Perspectives économiques au Niger

Performance économique et perspectives

La croissance de l’économie nigérienne est estimée à 5,2 % en 2017. Elle est soutenue par le secteur secondaire, notamment pétrolier, dont l’augmentation des activités est portée par la pleine capacité de production de la Société de raffinage de Zinder (SORAZ), une coentreprise entre la China National Petroleum Corporation, actionnaire à 60 %, et l’État nigérien détenteur de 40 %. La croissance est projetée à 5,4 % pour 2018 et 5,2 % pour 2019, sous l’effet des performances des secteurs pétrolier et agricole. Ce dernier devrait tirer profit de la bonne pluviométrie ainsi que de l’Initiative les Nigériens nourrissent les Nigériens (3N) promouvant les cultures irriguées et l’élevage.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Les dépenses de sécurité induites par la lutte contre Boko Haram et les djihadistes ont lourdement dégradé le déficit budgétaire en 2017, avec 7,4 % du PIB contre 5,9 % en 2016. Il devrait néanmoins diminuer en 2018 et 2019. Le risque de surendettement du pays reste modéré. La dette du Niger a toutefois fortement augmenté ces dernières années, avec un ratio dette publique/PIB passé de 33,7 % en 2014 à 51,1 % en 2017. Le rythme des dépenses d’investissement et la faiblesse de la marge budgétaire en sont la cause. En dépit de la stabilité des prix, qui représentait l’objectif prioritaire de la politique monétaire de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), celle-ci s’avère assez rigide. En particulier, malgré la faible inflation observée au Niger entre 2014 (-0,9 %) et septembre 2017 (1,8 %), la BCEAO n’a pas fondamentalement changé ses taux directeurs.

Facteurs positifs

En dépit d’un contexte sécuritaire tendu, la situation politique du Niger reste paisible. La démocratie y est solidement enracinée, après l’échec des tentatives de confiscation du pouvoir et l’organisation régulière des élections. Sur le plan des ressources, le relèvement des cours du pétrole et l’accroissement de la production pourraient atténuer la dégradation de la position extérieure du pays. Le potentiel pétrolier et gazier du Niger demeure important, avec deux grands bassins sédimentaires couvrant 90 % du territoire. En plus de l’uranium et de l’or, le pays devrait tirer profit de ses réserves de charbon pour résorber son important déficit énergétique : le seul site de Salkadamna, en cours de développement, pourrait produire environ 600 MW. Par ailleurs, la poursuite de l’Initiative 3N de promotion des cultures irriguées et de l’élevage constitue également un facteur positif pour la croissance.

Facteurs négatifs

Les menaces pour la sécurité, les aléas climatiques, la volatilité des cours de l’uranium et du pétrole sont les principaux risques susceptibles d’affecter les perspectives macroéconomiques en 2018–2019. Le conflit armé contre les groupes terroristes a généré d’importants flux de réfugiés sur le territoire national, y compris de déplacés intérieurs. Le Niger continue également de subir de plein fouet les conséquences des crises libyenne et malienne. Comme dans les autres pays du G5 Sahel, ce défi sécuritaire continuera de peser sur les perspectives socioéconomiques du pays, en particulier les finances publiques. À ces contraintes, il faut ajouter le taux de croissance démographique de 3,9 % et le taux de fécondité de 7,1 enfants par femme, tous deux parmi les plus élevés du monde. L’évolution de ces indicateurs constitue un réel défi pour, à la fois, la sécurité alimentaire, l’éducation, la santé et l’emploi. Il génère une demande sociale de loin supérieure à l’offre de biens et services sociaux.

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