Perspectives économiques au Burkina Faso

  • Après la période de troubles sociopolitiques, une reprise vigoureuse de l’activité économique est attendue en 2017 avec un taux de croissance de 8.4 %, favorisée par le dynamisme de l’industrie extractive et l’investissement public.
  • Pour consolider la reprise, le Burkina doit relever deux défis : améliorer l’efficacité du taux d’absorption des dépenses d’investissement, et endiguer la menace djihadiste.
  • Les réformes économiques engagées dans la politique sectorielle de l’industrie, du commerce et de l’artisanat 2011-20 ont permis l’émergence de l’entrepreneuriat ;
  • toutefois, la création d’entreprises du secteur industriel s’est faite dans l’industrie extractive, peu dans l’agroalimentaire.

Après le ralentissement du rythme de croissance du PIB réel à 4.0 % en 2015, notamment en raison d’une pluviosité peu satisfaisante de la campagne agricole et des troubles sociopolitiques, les perspectives économiques du Burkina Faso sont favorables en 2017. Le taux de croissance projeté devrait atteindre 8.4 %, contre 5.4 % en 2016. Il devrait être soutenu par deux facteurs : la vitalité du secteur minier, avec l’entrée en production de deux nouvelles mines industrielles, et la mise en oeuvre d’un ambitieux programme d’investissements publics dans les domaines de l’énergie, des aménagements hydro-agricoles, des infrastructures routières et des télécommunications, porté par le Plan national de développement économique et social (PNDES) 2016-20 adopté en juillet 2016. Par ailleurs, le maintien à des niveaux favorables des cours des principaux produits d’exportation du Burkina Faso, l’or et le coton, renforce les perspectives d’une reprise vigoureuse de la croissance économique.

L’inflation ne devrait pas dépasser 2.1 % en 2017, en raison des résultats excédentaires de la campagne agricole 2016/17, des cours du pétrole et des prix à l’importation modérés. Quant à la gestion des finances publiques, elle reste tendue, subissant les répercussions des troubles sociopolitiques et des attaques extrémistes. La baisse de l’activité économique s’est traduite par une diminution des recettes fiscales, combinée à la hausse des dépenses sécuritaires et de celles engagées pour répondre à la demande sociale. L’ajustement budgétaire s’est fait au détriment des dépenses d’investissement qui ont subi une baisse drastique, passant de 13.7 % du PIB en 2013 à 8.6 % en 2016, puis à 10.3 % en 2017. Le déficit budgétaire global (base engagement) a atteint 3.1 % du PIB en 2016. Pour l’exercice 2017, le gouvernement envisage d’appliquer la même rigueur dans la gestion des finances publiques que l’année précédente. Il a ainsi décidé de reconduire pour neuf mois le programme soutenu par la facilité élargie de crédit (FEC), avec un décaissement à son terme. Le déficit budgétaire est projeté à 3.0 % du PIB.

Grâce à la mise en oeuvre rigoureuse des réformes économiques engagées dans le cadre de la politique sectorielle de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Posica) 2011-20, l’entrepreneuriat est en plein essor. En effet, sous l’impulsion des programmes favorables à la facilité d’entreprendre, le nombre moyen d’entreprises créées s’est élevé à 6 500 par an entre 2011 et 2015. Ce dynamisme, toutefois, a massivement concerné la création de très petites entreprises, principalement dans le secteur tertiaire. La création d’entreprises dans le secteur industriel est récente et s’observe surtout dans la branche extractive, peu dans l’agroalimentaire. On note une faible contribution du secteur manufacturier. Ainsi, les « autres industries manufacturières modernes », qui constituaient 1.5 % du PIB en 2011, n’en représentaient plus que 1.1 % en 2016.

La Posica 2011-20 doit relever des défis de deux ordres pour poursuivre l’industrialisation : d’une part, créer un environnement favorable au développement industriel ; d’autre part, renforcer les infrastructures de soutien, notamment l’énergie, les infrastructures de transport, la technologie, et l’amélioration de la formation.