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Perspectives économiques au Libéria

Performances macroéconomiques et perspectives

L’économie du Libéria s’est trouvée dans l’incertitude au cours de ces deux dernières années à la suite du déclin de ses exportations minières, de la hausse de l’inflation et de la dépréciation de sa monnaie. La croissance du PIB réel, après avoir décliné jusqu’à 0,4 % en 2019, devrait atteindre 1,6 % en 2020, soutenue par le secteur minier, l’exploitation forestière et l’agriculture. Les exportations d’or, la production commerciale d’huile de palme, de même que les investissements dans le cacao et dans la pêche ont augmenté.

La stabilité macroéconomique devrait progresser en 2020 avec l’implémentation d’un programme soutenu par le FMI pour l’amélioration des politiques fiscales et monétaires et pour remédier aux rigidités structurelles et créer un contexte favorable à l’investissement privé. Le Libéria se remet de la crise Ebola qui l’a frappé entre 2014 et 2016 et qui a fait plonger l’économie en récession, avec un PIB réel qui s’est contracté de 1,6 % en 2016 en raison des fuites de capitaux et d’une chute de l’investissement privé.

La croissance du PIB réel est remontée à 2,5 % en 2017, largement soutenue par le secteur minier (or et minerai de fer), l’exploitation forestière et l’agriculture tandis que l’activité économique a repris. Mais les entrées de devises ont baissé en 2018, provoquant une dépréciation du dollar libérien de près de 26 % et une forte hausse du taux d’inflation, qui a atteint 23,5 % en 2018. Elle est restée élevée en 2019, avec un taux de 21,7 %.

Facteurs favorables et défavorables

Traditionnellement, le Libéria s’appuie sur l’exploitation forestière (caoutchouc et bois) et sur le secteur minier (or, diamants et minerai de fer) comme principales sources de revenus. Le secteur minier à lui seul emploie plus de 100 000 personnes et a encore du potentiel pour générer des revenus et contribuer à faire baisser le chômage, estimé à 25 %. L’agriculture emploie environ 70 % de la population, surtout des jeunes et des femmes.

Avec ses surfaces considérables de terres arables, le Libéria a la capacité de diversifier ses cultures, améliorer les filières commerciales et de faire développer par le secteur privé des chaînes de valeur agricoles. Cela permettrait de soutenir la création d’emplois, créer de nouvelles sources de revenus et réduire les importations de produits alimentaires. Le gouvernement travaille à remédier aux déficits d’infrastructures dans les transports et l’énergie et tente de créer un environnement favorable aux affaires. Un nouveau plan national, le Pro-Poor Agenda for Prosperity and Development 2018–2023, a établi comme prioritaires le renforcement des infrastructures et la création d’emplois.

À moyen terme, le programme de développement du Libéria est axé sur l’intégration régionale, l’investissement privé et le commerce dans les pays de l’Union du fleuve Mano (Côte D’Ivoire, Guinée, Libéria et Sierra Leone). Le Libéria modernise son agriculture pour accroître la productivité et réduire les importations de produits alimentaires de base, principalement le riz. Une nouvelle loi régit l’établissement, le développement et le fonctionnement de zones économiques spéciales.

Le gouvernement a pris des mesures pour circonscrire l’emprunt extérieur aux prêts concessionnels de ses bailleurs habituels et s’est engagé à mettre fin aux emprunts intérieurs pour éviter l’éviction des investissements privés. La population du Libéria est estimée à 4,8 millions, 71,0 % des habitants ont moins de 35 ans et près de la moitié a moins de 15 ans. Mais le faible niveau d’éducation et de compétences professionnelles empêche le Libéria de réaliser un dividende démographique et d’augmenter l’épargne.

Les capacités humaines et institutionnelles sont inadéquates pour faire de la transformation des ressources naturelles une source de prospérité. Les déficits dans le transport et l’énergie freinent les investissements privés dans les mines, l’industrie, les services et l’agroalimentaire. La dépendance excessive envers les importations, y compris des produits alimentaires de base, n’est pas viable, et la diversification vers des exportations à forte valeur est essentielle. La faiblesse des investissements privés et une base de taxation trop étroite limitent les revenus fiscaux, accroissant la dépendance envers des prêts extérieurs au coût élevé, dans un contexte d’aide réduite et de politique monétaire accommodante. La dette publique du Libéria est modérée, à environ 37,9 % du PIB, avec une dette extérieure estimée à 33,5 % du PIB.