Perspectives économiques en Zambie

  • Même si les douze prochains mois s’annoncent plus prometteurs pour la Zambie, le pays s’est heurté à des difficultés économiques en 2016, pâtissant, pour la deuxième année consécutive, de la faiblesse des prix du cuivre et d’importantes pénuries d’électricité qui ont entravé l’activité économique. 
  • Après son entrée en fonction en septembre 2016, le nouveau gouvernement a procédé à la mise en oeuvre de son programme de réformes économiques qui vise à améliorer la croissance et à rétablir la crédibilité de son budget, tout en réduisant le déficit des finances publiques 
  • Guidée par une stratégie d’industrialisation, la création d’emplois est l’un des objectifs prioritaires du gouvernement : les emplois formels en Zambie demeurent peu nombreux, ne représentant que 11 % de l’emploi total.

L’économie zambienne a essuyé de nouveaux revers en 2016, malgré l’esquisse d’un redressement par rapport à 2015. La croissance est restée modérée, loin de pouvoir assurer un taux de croissance positif par habitant. Le cuivre a souffert, pendant la majeure de l’année, d’une demande et de perspectives mondiales atones, ce qui a pesé sur les cours de ce métal qui se sont établis en moyenne à 4 860 USD la tonne. Cette baisse des prix a nui à la rentabilité des exploitations minières et à l’activité globale dans la province de Copperbelt, secteur minier par excellence. Cependant, dans la province de North-Western, l’activité minière a été soutenue, en raison d’une structure de coûts plus faibles. Grâce aux nouvelles exploitations minières lancées en 2016, la production totale de cuivre a augmenté de 8.4 %. Malgré la sécheresse en Afrique australe, des pluies tardives ont permis une récolte satisfaisante, suffisante pour assurer la sécurité alimentaire, mais pas assez abondante pour contribuer à la croissance générale. La production de maïs a fait un bond de 9.7 % pour s’établir à 2.9 millions de tonnes, alors que pour d’autres cultures le rendement agricole reculait. À moyen terme, les performances économiques devraient s’améliorer. La production de cuivre devrait progresser de 16 % en 2017 et de 8 % en 2018. La saison agricole a commencé avec une bonne pluviométrie. Si l’on en croit les prévisions, l’approvisionnement en électricité sera suffisant pour intensifier la production cuprifère et les récoltes seront bonnes, du fait de conditions météorologiques favorables, peu affectées par les chenilles légionnaires.

Le président Edgar Lungu a été réélu lors des élections générales d’août 2016. La première tâche majeure de son gouvernement a été de lancer un programme de redressement économique en cinq points, intitulé Zambia Plus. Celui-ci vise à équilibrer le budget pour revenir à des niveaux soutenables après l’accumulation de déficits budgétaires, qui ont atteint environ 10 % du PIB en 2016. Une part importante du budget est consacrée à des dépenses incompressibles telles que les traitements, le service des intérêts des prêts nationaux ou étrangers contractés et les subventions. Seul un tiers des recettes intérieures peut être utilisé pour les biens et services, les transferts ou autres dépenses. Les principales orientations gouvernementales ont pour ambition d’améliorer la mobilisation des ressources intérieures et la gouvernance budgétaire, tout en apportant plus de responsabilité et de transparence, ce qui devrait rétablir la crédibilité budgétaire et renforcer la confiance du secteur privé.

En 2013, le gouvernement a lancé sa Stratégie emploi et industrialisation (Jobs and Industrialisation Strategy), une initiative importante destinée à diversifier l’économie et la rendre moins dépendante de l’exploitation minière. Soulignons que sur la décennie écoulée, l’investissement étranger direct dans l’industrie manufacturière a pour la première fois dépassé celui dans les mines en 2015, ce qui pourrait indiquer que les investisseurs non miniers s’intéressent à la Zambie en raison de l’environnement stable qu’elle offre aux investissements par rapport aux autres pays de la région.