Perspectives économiques au Libéria

Performances macroéconomiques

La croissance du PIB réel a rebondi pour s’établir à 3,2 % en 2018 contre 2,5 % en 2017, principalement grâce aux activités minières et manufacturières. L’agriculture, la sylviculture et la pêche dominent l’économie, contribuant à 70,3 % du PIB en 2017.

Une augmentation modérée des revenus, combinée à une diminution des dépenses, a permis de ramener le déficit budgétaire à –3,9 % en 2018, contre –7,9 % du PIB en 2017. Le risque de surendettement du Libéria est modéré. La dette publique totale s’élève à 41,3 % du PIB en 2017. La partie extérieure de la dette s’élève à environ 69,6 % (soit 29 % du PIB).

En 2017, le dollar libérien se déprécie de 24,5 % par rapport au dollar américain et de 27 % à la fin juin 2018. La dépréciation est due à la détérioration des termes de l’échange et à la forte demande en devises étrangères pour les importations. Néanmoins, l’inflation est estimée à 11,7 % en 2018, soit légèrement inférieure à 2017, en partie à cause de la forte dollarisation (environ 70 % de la masse monétaire).

Le déficit de la balance courante s’est légèrement amélioré pour atteindre 22,4 % en 2018 contre 22,7 % en 2017, grâce à une augmentation des exportations due à la production d’or et à une légère reprise du prix des produits de base. Les réserves de change brutes ont légèrement augmenté, passant de 3,0 mois d’importations en 2017 à 3,6 mois à la fin de juin 2018.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

Les perspectives économiques sont positives, la croissance du PIB réel devrait passer à 4,7 % en 2019 et à 4,8 % en 2020, soutenue par une croissance modeste de l’agriculture, de la pêche et des services. L’inflation devrait encore diminuer pour s’établir à 10,5 % en 2019 et à 9,5 % en 2020, en raison d’un taux de change stable, de politiques monétaires et budgétaires prudentes et d’une augmentation modérée de la production alimentaire nationale. Le déficit de la balance courante devrait rester légèrement supérieur à 22 % en 2019 et en 2020.

Cependant, les perspectives positives pourraient être éclipsées par le risque de surendettement. En effet, le risque peut passer de modéré à élevé si les emprunts destinés à de nécessaires investissements publics augmentent alors que la production des principaux secteurs d’exportation diminue. La diminution des flux d’aide (après l’épidémie du virus Ebola de 2014-2016) et l’achèvement de la mission de maintien de la paix des Nations Unies au Libéria en 2018 pourraient avoir une incidence fâcheuse sur les perspectives économiques. La pénurie de devises étrangères pourrait entraver le secteur bancaire fortement dollarisé. La dépendance vis-à-vis des exportations de produits de base (or et minerai de fer) et les importations de denrées alimentaires et de carburant rendent l’économie extrêmement vulnérable aux chocs externes. Plus spécifiquement, les tensions commerciales récentes pourraient entraîner un ralentissement des économies avancées ou de celle de la Chine et ainsi réduire la demande d’exportations de produits de base en provenance du Libéria.

Le déficit en infrastructures, notamment dans le secteur des transports (les routes), de l’énergie, de l’eau et de l’assainissement, freine le développement. Par exemple, le pays compte environ 12 000 kilomètres de routes, dont 7 % seulement sont goudronnées. Diverses réformes structurelles sont mises en oeuvre en vue d’un développement accéléré, inclusif et durable. L’expansion et l’amélioration du réseau routier sont prioritaires, avec notamment un plan visant le goudronnage d’au moins 650 kilomètres de routes principales au cours des cinq prochaines années. L’accès accru à l’énergie, l’eau et l’assainissement à un prix abordable est également une priorité. Le développement des infrastructures, fondé sur la création de zones économiques spéciales, est essentiel pour l’industrialisation. En outre, le développement des compétences des jeunes renforcera leurs perspectives d’emploi.

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