Les Assemblées annuelles 2019 du Groupe de la Banque africaine de développement se tiendront du 11 au 14 juin 2019 à Malabo, en République de Guinée équatoriale. En savoir plus

Perspectives économiques au Mali

Performances macroéconomiques

La forte croissance de l’économie se poursuit, avec une croissance du PIB réel estimée à 5,0 % en 2018, en légère baisse par rapport aux 5,3 % enregistrés en 2017, portée principalement par l’agriculture (le coton en particulier) et les services (activités financières et commerce). Concernant la demande, la consommation des ménages est le principal moteur. Le déficit budgétaire a été réduit, passant de 2,9 % du PIB en 2017, à un taux estimé de 2,5 % en 2018. La dette publique s’élevait à 35,9 % du PIB en 2018, en légère hausse par rapport au taux de 35,6 % enregistré en 2017, mais la dette extérieure a légèrement baissé à 24,1 % du PIB. Le Mali reste confronté à un risque modéré de surendettement. L’inflation a ralenti pour s’établir à un taux estimé à 1,7 % en 2018, grâce à la baisse des prix des denrées alimentaires et des produits pétroliers importés. Concernant le secteur extérieur, le déficit de la balance courante s’est légèrement creusé, passant de 6,0 % en 2017 à un taux estimé de 6,5 % en 2018, la croissance des importations (9,3 %) dépassant celle des exportations (7,2 %).

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

La croissance du PIB réel devrait ralentir en 2019 pour s’établir à 4,7 % et s’y maintenir en 2020. L’inflation devrait être de l’ordre de 1,7 % en 2019 et 1,8 % en 2020. Grâce à l’assainissement, le déficit budgétaire devrait se réduire progressivement, passant d’environ 2,4 % du PIB en 2019 à 1,5 % en 2020. Le déficit de la balance courante devrait rester supérieur à 6 % jusqu’en 2020.

Le Mali a commencé à mobiliser davantage de recettes et à accroître l’efficacité et la qualité des dépenses publiques, afin de créer la marge de manoeuvre budgétaire nécessaire à l’investissement public. Il rationalise les exonérations fiscales, améliore l’efficacité du régime fiscal minier, et renforce l’administration et l’efficacité du recouvrement de la taxe sur la valeur ajoutée. En outre, le gouvernement a mis en place un cadre de consultation pour faciliter la mise en oeuvre de l’accord de paix de 2015.

Les autorités ont commencé à appliquer une loi contre l’enrichissement illicite, notamment en exigeant des hauts fonctionnaires qu’ils déclarent leurs avoirs. Dans le secteur de l’énergie, les réformes ont cherché à renforcer les finances d’Électricité du Mali (EDM), une entreprise publique, pour atténuer les risques budgétaires connexes et libérer les ressources pour les investissements et les dépenses dans d’autres domaines.

Le Mali a ratifié tous les accords sur la libre circulation des personnes et des travailleurs au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Aucune mesure ne limite la circulation des personnes ou le droit d’établissement en tant que travailleur indépendant ; ainsi les ressortissants de la CEDEAO n’ont pas besoin de permis de séjour et peuvent s’installer librement au Mali pour travailler ou pour exercer une profession libérale. Toutefois, dans la pratique, ces droits sont bafoués par des obstacles non officiels à la frontière, où de multiples points de contrôle de différents types entraînent des coûts de transaction élevés.

Les perspectives économiques pourraient être compromises par plusieurs facteurs, notamment les conditions de sécurité liées aux retards dans la mise en oeuvre de l’Accord de Paix et de Réconciliation et aux chocs exogènes tels que la variabilité climatique, la volatilité des cours de l’or et du coton et les fluctuations du taux de change euro/ dollar. La recapitalisation de certaines banques commerciales a contribué à la stabilité du secteur bancaire, mais le ratio élevé des prêts non productifs (16,5 % en 2018) pourrait menacer le financement du secteur privé.

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