Perspectives économiques au Ghana

  • On estime que la croissance du PIB réel a ralenti pour la cinquième année consécutive, notamment en raison du resserrement des politiques monétaire et budgétaire, mais elle devrait rebondir en 2017 et 2018 à la faveur d’une embellie de l’économie non pétrolière et de l’entrée en production de nouveaux puits de pétrole. 
  • Les élections de décembre 2016 ont installé au pouvoir le principal parti d’opposition, ce qui devrait se traduire par certains changements dans l’orientation des politiques, avec l’introduction notamment de mesures visant à stimuler le développement du secteur privé. 
  • Bien que l’industrie constitue le deuxième plus gros contributeur au PIB du Ghana, il serait possible d’accroître ses performances en ciblant mieux les politiques et programmes  l’aide à ce secteur, ainsi qu’en donnant la priorité à des mesures destinées à améliorer l’accès au financement et à s’attaquer aux problèmes de compétences et d’infrastructures. 

On estime que la croissance du produit intérieur brut (PIB) a ralenti pour la cinquième année consécutive, de 3.9 % en 2015 à 3.3 % en 2016, en raison de la mise en oeuvre de politiques monétaire et budgétaire strictes dans le cadre du programme de Facilité élargie de crédit (FEC) du Fonds monétaire international (FMI), ainsi qu’à la suite de problèmes techniques liés à la production de pétrole. La croissance devrait se rétablir à 7.1 % en 2017 et 8.0 % en 2018 si les conditions suivantes sont remplies : rétablissement de l’approvisionnement en énergie, entrée en production de nouveaux puits de pétrole et résolution rapide des problèmes techniques qui ont perturbé la production du champ pétrolier et gazier de Jubilee en 2016. La croissance devrait être plus soutenue si les fondamentaux macroéconomiques s’améliorent et ont des retombées positives sur l’économie non pétrolière.

Les autorités ont mené à bien la quatrième revue de la FEC du FMI, malgré des retards dans la réalisation de certains de ses critères de performances. Néanmoins, selon les estimations provisoires, le déficit budgétaire du Ghana s’établirait à 8.7 % du PIB, au-delà de l’objectif fixé à 5.3 %. Cette régression du pays vis-à-vis de son programme d’ajustement budgétaire suscite un certain nombre de craintes. Pour 2017, les principales priorités politiques consisteront à s’assurer que le programme d’assainissement des finances publiques est sur la bonne voie, que les politiques et mesures de relance de l’investissement privé et de l’investissement direct étranger (IDE) sont bien adoptées, et que les problèmes d’approvisionnement et de gouvernance qui pèsent sur le secteur de l’énergie sont réglés au plus vite.

Les élections de décembre 2016 ont installé au pouvoir le parti principal d’opposition, le Nouveau parti patriotique, qui a remporté le scrutin présidentiel avec 53.9 % des suffrages, contre 44.4 % pour le Congrès démocratique national qui était au pouvoir. Cette passation de pouvoir, après l’unique mandat du parti sortant, semble s’écarter du modèle selon lequel une alternance se produit après deux mandats de quatre ans, ce qui a été le cas depuis le début de la IVe République en 1992.

La politique industrielle du Ghana date de 2011. L’année 2016 a vu le lancement d’une politique de promotion du « Made in Ghana ». Le budget 2017 du nouveau gouvernement comporte également un certain nombre de propositions et d’initiatives politiques, comme un accent plus appuyé sur le contenu local, un nouveau Programme national de redynamisation industrielle (National Industrial Revitalisation Programme) assorti d’un plan de relance de l’industrie, un Plan national pour l’entrepreneuriat et l’innovation (National Entrepreneurship and Innovation Plan – NEIP), et la proposition « One District, One Factory » (« Un district, une usine ») pour promouvoir une industrialisation à ancrage local. La mise en oeuvre de la politique industrielle de 2011 via le Programme d’appui au secteur industriel (Industrial Sector Support Programme – ISSP, 2011- 15) a souffert du manque durable de ressources du secteur public, du coût élevé du– crédit et de l’accès limité aux financements initiaux pour les entreprises, en plus des problèmes fonciers et énergétiques. Les propositions du nouveau programme ciblent bon nombre de ces problèmes. Par ailleurs, les exportations du Ghana restent à ce jour principalement constituées d’un faible nombre de produits de base très sensibles aux fluctuations des marchés mondiaux, tandis que la création de valeur ajoutée dans les secteurs minier et agricole restait soumise à diverses contraintes. On assiste néanmoins à l’émergence d’un entrepreneuriat dynamique dans le secteur des nouvelles technologies. Celui-ci pourrait profiter de la mise en oeuvre du NEIP, qui devrait constituer le principal instrument d’aide intégrée aux entreprises en phase de démarrage (start-ups et petites entreprises), en se focalisant sur les services d’appui aux entreprises, les pépinières d’entreprises et le financement des entreprises détenues par des jeunes. Les objectifs à moyen terme du gouvernement comprennent également le développement d’une éducation de qualité, de l’entrepreneuriat et des compétences professionnelles, ce qui mérite d’être salué.