Perspectives économiques en Guinée

  • En 2016, l’économie guinéenne a enregistré une croissance de 4.9 %. Ce rebond, impulsé par l’apaisement politique et la bonne tenue des secteurs minier et agricole, intervient après deux années de faible croissance (1.1 % en 2014 et 0.1 % en 2015) principalement dues au virus Ebola. 
  • Le défi de la cohésion sociale et de la réduction des inégalités reste prégnant, face à une pauvreté endémique, encore plus marquée dans les zones rurales. 
  • La transcription en progrès économique et social de la vision des autorités pour la transformation du pays est entravée par un déficit systémique de capacités de l’administration et une mise en oeuvre fragmentée et faiblement coordonnée des décisions et actions. 

En 2016, la fin de l’épidémie Ebola a mis un terme à l’isolement du pays et élargi les opportunités d’exportation. Dans ce contexte, l’accord politique qui a sanctionné les concertations nationales d’octobre 2016 a permis d’apaiser le climat. Le programme macroéconomique conclu en 2012, soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) du Fonds monétaire international (FMI) et l’appui des autres partenaires, a enregistré une conclusion satisfaisante. Pour la première fois de son histoire, le pays a pu conclure un programme avec le FMI.

Le ralentissement de l’activité qui a marqué les trois années précédentes s’est infléchi. En 2016, la croissance a été de 4.9 %, contre 0.1 % en 2015. Le Plan national de développement économique et social (PNDES) 2016-20 met l’accent sur une vision axée sur la gouvernance, la transformation économique, le développement du capital humain et la gestion durable des ressources. Les projections du PNDES estiment la croissance médiane de la période 2016-20 à 6.5 %. Cette évolution sera impulsée par la relance du secteur secondaire (23.6 % du PIB) à travers un regain d’activité dans le sous-secteur minier (12.3 %).

Les réformes se sont poursuivies, à un rythme plus ralenti en raison de l’effort humain et financier pour lutter contre Ebola. Plus spécifiquement, l’on peut noter des documents fondamentaux que sont la Loi organique relative aux Lois de finances (LORF), et ceux régissant la gouvernance financière et celle des entreprises publiques et du cadre réglementaire des projets de partenariats public-privé (PPP). Par ailleurs, les conclusions de l’audit des marchés publics, une fois publiées, ont confirmé les mauvaises pratiques en matière de dépenses d’investissement en 2014 et 2016 dans les secteurs des infrastructures (routes, énergie etc.). En effet, moins de 14 % des marchés publics ont suivi les règles qui les régissent. Un regard plus attentif et rigoureux sur les dépenses en 2016 ainsi que le renforcement des procédures des marchés publics ont contribué à assainir les dépenses dans les infrastructures.

Le PNDES place au coeur des discussions politiques l’insuffisance et la dégradation des infrastructures, ainsi que leur financement. Le gouvernement sollicite ses partenaires en vue d’accroître leurs financements concessionnels dans les infrastructures. Cependant, les montants susceptibles d’être mobilisés restent limités. Aussi les autorités visent-elles à intensifier la mobilisation des ressources domestiques, tout en ayant recours à plus d’endettement non concessionnel. Un accord général se dégage toutefois sur la nécessité d’éviter la spirale du surendettement. Le gouvernement envisage, avant la tenue au cours du dernier trimestre 2017 d’un groupe consultatif pour le financement du PNDES 2016-20, de négocier et conclure un nouveau programme soutenu par le FMI et les autres partenaires, qui comprenne plus d’endettement non concessionnel pour financer l’ambitieux programme d’infrastructures du PNDES.