Perspectives économiques au Ghana

Performance économique et perspectives

Entre 2011 (début de la production pétrolière) et 2016, la croissance économique du Ghana a chuté de 14 % à 3,5 %, son plus faible taux en deux décennies. Elle devrait se redresser à 6,3 % en 2017 grâce à une reprise dans les secteurs non pétroliers, à une baisse de l’inflation et à de nouveaux puits pétroliers et gaziers à Tweneboa, Enyenra, Ntomme et Sankofa. À moyen terme, elle devrait grimper à 8,5 % en 2018, pour s’établir à 6,2 % en 2019, avec la diminution des déficits budgétaire et du compte courant due à la baisse de l’inflation et des taux d’intérêt.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Pénalisée par une politique monétaire restrictive et une production pétrolière en baisse, la faible croissance économique a entraîné une diminution des recettes publiques en 2016. La situation devrait toutefois s’améliorer, avec un déficit budgétaire passant de 8,9 % du PIB en 2016 à 4,7 % en 2017. Une production accrue de pétrole et un contrôle strict des dépenses devraient dynamiser les recettes. Des améliorations de la perception des impôts et la baisse de l’inflation et des taux d’intérêt faciliteront l’activité économique. La mobilisation des recettes et des mesures d’efficacité resteront des facteurs clés de l’exécution du budget.
L’inflation a progressivement baissé d’une valeur maximale de 19,2 % en janvier 2016 à 12,2 % en septembre 2017. La Banque du Ghana a réduit son taux directeur de 25,5 % à  21 %, la quatrième baisse depuis novembre 2016. Par rapport à 2014 et 2015, les taux de change sont restés stables avec, en août 2017, une dépréciation annuelle cumulée de 4,7 % par rapport au dollar EU. Le risque de surendettement est élevé, avec un ratio dette/PIB passé de 73,3 % en décembre 2016 à 68 % en juin 2017. La soutenabilité de la dette demeure une priorité du programme d’assainissement budgétaire de l’État.

Facteurs positifs

Le transfert sans heurt du pouvoir politique après les élections de 2016 a renforcé la légitimité démocratique du Ghana. La promotion d’une croissance menée par le secteur privé constitue un tremplin essentiel pour la relance des secteurs non pétroliers et la création de liaisons pour stimuler le secteur manufacturier. Pour améliorer la productivité, il est indispensable de restaurer et maintenir un environnement fiscal et macroéconomique durable et de développer un environnement propice aux affaires, tout en renforçant l’accès  à l’électricité et en garantissant la viabilité financière du secteur de l’énergie. La résolution des problèmes de production du puits pétrolier Jubilee, et la décision juridique historique prise en 2017 par le Tribunal international du droit de la mer en faveur du Ghana sur le différend frontalier avec la Côte d’Ivoire ouvrent la voie à de nouvelles explorations pétrolières et gazières et à de nouveaux investissements pétroliers.

Facteurs négatifs

L’important dépassement budgétaire de 2016 impose d’élargir l’assiette fiscale, relativement faible avec un ratio impôts/PIB d’environ 16 %. La mobilisation des recettes reste essentielle pour réaliser les plans du pays pour assainir durablement le budget, tout en assurant la soutenabilité de la dette et le financement des objectifs de développement. Assurer la viabilité financière des entreprises publiques énergétiques est crucial pour la santé financière du secteur tant de l’énergie que bancaire, où les prêts non productifs ont grimpé à 21,2 % en juin 2017. L’augmentation du capital minimum requis pour les banques commerciales, rurales et communautaires ouvre la voie à la consolidation et à l’amélioration de la santé du secteur bancaire. La Banque du Ghana a pris des mesures pour rétablir la stabilité du secteur, en demandant un plan de recapitalisation aux banques manquant de capital, en plus de la mise en œuvre d’exigences de garanties et de l’élaboration d’un plan d’aide d’urgence en cas de crise de liquidité.