Perspectives économiques au Libéria

  • Les faibles prix des produits de base continuent de peser sur l’économie du Libéria, qui s’est contractée de 0.5 % selon les estimations en 2016. La croissance économique devrait se renforcer à moyen terme et se situer autour de 4.0 % en 2017.
  • Le gouvernement sera confronté à une tâche difficile : il devra rester concentré sur les priorités de développement pendant une année électorale, tout en composant avec une faible croissance qui pèse sur les recettes, une capacité d’emprunt limitée et des pressions accrues sur les dépenses liées à la sécurité et aux élections. 
  • Le gouvernement poursuit un certain nombre de mesures pour diversifier l’économie, accroître la productivité et l’entrepreneuriat, et promouvoir la création de valeur ajoutée et l’investissement dans le secteur agricole. 

Le Libéria est toujours aux prises avec une baisse des prix des produits de base qui s’est traduite par une croissance voisine de zéro pour la troisième année consécutive en 2016. D’après les estimations, l’économie s’est contractée de 0.5 % en 2016. En prévision d’une croissance modérée pour les prochaines années dans les secteurs du minerai de fer et du caoutchouc, les pouvoirs publics cherchent à diversifier l’économie en augmentant la productivité dans le secteur agricole. On peut tabler sur une reprise de la croissance autour de 4.0 % en 2017, essentiellement grâce à une augmentation de la production d’or et de minerai de fer, à des projets d’investissement et à une expansion de l’agriculture. À moyen terme, la croissance devrait néanmoins rester inférieure aux niveaux des années précédentes.

Déjà mise à mal par la faible croissance, la politique budgétaire est en plus confrontée à l’augmentation des dépenses liées aux élections et à la sécurité. Avec le retrait de la force de maintien de la paix des Nations Unies, le gouvernement assume désormais l’entière responsabilité de la sécurité. Cette situation pourrait accroître l’incertitude, d’autant que les élections auront lieu en octobre 2017. Compte tenu de la faible croissance des recettes publiques et du resserrement des possibilités d’emprunt, la tâche du gouvernement est délicate puisqu’il devra, en pleine période électorale, concilier les dépenses et les emprunts avec les priorités de développement. Il est également crucial que le rythme des réformes de la gestion des finances publiques soit maintenu après les élections.

Les investissements dans la production d’énergie et l’accès à l’électricité aboutissent peu à peu et ces mises en service devraient progressivement lever l’une des grandes contraintes qui pèsent sur l’environnement des affaires. Pour pérenniser ces efforts et obtenir d’autres améliorations, il sera toutefois essentiel de renforcer les capacités dans le secteur de l’énergie. Par ailleurs, plusieurs couloirs de transport majeurs ont été créés. Malgré ces progrès, le pays reste à la traîne dans les classements internationaux relatifs à l’environnement des affaires, qui continue de freiner sa compétitivité, sa productivité et sa croissance. Le gouvernement s’est attelé à améliorer cet environnement, à attirer les investisseurs et à promouvoir la création de valeur ajoutée dans des chaînes de valeur clés de l’agriculture. Il devra intensifier ses efforts pour accroître les revenus et réduire le taux de pauvreté du Libéria, qui s’établit à 54 %.