Perspectives économiques au Zimbabwe

Performance économique et perspectives

La croissance économique devrait s’améliorer à 2,6 % en 2017 contre 0,7 % en 2016, grâce aux performances de l’agriculture, l’extraction minière, l’eau et l’électricité. Les perspectives pour 2018 pourraient être affectées par les changements politiques, avec une croissance moyenne du PIB réel projetée à 1 % en 2018 et 1,2 % en 2019. L’économie reste confrontée aux défis structurels associés à l’importante informalité de l’économie, à la faible demande intérieure, à la forte dette publique, au manque de confiance des investisseurs, et à un environnement politique difficile. Le pays traverse une crise de liquidité, reflétant les carences structurelles et les distorsions de l’économie. Le climat des affaires s’est amélioré, mais la gouvernance et la redevabilité demeurent problématiques.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

La politique budgétaire est fortement orientée vers la consommation, restreignant la marge de manœuvre budgétaire des dépenses sociales et d’investissement. La dépense totale a réaugmenté avec l’élargissement du Command Agriculture Program et le maintien de la forte masse salariale de la fonction publique (environ 19 % du PIB). Avec l’accès limité aux capitaux étrangers, le déficit budgétaire a atteint 8,7 % du PIB en 2016 contre 2,4 % en 2015. Les élections de 2018 risquent d’exercer d’autres pressions sur le budget, et l’État a recours à l’emprunt intérieur pour couvrir le déficit budgétaire. La dette publique intérieure a presque doublé à 25 % du PIB en 2016, tandis que la dette extérieure atteignait 42,6 %. Les arriérés de la dette ont été apurés auprès du Fonds monétaire international, et une stratégie est en cours avec la Banque africaine de développement et la Banque mondiale pour en faire de même. À cause du financement monétaire du déficit budgétaire, la masse monétaire a augmenté de près de 24 % en 2017, alimentant les pressions inflationnistes et sapant l’aptitude des banques à financer les activités du secteur privé.

Facteurs positifs

Une modeste reprise des cours des matières premières devrait stimuler la croissance de l’industrie extractive. La production d’énergie devrait s’améliorer avec l’achèvement de l’extension de la centrale de Kariba en décembre 2017. La croissance de la production agricole sera soutenue par une coordination élargie et un financement plus important de l’État et du secteur privé, et par des investissements accrus dans l’irrigation. L’agriculture devrait croître fortement en 2018, grâce à de bonnes précipitations et à un soutien ciblé aux agriculteurs. Le secteur manufacturier devrait progresser grâce à une politique protectionniste soutenant l’industrie locale. Cette intervention a entraîné une augmentation significative de l’utilisation des capacités de l’industrie locale, de 34,3 % en 2015 à 47,4 % en 2016, avant un déclin à 45,1 % en 2017.

Facteurs négatifs

En 2016, la faible activité économique a fait chuter de 6 % les recettes totales (en valeur nominale), exacerbant les déficits de liquidité. L’émission en 2016 d’obligations arrimées au dollar EU a vu émerger un marché parallèle des changes en raison du manque de devises. Le taux de change réel reste surévalué, sapant la compétitivité extérieure. La position du secteur extérieur est faible ; en 2016, les réserves internationales nettes sont tombées à 0,6 mois d’importations. Les élections prévues en 2018 risquent de créer des incertitudes qui affecteront la croissance économique et l’investissement. Le climat d’investissement reste morose. Selon le Rapport sur la compétitivité mondiale 2017/2018 du Forum économique mondial, les facteurs les plus problématiques pour les affaires sont l’instabilité des politiques ; les réglementations inadaptées en matière de devises ; une bureaucratie inefficace ; un accès difficile au financement ; des infrastructures insuffisantes ; un droit du travail restrictif ; et une administration et des réglementations fiscales inefficaces.