Perspectives économiques au Swaziland

Performance économique et perspectives

La croissance du PIB réel devrait diminuer à 1 % en 2017 contre 1,3 % en 2016. Elle a été particulièrement morne dans le commerce de gros et de détail et les services financiers, dont les résultats ont pâti de la réduction des dépenses publiques due aux difficultés budgétaires persistantes. Malgré la production agricole et agroalimentaire portée par les bonnes conditions météorologiques qui ont suivi la sécheresse causée par El Niño en 2015, le secteur s’est contracté, handicapé par l’épuisement du cheptel provoqué par la sécheresse. Le secteur manufacturier a rebondi en 2017, soutenu principalement par de nouveaux investissements dans le textile. La construction s’est contractée à cause de la marge de manœuvre budgétaire limitée qui a entravé l’exécution des projets publics en 2017.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

L’inflation devrait avoisiner 7 % en 2017, contre 8 % en 2016, grâce à la baisse des prix alimentaires résultant des bonnes précipitations. Pour protéger l’arrimage de sa monnaie au rand sud-africain, la Banque centrale du Swaziland a augmenté son taux d’escompte à 7,25 % en janvier 2017. Malgré le durcissement de la politique monétaire, la politique budgétaire reste expansionniste, pour stimuler l’activité économique. Le solde budgétaire est déficitaire depuis 2014/2015, et a atteint un taux à deux chiffres en 2016 à cause d’une chute brutale des recettes de l’Union douanière d’Afrique australe (SACU) et d’une hausse des salaires du secteur public. En 2017, le déficit devrait légèrement diminuer, principalement grâce à une augmentation des recettes de la SACU. Il est financé par des emprunts intérieurs, notamment à la Banque centrale, et par une accumulation d’arriérés intérieurs, qui menace la stabilité du secteur bancaire et évince potentiellement le secteur privé. La dette publique a grimpé à 19,3 % du PIB en 2016, mais reste soutenable. Une longue politique expansionniste a détérioré le compte courant, et la couverture de la réserve internationale avait chuté à 3,4 mois d’importations à la fin de 2016.

Facteurs positifs

La croissance devrait s’améliorer à 2,5 % en 2018. La reprise dépend d’un rebond soutenu dans la production agricole et la construction. L’activité agricole sera facilitée par l’achèvement du Lower Usuthu Smallholder Irrigation Project et une hausse de la production animale consécutive à la reconstitution des troupeaux. Les perspectives sont positives dans l’exploitation minière, grâce à la remontée des cours des matières premières et à l’accroissement de la production de charbon suite au renouvellement d’un permis d’exploitation. La croissance du secteur manufacturier devrait être stimulée par un essor de l’industrie agroalimentaire, reflétant l’augmentation de la production de canne à sucre et l’expansion soutenue de l’industrie textile, qui s’est diversifiée avec succès vers de nouveaux marchés, en particulier l’Afrique du Sud, malgré la perte de l’accès au marché des États-Unis. La croissance intérieure devrait également être tirée par l’expansion de la construction associée aux projets d’infrastructure prévus, tels que la ligne ferroviaire Lothair.

Facteurs négatifs

Des risques continuent d’assombrir les perspectives à moyen terme. Le principal est un resserrement du financement budgétaire causé par l’accumulation des arriérés intérieurs, qui pourrait retarder la mise en œuvre des projets. Les arriérés pourraient également détériorer la qualité des actifs bancaires et entraîner d’autres risques. Une chute des exportations due à une faible demande de minéraux, des conditions météorologiques défavorables, et une baisse des recettes  de la SACU sont d’autres risques à suivre attentivement. Ils soulignent l’importance d’accélérer les réformes en faveur de la croissance pour stimuler l’investissement privé et mettre le pays sur la voie d’une croissance durable. La détérioration de la situation budgétaire menace la stabilité macroéconomique et financière ; des ajustements budgétaires durables doivent être entrepris pour contenir les salaires de la fonction publique, donner la priorité aux dépenses d’investissement, et accroître les recettes fiscales.