Perspectives économiques en Guinée

Performance économique et perspectives

Les réformes, les investissements dans les mines, l’agriculture, les infrastructures, ainsi que la fin de la crise Ebola ont permis une reprise des activités économiques en 2016. Le PIB réel a crû de 6,6 % en 2016 grâce à la bonne performance des secteurs agricole (+5,8 %), minier (+33.5 %) et énergétique (+34 %). La croissance du PIB réel est estimée à 6,4 % en 2017 et projetée à 6,2 % en moyenne sur 2018–2019. Elle devrait continuer d’être portée par la bonne performance des secteurs miniers, agricoles, et de la construction.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Une gestion monétaire prudente devrait maintenir l’inflation à 8,4 % en 2017 et 2018, mais celle-ci devrait grimper à 10,6 % en 2019, suite à la hausse du prix des importations, notamment des produits pétroliers. Grâce aux efforts déployés, le solde budgétaire était excédentaire à 0,3 % du PIB en 2016. Estimé à 0,4 % du PIB pour 2017, le déficit budgétaire devrait se creuser à 1,6 % en 2018 et 1,8 % en 2019 en raison des réformes destinées à élargir l’espace budgétaire et à rationaliser la passation des marchés publics. Le déficit du compte courant devrait grimper de 34,2 % du PIB en 2016 à 43 %  en moyenne sur 2017–2019, en raison des importations liées aux projets miniers et d’infrastructures énergétiques et de transport. Les efforts de rapatriement des recettes des exportations ont contribué à étendre les réserves de change de 1,7 mois en 2015 à 2,2 mois d’importations en 2016, avec 2,5 mois estimés pour 2017–2019. L’endettement extérieur reste maîtrisé à 21 % du PIB en 2016 et ne devrait pas dépasser 50 % en 2017–2019, malgré les emprunts non concessionnels envisagés pour financer les infrastructures.

Facteurs positifs

À côté de ses riches ressources naturelles, le pays a amorcé une dynamique positive de réforme portée par la Vision Guinée 2040 et le Plan national de développement économique et social (PNDES 2016–2020). Les relations avec les partenaires traditionnels sont approfondies, et une politique plus active est menée envers les acteurs non traditionnels. La gestion budgétaire est améliorée et l’endettement non concessionnel activement recherché pour les projets d’infrastructure, avec un meilleur appui-conseil et une structuration pour maintenir la dette en deçà de 50 %. Les prêts sont adossés aux revenus de l’exploitation des mines plutôt qu’à la valeur des mines elles-mêmes. En novembre 2016, l’État a obtenu plus de 20 milliards de dollars EU en promesses de financements publics et privés au titre de son Plan national de développement économique et social. Les investissements prévus seront utilisés pour les projets achevés et en cours.

Facteurs négatifs

En plus du déficit d’infrastructures, les défis sont principalement institutionnels, liés à la gouvernance, en particulier dans l’administration. L’un des plus importants est l’application coordonnée des décisions de mise en œuvre de la vision et des politiques par les institutions responsables, et l’imposition de sanctions à ceux qui en ralentissent l’exécution. La recherche de rentes, qui nourrit la corruption, constitue un frein notable à la mise en œuvre continue et durable des politiques et mesures. La faiblesse des salaires de l’administration, en décalage avec le coût de la vie et certaines pratiques sociales, met en évidence la question cruciale de la masse salariale dans la réforme de l’administration. Combinée à la faiblesse des allocations budgétaires aux structures responsables de la mise en œuvre de la vision et des politiques, cette situation affaiblit la capacité d’élaboration et de mise en œuvre des projets ainsi que d’absorption des ressources dans les délais impartis. La performance du secteur de l’agriculture est très inférieure à son rôle potentiel de moteur de la création d’emplois et de la croissance économique.