Perspectives économiques en Afrique du Sud

  • La croissance économique a ralenti, à 0.3 % en 2016, mais devrait rebondir à 1.1 % en 2017 et maintenir cette trajectoire ascendante les années suivantes.
  • Les perspectives de croissance seront tirées par une croissance mondiale un peu plus forte, des conditions météorologiques plus favorables, un approvisionnement électrique fiable, un climat social plus stable, le retour de la confiance des entreprises et des consommateurs, et la stabilisation des prix des produits de base.
  • La stratégie d’industrialisation est orientée vers la promotion de l’entrepreneuriat, ce qui contribuera à créer des emplois.

À 0.3 % en 2016, la croissance économique devrait rebondir à partir de 2017 grâce à l’élimination progressive de plusieurs facteurs limitants, qui ouvre la voie à un nouveau cycle de croissance. Les principaux goulets d’étranglement structurels sont en voie de résolution, en particulier les pénuries d’électricité. Eskom, le réseau sud-africain de production d’électricité, est passé d’une production déficitaire de 3 000 MW, qui a provoqué une série de coupures de courant en 2015, à un excédent de 3 000 MW en 2016. En outre, le gouvernement maintient son engagement de travailler avec le secteur privé, les travailleurs et la société civile pour promouvoir une croissance inclusive et une transformation de l’économie. En 2017, la croissance devrait remonter à 1.1 %.

Le taux de change effectif réel du rand s’est apprécié de 23.6 % entre janvier et décembre 2016. Bien que cela ait eu un effet négatif sur la compétitivité des producteurs locaux sur les marchés étrangers, dernièrement la monnaie était encore en dessous de sa valeur moyenne des 15 dernières années, en termes réels. L’inflation a atteint 6.4 % en 2016, un niveau supérieur à la fourchette fixée par la politique monétaire. Stimulée par la hausse des prix alimentaires, des cours mondiaux du pétrole et des prix intérieurs du carburant, l’inflation mesurée par l’indice général des prix à la consommation devrait à nouveau dépasser la fourchette cible en 2017, pour s’établir à 6.1 %. La politique monétaire a été durcie pour restreindre l’inflation et les anticipations inflationnistes dans le contexte d’un resserrement de la politique budgétaire par la Réserve fédérale américaine. Les autorités monétaires ont relevé le taux d’intérêt directeur à 7 % en mars 2016. La hausse des taux d’intérêt et la baisse de la confiance des investisseurs ont entraîné un ralentissement de la croissance de la demande de crédit émanant du secteur privé (5.11 % en décembre 2016, contre 10.17 % en décembre 2015).

Les recettes publiques ont progressé de 11.6 % durant l’exercice budgétaire 2015/16 pour s’établir à 1 069 milliards ZAR, soit 26.1% du PIB, sous l’effet combiné d’une augmentation de la plupart des catégories d’impôts et de taxes, notamment les impôts fonciers et les taxes sur le commerce et les transactions à l’international, et d’une hausse des recettes non fiscales.

Le chômage demeure un problème social majeur en Afrique du Sud, où la proportion des jeunes sans emploi est une des plus élevées du continent. Des progrès remarquables ont été accomplis pour lutter contre la misère au cours de la dernière décennie, principalement grâce à des programmes de protection sociale de grande ampleur. Néanmoins, les pouvoirs publics ont toujours du mal à apporter les services économiques et sociaux de base dans les zones rurales et les townships.

La stratégie sud-africaine d’industrialisation et de création d’emplois vise à encourager l’entrepreneuriat. Elle n’a cependant rencontré qu’un succès limité en raison des compétences techniques et entrepreneuriales inadéquates ; du manque de personnes expérimentées pour guider les entrepreneurs ; des barrières à l’entrée et des difficultés d’accès aux financements.