Les Assemblées annuelles 2018 du Groupe de la Banque africaine de développement se tiendront du 21 au 25 mai 2018 à Busan, en Corée. En savoir plus

Perspectives économiques en Zambie

Performance économique et perspectives

En 2010–2015, la République démocratique du Congo (RDC) enregistrait une croissance moyenne de 7,7 %. En 2016, cet élan a été brisé (2,4 %) par la chute des cours des matières premières d’exportation du pays (cuivre et cobalt notamment) et les incertitudes pesant sur la situation politique intérieure. La croissance est estimée à 3,3 % en 2017, grâce à la bonne tenue des industries extractives et manufacturières, de la construction et du commerce. La reprise devrait se confirmer en 2018 et 2019 avec le relèvement des cours des matières premières et la relance de l’industrie extractive résultant du démarrage de nouveaux projets miniers.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Le ralentissement de l’activité économique a affecté négativement les finances publiques. Les recettes budgétaires (hors dons) ont diminué de 13,6 % du PIB en 2015 à 9,4 % en 2016, entraînant une contraction des dépenses publiques (12,8 % du PIB en 2016 contre 17,3 % en 2015). La gestion de la dette publique extérieure reste maîtrisée, avec un risque d’endettement jugé modéré. La dette intérieure est, par contre, passée de 3,6 % du PIB en 2015 à 7,6 % en 2016. Les réserves de change ont chuté de 1,4 milliards de dollars EU en 2015 à 852,14 millions en 2016, puis à 668 millions en septembre 2017 (soit 2,93 semaines d’importation). Le franc congolais s’est déprécié par rapport au dollar EU de 23,7 % en 2016 et de 22,5 % à la fin septembre 2017, faisant grimper l’inflation de 0,8 % en 2015, à 6,9 % en 2016, puis à 42,9 % en 2017. Le déficit du compte courant était de 3,2 % du PIB en 2016, est estimé à 2,4 % en 2017 et devrait continuer à s’améliorer en 2018.

Facteurs positifs

Vu le poids de ces produits dans l’économie du pays, la remontée des cours du cuivre et du fer constitue une bonne nouvelle. Ils ont respectivement augmenté de 15,76 % et 87,93 % entre décembre 2016 et septembre 2017, entraînant une hausse de 9,3 % de la production de cuivre et de 18 % de celle du fer. Si cette tendance se renforce en 2018 et 2019, les recettes budgétaires, les réserves de changes, le taux de change et la balance des paiements devraient s’améliorer. En 2015, le secteur extractif représentait 97,5 % des recettes d’exportation, 24,7 % des recettes courantes de l’État et 20,9 % du PIB. Dans le secteur agricole, plusieurs études de faisabilité de parcs agroindustriels sont en cours, et leur mise en œuvre aidera à diversifier l’économie congolaise, aujourd’hui lourdement dépendante du pétrole et de plusieurs produits miniers.

Facteurs négatifs

L’implication insuffisante de toutes les parties prenantes dans la conduite de la période transitoire supposée mener aux élections rend la situation politique difficilement prévisible en RDC. Elle comporte des risques majeurs pour la cohésion nationale et la paix sociale, et donc pour les perspectives économiques de 2018 et 2019. La sécurité reste préoccupante dans l’Est et le Centre du pays, et l’activité économique pourrait y être compromise si les violences persistaient, voire s’aggravaient. Par ailleurs, la détérioration du pouvoir d’achat des ménages, causée par la hausse des prix des produits de première nécessité et la dépréciation du franc congolais risquent d’alimenter une crise sociale latente. Enfin, bien que la RDC ait amélioré sa position dans le rapport Doing business 2018, où elle est passée 182e sur 190 pays contre 184e dans le classement précédent, des améliorations importantes doivent être apportées au climat des affaires, qui figure parmi les dix moins bons du monde.