuis repris de la valeur. Moody’s maintenant le crédit souverain dans la catégorie « investissement », l’Afrique du Sud ne sera pas éliminée de l’indice mondial des obligations d’État, rendant improbable un accroissement des fuites de capitaux.

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