Perspectives économiques au Mali

Performance économique et perspectives

Entre 2014 et 2015, la croissance du PIB réel a atteint une moyenne de 6,5 %, avant de ralentir à 5,8 % en 2016. Ce déclin devrait se poursuivre jusqu’à 5,5 % en 2017 vraisemblablement en raison de la contreperformance du secteur primaire (38 % du PIB) causée par une mauvaise campagne agricole. À moyen terme, les perspectives économiques restent positives avec des taux de croissance du PIB réel projetés à 5 % pour 2018 et 4,9 % pour 2019. L’économie reste toutefois confrontée à un risque de baisse, notamment en raison de la fragilité de la situation sécuritaire.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Le déficit budgétaire s’est établi à 3,1 % du PIB en 2016 et est estimé à 3,5 % pour 2017. Les recettes fiscales en part du PIB devraient augmenter de 0,3 points de pourcentage grâce à la poursuite des efforts de modernisation des administrations fiscales et d’élargissement de l’assiette fiscale. L’inflation est estimée à 2 % en 2017 contre -1,8 % en 2016, moins que le seuil de 3 % fixé par l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Le déficit du compte courant est estimé à 7 % du PIB en 2017 contre 7,1 % en 2016, et devrait continuer à diminuer à 5,7 % en 2018, grâce à l’amélioration des termes de l’échange, qui devraient passer de -6,4 % en 2017 à -0,1 % en 2018. L’encours de la dette publique devrait légèrement augmenter à 31,8 % du PIB en 2017, en grande partie à cause de l’augmentation de la dette intérieure, de 7 % en 2015 à environ 15 % en 2017. La plus récente analyse de la soutenabilité de la dette (juillet 2017) indique un risque de surendettement modéré.

Facteurs positifs

La mobilisation des recettes fiscales, douanières et domaniales continue d’être au cœur des réformes des finances publiques visant à assurer au mieux le financement des besoins, sans cesse croissants, de développement du pays. Par ailleurs, le Gouvernement a fait de la décentralisation budgétaire une de ses priorités, en mettant un accent sur, d’une part, la mise en œuvre de projets structurants de développement régionaux dans le cadre des contrats plans État-région, soutenus par un transfert des compétences et ressources nécessaires et, d’autre part, une responsabilisation accrue des régions. Les transferts de ressources ont été de 22,9 % des recettes budgétaires en 2016 et sont estimés à 23,4 % pour 2017.

Facteurs négatifs

Malgré la reprise économique et les efforts de restauration progressive de la capacité de l’État à fournir les services sociaux de base, il demeure trois défis majeurs. Premièrement, l’amélioration durable de la situation sécuritaire reste un grave problème, alors qu’elle est un facteur indispensable au développement. Deuxièmement, il est impératif pour le développement du secteur privé d’améliorer la gouvernance dans la gestion publique en mobilisant mieux les ressources destinées aux besoins croissants d’investissements ; en renforçant la qualité de la dépense publique et la répartition équitable des ressources entre les régions du pays et les secteurs prioritaires ; et en assurant la transparence dans la passation des marchés publics. Enfin, étant donné les contraintes imposées par la fragilité structurelle de l’économie et la forte croissance démographique (3,6 %), la réalisation d’une croissance économique forte et inclusive constitue également un défi.