Les Assemblées annuelles 2019 du Groupe de la Banque africaine de développement se tiendront du 11 au 14 juin 2019 à Malabo, en République de Guinée équatoriale. En savoir plus

Perspectives économiques en Afrique du Sud

Performances macroéconomiques

La croissance du PIB réel était de 0,7 % en 2017/2018, contre 1,3 % en 2016/2017. Le secteur agricole a connu une croissance de 17,7 % en 2016/2017, après s’être contracté de 10,2 % en 2015/2016, pour contribuer à 0,4 point de pourcentage à la croissance du PIB. Le secteur de la production industrielle s’est contracté de 0,2 % en 2016/2017, après avoir augmenté de 0,9 % en 2015/2016. La croissance a également ralenti dans le secteur des services, celle de la finance, principal sous-secteur, passant de 2,3 % en 2015/2016 à 1,9 % en 2016/2017, contribuant pour 0,4 point de pourcentage à la croissance globale. La consommation des ménages reste le principal moteur de croissance. La consommation des ménages et des administrations publiques a contribué à la croissance de 1,5 point de pourcentage en 2016/2017, contre 0,8 point de pourcentage en 2016.

Le déficit budgétaire élevé est à 4,0 % en 2017/2018, contre 4,3 % en 2016/2017, le pays continuant à connaître un manque à gagner dû à la faible croissance économique. Pour renforcer les ressources nationales, le gouvernement a mis en place de nouvelles politiques fiscales, notamment une augmentation de la TVA de 14 % à 15 % le 1er avril 2018. La dette publique a atteint environ 53,3 % du PIB en 2017/18, la dette intérieure représentant plus de 90 % de la dette publique totale.

L’inflation était estimée à 4,9 % en 2017/2018, contre 5,3 % en 2016/2017, en raison de la baisse des prix des denrées alimentaires. En avril et mai 2018, la valeur du rand s’est dépréciée par rapport à la plupart des devises, tandis que le dollar s’est considérablement renforcé. Le taux de change effectif réel du rand a augmenté, à savoir 3,3 % entre mars 2017 et mars 2018, entraînant une perte de compétitivité. L’or brut et les réserves de change ont atteint 51,1 milliards USD en mai 2018, couvrant environ 4,4 mois d’importations.

La croissance du PIB réel devrait atteindre 1,7 % en 2018–2019 et 2,0 % en 2019–2020. La sécheresse s’est affaiblie dans la plupart des provinces et les perspectives du secteur agricole sont favorables. Cependant, la croissance de l’industrie et des services devrait stagner.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

L’Afrique du Sud dépend fortement des exportations de ressources minières et, bien que les prix des produits de base aient fortement augmenté au deuxième trimestre de 2018, les perspectives prévoient une baisse, des tensions commerciales devant affaiblir la croissance mondiale.

Le gouvernement reconnaît qu’il faut améliorer l’approvisionnement en électricité. En 2018, l’Afrique du Sud a signé des contrats, longtemps retardés, d’énergies renouvelables d’une valeur de 55,92 milliards ZAR avec des producteurs indépendants. La réforme du secteur de l’énergie introduite en 2011s’est ainsi consolidée et a conduit à une participation du secteur privé dans la production d’électricité. Plus de 80 % de l’électricité sud-africaine provient du charbon, tandis que les énergies renouvelables ne représentent qu’environ 7 % de la capacité totale de production du pays. Le gouvernement vise à réduire la part du charbon dans le bouquet énergétique à 48 % d’ici 2030.

Pour mettre en place des mesures de réforme agraire justes et équitables visant à accroître la production agricole et à renforcer l’autosuffisance alimentaire, le Parlement a approuvé en décembre 2018 un amendement constitutionnel autorisant l’expropriation de terres sans compensation.

Même si elle dispose d’institutions démocratiques efficaces, l’Afrique du Sud est confrontée à des problèmes de gouvernance en matière d’obtention de biens et de services publics et de gestion des entreprises de l’État. La faible concurrence sur les marchés des biens et services et la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée comptent parmi les principaux obstacles structurels à la croissance. Des réformes structurelles dans ces domaines contribueraient à relancer la croissance et à favoriser l’inclusion sociale. La politique d’intégration régionale de l’Afrique du Sud est souvent perçue comme centrée davantage sur le développement industriel national. Le pays pourrait bénéficier de politiques d’intégration régionale qui répondent aux divers besoins de ses voisins, ce qui favoriserait l’émergence de chaînes d’approvisionnement régionales.

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