Vous êtes ici

Ghana Economic Outlook

Performances macroéconomiques et perspectives

L’économie du Ghana a poursuivi son expansion en 2019 avec une croissance du produit intérieur brut (PIB) estimée à 7,1 %. Depuis 2017, un fort élan de croissance a continuellement placé le Ghana parmi les dix pays africains à la croissance économique la plus rapide. Les progrès dans l’environnement macroéconomique ont été accompagnés d’une expansion de la demande nationale due à une augmentation de la consommation privée. Le secteur industriel, avec une croissance annuelle moyenne supérieure à 10 %, a été un facteur essentiel de croissance dans les trois années qui ont précédé 2019.

L’agriculture sera à nouveau le second secteur avec la plus forte croissance, tandis que le processus d’assainissement du secteur financier commencé en 2017 a temporairement ralenti la croissance des services. En 2019, le Ghana a maintenu son déficit modéré de la balance courante et fiscale, une inflation sous la barre des 10 % et un taux de change relativement stable. Le déficit fiscal s’est un peu amélioré, passant de 3,5 % du PIB en 2018 à 3,4 % en 2019. Néanmoins le déficit de la balance courante est passé de 3,1 % à 3,5 % du PIB avec les flux nets du compte de revenu l’emportant sur les gains de la balance commerciale.

Une baisse régulière de l’inflation non alimentaire et une politique monétaire stricte ont permis de maintenir l’inflation dans la limite de l’objectif à moyen terme de 8±2 %. Le taux de change entre le cédi ghanéen et le dollar américain est resté stable, avec une certaine volatilité qui reflète les variations de la demande saisonnière liée aux importations.

Une dette publique croissante et le déficit des recettes intérieures constituent un obstacle à des progrès macroéconomiques. En septembre 2019, le rapport dette/PIB a augmenté de 3,2 points en glissement annuel, principalement en raison de l’émission de trois milliards de dollars en euro-obligations et emprunt nationaux, dont deux milliards de dollars pour un plan de sauvetage du secteur financier. Malgré la faible mobilisation des ressources nationales et le coût élevé des réformes des secteurs financiers et de l’énergie, le gouvernement reste engagé à ce que le déficit ne dépasse pas la limite des 5 % du PIB, comme l’exige le nouveau « Fiscal Responsibility Act » (loi sur la responsabilité fiscale).

Facteurs favorables et défavorables

Les perspectives de croissance restent positives, avec une augmentation de la production et des prix internationaux stables pour les produits primaires d’exportation du pays. Des initiatives nationales ont été engagées pour augmenter la productivité et la production dans les secteurs primaires clés et dans les chaînes de valeur. Le Programme d’industrialisation en 10 points a pour but d’augmenter la production à travers la coordination des investissements publics et privés. Les programmes visant à augmenter la productivité agricole incluent notamment « Planting for Food and Jobs », « Rearing for Food and Jobs », et « Planting for Export and Rural Development ».

Le secteur industriel naissant permettra de renforcer les bases de la croissance avec une emphase sur une industrialisation basée sur l’agriculture. Les produits exportés sont majoritairement non transformés, et les produits alimentaires représentent plus de 18 % des importations, soit dans les deux cas une occasion d’apporter localement une valeur ajoutée. Les investissements directs étrangers (IDE ) et investissements de portefeuille apportent un capital à peu de frais pour les chaînes de valeur émergentes.

En tant que premier bénéficiaire d’IDE en Afrique de l’Ouest, le Ghana a reçu plus d’un tiers des flux d’investissement de la région en 2018, reflétant les compétences locales émergentes du pays. Le nouveau programme de réforme de la réglementation commerciale du gouvernement devrait améliorer l’environnement des affaires et mobiliser les revenus intérieurs. L’investissement numérique, surtout dans le secteur financier, permettra un gain en efficience. Avec l’Accord de libre-échange continental africain, l’industrie ghanéenne traitera une quantité grandissante de matières premières issues de la région, augmentera sa production et pourra faire commerce des produits transformés et des produits de l’industrie légère. Malgré le « Fiscal Responsibility Act », la perspective des élections pourrait pousser le gouvernement à augmenter ses dépenses et diminuer les taxes, ce qui pourrait mettre en péril les progrès vers la consolidation fiscale.

Le passif grandissant du secteur de l’énergie, dû à une capacité installée excessive résultant des contrats d’achat ferme conclus avec des producteurs d’énergie indépendants, ainsi que l’assainissement en cours du secteur financier sont susceptibles de faire passer le rapport dette/PIB au-dessus des 60,6 % actuels. L’accroissement de la contribution étrangère à la dette du Ghana expose le pays aux fluctuations des marchés mondiaux et aux risques du marché des changes, avec un taux de participation étranger à la dette nationale de plus d’un tiers.