Perspectives économiques au Niger

  • L’activité économique s’est redressée en 2016 avec un taux de croissance de 5.2 % contre 3.5 % en 2015, portée notamment par la production agricole ; pour 2017, une  consolidation de la croissance est attendue, avec un taux de 5.6 %. 
  • Les actions terroristes et les menaces sécuritaires provenant de pays voisins (Mali, Libye et Nigéria), la chute des cours internationaux du pétrole et de l’uranium, associées à une croissance lente de l’économie nigériane, continuent d’affecter la situation économique du Niger. 
  • L’entrepreneuriat au Niger s’exerce principalement dans le secteur informel ; quant à l’industrialisation, elle reste faible et confrontée à plusieurs défis, notamment des difficultés d’approvisionnement en électricité. 

La reprise de la croissance économique amorcée en 2016, avec un taux de croissance de 5.2 %, devrait se poursuivre en 2017 et 2018. La croissance devrait ainsi s’établir à 5.6 % en 2017 et 6.7 % en 2018. Cette évolution est essentiellement imputable à la bonne campagne agricole d’hivernage 2016 ainsi qu’au relèvement de la production pétrolière. La reprise aurait pu être plus robuste si l’économie du Nigéria voisin n’était pas entrée en récession à la fin du troisième trimestre de 2016. Les perspectives économiques sont également portées par la poursuite d’importants travaux d’infrastructures routières, par la reprise attendue du projet de mine d’uranium à ciel ouvert d’Imouraren, ainsi que par le début des travaux de construction de l’oléoduc pour l’exportation du pétrole brut. Ces perspectives sont toutefois soumises à des risques liés aux chocs climatiques, aux chocs sur les prix du pétrole, à de possibles retards dans le projet de construction de l’oléoduc ainsi qu’aux tensions sécuritaires. L’agriculture continue d’être le principal moteur de la croissance du pays, en dépit des aléas climatiques qui induisent une forte vulnérabilité de l’économie.

Les chocs sécuritaires et humanitaires liés à l’intensification des attaques de Boko Haram ont eu un impact négatif sur la gestion des finances publiques. Ces chocs pourraient affecter le rythme des réformes et la mise en oeuvre de programmes de développement importants pour le Niger, tels que prévus dans le Programme de développement économique et social (PDES) 2017-21. Ainsi, cette situation a eu des conséquences sur l’exécution du budget 2016, avec des moins-values de recettes et un dépassement des objectifs de dépenses, notamment au niveau de la masse salariale et des investissements au profit des forces de défense et de sécurité.

La prévalence de l’entrepreneuriat demeure très faible au Niger, en raison de l’importance du secteur informel. Toutefois, la tendance s’améliore grâce à une promotion de l’entrepreneuriat chez les jeunes. Cette promotion se fait via le Cadre stratégique national de promotion de l’entrepreneuriat au Niger (CSNPEN), et son impact reste encore limité. Quant à l’industrie, sa contribution au produit intérieur brut (PIB) se situe en moyenne à 15.1 % du PIB sur la période 2013-16. La promotion de l’industrialisation est limitée par de nombreux défis, notamment : i) l’absence, pendant longtemps, d’une politique de développement soutenue par une vision orientée vers la transformation ; et ii) la faiblesse de la production d’électricité. La promotion de l’entrepreneuriat et de l’industrialisation du Niger s’appuiera sur les secteurs pétrolier et minier, qui présentent chacun un fort potentiel. À titre illustratif, entre le troisième trimestre 2015 et le troisième trimestre 2016, l’indice de la production industrielle et minière a enregistré une hausse de 39.5 %, portée notamment par la production minière (+14.6 %) et manufacturière (+160.2 %).