Perspectives économiques en Gambie

Performance économique et perspectives

En 2014, des précipitations irrégulières et les répercussions de la crise régionale de l’Ebola ont contracté la croissance du PIB de 5,6 % à -0,2 %. Elle a rebondi à 4,4 % en 2015, mais chuté à 2,2 % en 2016, en raison de dérapages des politiques, de l’incertitude électorale, d’une saison des pluies anormalement courte, et d’un blocage des frontières de trois mois par les transporteurs sénégalais. Principalement tirée par l’agriculture et les services, la croissance devrait rebondir à 5,1 % en 2017. Elle pourrait se stabiliser autour de 4 % à moyen terme, en fonction de l’aptitude de la nouvelle administration à mener une robuste transition, à attirer les investisseurs et à entamer une transformation économique.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

En raison de dépenses plus élevées, le déficit budgétaire a grimpé de 1,7 % du PIB en 2008 à un sommet de 10 % en 2014, avant de s’établir à 9,5 % en 2016. Il a été largement financé par l’emprunt intérieur. La dette intérieure a augmenté de 37,1 % du PIB en 2013 à 67,9 % en 2016, contribuant ainsi à une forte hausse de la dette publique totale, qui est explosé de 83,3 % du PIB en 2013 à 120 % en 2016. Le budget de 2017 est conforme aux objectifs de stabilisation du déficit à 2,5 % du PIB. À cause des prix élevés des denrées alimentaires et de la dépréciation du dalasi par rapport au dollar EU, l’inflation a atteint 7,2 % en 2016 contre 6,8 % en 2015. Elle devrait baisser à 6,9 % en 2018, grâce à la normalisation de la politique monétaire et à un rebond de la production agricole. Le déficit du compte courant est passé de 15 % du PIB en 2015 à 8,7 % en 2016, grâce à des termes de l’échange favorables et à une reprise modérée du commerce. Le déficit commercial a diminué de 25,7 % du PIB en 2015 à 17,9 % en 2016. Les importations devraient grimper de 34 % du PIB en 2016 à 38 % en 2018, creusant ainsi le déficit du compte courant à 10 % du PIB en 2018.

Facteurs positifs

Après les élections de 2016, le pays a connu un rétablissement pénible, mais les principaux partenaires se réengagent. Les importantes ressources qu’ils ont fournies ont accru les réserves officielles de 1 mois d’importations en 2016 à 3 mois en 2017. Les changements politiques ouvrent une nouvelle fenêtre d’opportunité. Le pays prépare pour 2018–2021 une stratégie de développement centrée sur l’accélération de la croissance inclusive et la création d’emplois. Une table ronde est prévue en 2018 pour mobiliser les ressources des donateurs. Le tourisme (deuxième contributeur à l’économie nationale) est en plein essor. Pour consolider ses acquis, il doit améliorer sa compétitivité et lever les limitations de l’offre qui freinent sa croissance. Les envois de fonds restent la principale source de recettes en devises (10 % du PIB) et devraient augmenter de 5 % par an.

Facteurs négatifs

Le pays reste vulnérable aux chocs en raison de sa taille et de sa dépendance excessive au tourisme et à l’agriculture pluviale de subsistance. Les pénuries d’énergie constituent un problème majeur. L’accès insuffisant à l’électricité (47 % au niveau national) fait de son coût l’un des plus élevés de l’Afrique subsaharienne (0,26 dollar EU/kWh). Les rapides changements démographiques alimentent une urbanisation intense. Le taux de pauvreté est resté pratiquement inchangé entre 2010 (48,1 %) et 2015 (48,6 %), mais le
nombre de pauvres a augmenté de 790 000 à 930 000. La part élevée du chômage des jeunes dans le chômage total (environ 70 %) pousse ceux-ci à chercher d’autres moyens de subsistance, notamment l’émigration irrégulière et des emplois indécents.

You are currently offline. Some pages or content may fail to load.