Perspectives économiques au Cabo Verde

Performance économique et perspectives

Après une période de faible croissance du PIB (1,8 % en moyenne entre 2010 et 2015), une reprise s’est amorcée en 2016 avec une croissance de 3,8 %, tirée par l’agriculture et les services (essentiellement le tourisme). La demande intérieure a montré des signes de récupération avec une augmentation de la consommation publique et du crédit au secteur privé. La tendance se confirme avec une croissance du PIB estimée à 4 % en 2017 et projetée à 4,1 % pour 2018, grâce à une relance du tourisme. La diversification de l’économie reste impérative pour une croissance viable à long terme. Les services représentent environ 70 % du PIB (dont 20 % pour le tourisme).

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Depuis 2015, les autorités ont entrepris d’assainir les finances publiques en compressant le PIP et en élargissant l’assiette fiscale. Le déficit public est ainsi passé de 4,1 % du PIB en 2015 à 3,3 % en 2016. La dette publique a néanmoins augmenté de 71,9 % du PIB en 2010 à 130 % en 2016. Pour infléchir cette évolution, les autorités prévoient de : mobiliser des ressources intérieures, accroître l’efficacité des dépenses publiques, et réduire le passif lié aux entreprises publiques. Le déficit budgétaire devrait atteindre 4,1 % en 2017 et 4,4 % en 2018. En 2016, l’inflation atteignait -1,4 %, principalement grâce aux faibles prix de l’énergie et des denrées alimentaires. Elle est estimée à 1,1 % pour 2017 et projetée à 2 % pour 2019. Le déficit du compte courant a diminué à 5,4 % du PIB en 2016 grâce à la reprise du tourisme, aux faibles cours du pétrole, et à l’augmentation des envois de fonds des migrants. Il devrait grimper à 7,2 % en 2017, suite à la remontée des cours du pétrole. Les réserves ont progressé de  4,5 mois d’importations en 2013 à 6,5 mois en 2016 principalement grâce à la réduction des importations et de la dépense publique d’investissement.

Facteurs positifs

L’économie cap-verdienne dépend fortement du tourisme (dont les recettes représentent 47 % des exportations de biens et services). En 2018, l’investissement direct étranger devrait y augmenter fortement. L’industrie manufacturière  et la restauration devraient croître dans les 3 années à venir. Malgré la faible croissance en Europe, les envois de fonds des migrants (11 % du PIB en 2016) devraient continuer d’augmenter, avec un impact positif sur la croissance économique. En 2017, le Cap-Vert a élaboré son nouveau Plan économique de développement durable. L’accent est mis sur la promotion du secteur privé ; l’accélération du programme de transformation visant à diversifier l’économie pour la rendre plus résiliente aux effets du changement climatique ; et le renforcement de l’intégration régionale au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.

Facteurs négatifs

Les perspectives économiques dépendent de défis qui agiront sur la croissance et le développement à long terme, tels que l’amélioration de la productivité des facteurs, actuellement en baisse ; la diversification de l’économie ; le renforcement de la résilience aux chocs exogènes, notamment liés au climat ou à la dépendance commerciale vis-à-vis de l’Europe ; et la restructuration d’entreprises publiques, telles que Cabo Verde Airlines (transport aérien) et IFH (logements sociaux), dont les dettes avoisinent 20 % du PIB. D’autres facteurs extérieurs récents, tels que l’effet de l’appréciation du dollar EU sur l’augmentation de la dette publique, ont aggravé la situation macroéconomique. Le chômage des jeunes, qui constituent la moitié de la population active, est une autre source de préoccupation. En 2016, il atteignait 28,6 % chez les 15 à 24 ans contre 15 % de la population totale. De plus, la compétitivité est freinée par la mauvaise qualité de la maind’œuvre, causée par l’inadéquation de la formation par rapport à l’emploi.