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Perspectives économiques au Cabo Verde

Perspectives économiques au Cabo Verde

Performances macroéconomiques

En 2018, la croissance du PIB réel de 3,9 %, légèrement inférieure à 4,0 % en 2017, est soutenue par la forte croissance des secteurs de l’électricité et de l’eau (22,8 %), du secteur manufacturier (14,2 %), du tourisme et de l’hôtellerie (14,9 %), de la pêche (9,4 %), du commerce de détail (8,1 %) et de l’intermédiation financière (8,1 %).

L’assainissement budgétaire permet la réduction du déficit budgétaire à environ –2,4 % en 2018 contre les –3,1 % de 2017 pour diminuer progressivement jusqu’à –1,9 % en 2019. Cependant, la dette publique demeure au-dessus du seuil de 126 % du PIB de 2017.

En juin 2017, la banque centrale du Cabo Verde abaisse son taux directeur de 200 points de base pour atteindre 1,5 %, entraînant une baisse du taux d’intérêt du crédit moyen des banques commerciales de 6,5 % à 4,5 % à la fin 2018. Le crédit à l’économie a donc augmenté de 7,5 %. L’inflation de l’Indice des prix à la consommation reste faible et enregistre une hausse de 1 % en 2018 contre 0,8 % de 2017 du fait de l’augmentation prévue des prix des produits alimentaires et énergétiques. Les réserves de change couvrent environ 5,9 mois d’importations de biens et services et sont suffisantes pour maintenir l’ancrage unilatéral du taux de change à l’euro.

Le déficit de la balance courante se creuse de –7,6 % en 2017 à –8,5 % en 2018 avec une croissance des dépenses d’importation dépassant celles des exportations (particulièrement celles du tourisme) et ce dans un contexte de baisse des transferts de fonds. Les principales autres exportations sont la pêche et les produits manufacturés (vêtements et chaussures). Les principales importations, carburant, équipements, machines et produits de grande consommation, proviennent essentiellement de l’Espagne et du Portugal, principaux partenaires commerciaux du pays.

L’économie devrait maintenir une croissance du PIB réel de 4,1 % en 2019 et 4,8 % en 2020, grâce aux transferts de fonds, la fabrication, la croissance continue du tourisme, et à la hausse des dépenses en infrastructures publiques. Les investissements privés soutenus par des conditions favorables en matière de crédit intérieur contribueront également à la croissance.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

Les tensions commerciales émergentes à l’échelle mondiale entre la Chine, l’Europe et les États-Unis (principaux partenaires commerciaux de l’économie insulaire) pourraient nuire aux exportations. Des ressources supplémentaires sont nécessaires au Cabo Verde, État archipel, très fragile et vulnérable au changement climatique, afin d’accroître sa résilience. L’ancrage unilatéral du taux de change à l’euro nécessite des protections fiscales suffisantes pour résister aux futurs chocs.

Le modèle de développement économique du Cabo Verde dépend des versements, des transferts externes et de l’aide au développement et rend le pays vulnérable aux chocs externes. Le Plan stratégique de développement durable (2017-2021), adopté par le gouvernement, identifie les secteurs prioritaires en matière de diversification économique, tels que le tourisme, l’agriculture, les infrastructures et l’industrie légère.

Le déficit budgétaire est financé par des prêts concessionnels obtenus auprès de bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux (environ 75 % de la dette publique totale) et de bons du Trésor émis en faveur de banques commerciales et d’autres créanciers privés. Réduire la dette publique élevée (126 % du PIB en 2017) et diminuer le risque de surendettement exige un effort soutenu. L’assainissement budgétaire, notamment par la privatisation des sociétés publiques aux mauvais résultats et la création de partenariats public-privé en vue de gros projets d’investissements, pourrait réduire les vulnérabilités liées à la dette.

L’inégalité des revenus et l’exclusion sociale restent critiques. Afin d’augmenter la productivité et combattre le chômage élevé chez les jeunes et les femmes, le gouvernement soutient les microentreprises et les PME par des subventions, des incubateurs et des projets pilotes visant l’employabilité.