Perspectives économiques en Côte d'Ivoire

  • La croissance économique continue d’être forte, mais repose encore sur l’exploitation et l’exportation de matières premières principalement agricoles, soumises aux aléas des cours mondiaux et du climat. 
  • Des avancées importantes ont été observées en termes d’accès aux soins de santé, d’accès à l’éducation et de protection sociale, néanmoins, la croissance des cinq dernières  années s’avère insuffisante au regard d’une demande sociale importante. 
  • Des réformes politiques importantes ont été conduites en 2016 dans un contexte encore marqué par une faiblesse de l’opposition et d’importants mouvements sociaux. 

Dans un contexte marqué par un ralentissement de la production agricole, la Côte d’Ivoire enregistre en 2016 sa cinquième année consécutive de croissance forte, tendance qui devrait se poursuivre en 2017 avec un rythme moins important même si les perspectives restent bonnes jusqu’en 2020. Cette croissance, estimée à 8.4 % en 2016 par la Banque africaine de développement (BAfD), serait de 7.3 % en 2017 dans un contexte de recul des exportations agricole même si la demande intérieure reste importante. Les investissements publics et privés, mais également la robustesse de la consommation, ont permis de maintenir le rythme soutenu de la croissance économique en 2016. Bien que forte, la croissance économique repose encore sur l’exploitation et l’exportation de matières premières avec un faible taux de transformation locale de la production. L’économie ivoirienne reste donc vulnérable aux chocs extérieurs, comme ce fût le cas en 2016 avec, notamment, l’évolution défavorable des cours mondiaux des prix des principaux produits d’exportation (cacao, pétrole), mais également les conditions climatiques qui ont affecté la production agricole.

Le gouvernement met en oeuvre un nouveau Plan national de développement (PND) 2016-20, qui met l’accent sur la diversification de l’appareil productif en capitalisant sur les avantages comparatifs de la Côte d’Ivoire, notamment l’amélioration du taux de transformation des matières premières, ainsi que le développement de chaînes de valeurs complètes des filières agricoles. Le coût du PND est estimé à 30 000 milliards XOF (Franc CFA BCEAO) – soit 60 milliards USD – dont 62 % seront financés par les investissements privés, principalement sous forme de partenariats publics-privés (PPP), et 38 % par les ressources publiques nationales et internationales. Le PND 2016-20 a reçu un soutien très fort des partenaires au développement de la Côte d’Ivoire qui se sont engagés, lors du groupe consultatif de mai 2016 à Paris, à y apporter un soutien financier de 15 milliards USD.

Sur le plan social, les dépenses en faveur des pauvres sont en nette progression, mais demeurent insuffisantes au regard d’une demande sociale importante d’amélioration des conditions de vie des agents de l’État. L’environnement des affaires est en constante amélioration. Le contexte politique est marqué par des reformes importantes, matérialisées par l’adoption d’une nouvelle Constitution, la nomination d’un viceprésident et la création d’un Sénat. Les échéances électorales ont été respectées avec les élections législatives et la mise en place d’une nouvelle Assemblée nationale et d’un nouveau gouvernement. Les défis majeurs de l’actuel quinquennat seront : i) la poursuite des efforts de réconciliation de la classe politique avec une opposition affaiblie par des dissensions internes ; ii) des réponses appropriées aux demandes sociales fortes et pressantes ; iii) l’intensification des efforts en matière de justice, encore perçue comme non impartiale par une partie de la population ; et iv) le règlement des questions conflictuelles de longue date que sont la nationalité et le foncier. Le renforcement du cadre sécuritaire reste aussi un défi dans un contexte régional et national marqué par des attaques terroristes dont les causes sont en grande partie exogènes à la Côte d’Ivoire.