Perspectives économiques au Nigéria

Performances macroéconomiques

L’importance croissante des services a soutenu la croissance de l’économie. Le secteur représente environ la moitié du PIB, les 10 % provenant du pétrole et les 22 % de l’agriculture. La croissance du PIB réel était estimée à 1,9 % en 2018, reflétant une reprise dans les services et l’industrie, en particulier les mines, les carrières et la fabrication. La reprise a bénéficié d’une plus grande disponibilité des devises étrangères. La croissance de l’agriculture a été morose, en partie à cause des affrontements entre agriculteurs et éleveurs, des inondations dans les régions clés de la ceinture moyenne et de l’insurrection continue dans le nord-est.

Sur le plan macroéconomique, le retard pris par le Parlement pour approuver le budget 2018 a affecté la mise en oeuvre et accru l’incertitude budgétaire en repoussant l’essentiel des dépenses au second semestre de l’année. Mais grâce aux recettes pétrolières, à une taxe sur la valeur ajoutée sur les produits de luxe et à une amnistie fiscale, le déficit budgétaire s’est réduit en 2018, financé principalement par la dette publique.

En juin 2018, l’encours de la dette publique s’élevait à 73,2 milliards de dollars, contre 71,0 milliards en 2017, soit 17,5 % du PIB. En dépit de cette augmentation, le risque de surendettement du Nigéria demeurait modéré. En novembre 2018, le gouvernement a émis des euro-obligations pour un montant de 2,9 milliards de dollars EU, reflétant sa nouvelle stratégie de gestion de la dette publique qui accorde la priorité à la dette extérieure pour atténuer les coûts de financement élevés des emprunts intérieurs. De plus des recettes pétrolières relativement bonnes ont permis de consolider l’excédent de la balance courante, estimé à 3,7 %, et d’améliorer les termes de l’échange d’environ 13 % pour la seule année 2018.

Le PIB réel devrait croître de 2,3 % en 2019 et de 2,4 % en 2020, à mesure que la mise en oeuvre du plan de relance et de croissance économique s’accélère. Toutefois, la chute des cours du pétrole à partir de fin 2018, conjuguée à la réduction de la production imposée par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, fait peser un risque à la baisse sur les perspectives économiques. L’approbation par le Parlement du « budget de continuité » de 8,83 billions de nairas en 2019 pourrait également être retardée en raison des élections présidentielles prévues en février 2019.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

Les perspectives dépendent du rythme de mise en oeuvre du Plan de relance et de croissance économique, qui ancre l’industrialisation du Nigéria en créant des grappes industrielles et des zones de transformation des cultures de base pour donner aux entreprises un avantage concurrentiel grâce à l’accès aux matières premières, à la maind’oeuvre qualifiée, aux technologies et aux matériaux.

Le programme de réforme du secteur de l’électricité, s’il est mis en oeuvre efficacement, pourrait attirer des investissements privés. Il vise une capacité opérationnelle de 10 GW d’ici 2020. Mais le Nigéria doit réorienter son budget fédéral, actuellement dominé par les dépenses récurrentes, vers davantage de dépenses d’investissement et l’accumulation de l’épargne pour soutenir les dépenses sociales.

Le gouvernement fédéral a fait des progrès sur le plan des réformes institutionnelles et de la gouvernance, y compris la mise en oeuvre du Système intégré de gestion financière et d’information et du Système intégré d’information sur le personnel et les salaires. L’adoption de la loi de 2017 sur les opérations garanties sur biens meubles a institutionnalisé et élargi la couverture des garanties pour stimuler les prêts aux petites et moyennes entreprises. Bien que le ratio de la dette au PIB du Nigéria soit relativement faible. La prudence financière reste nécessaire pour éviter un piège de la dette, en particulier si les taux d’intérêts mondiaux commencent à augmenter. Par conséquent, une contraction de la nouvelle dette extérieure devra équilibrer les besoins en dépenses avec la capacité d’améliorer la compétitivité de l’économie et de stimuler la croissance.

Le Nigéria représente près de 20 % du PIB continental et environ 75 % de l’économie ouest-africaine. Malgré cette domination, ses exportations vers le reste de l’Afrique sont estimées à 12,7 %, et seulement 3,7 % du commerce total est réalisé au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Le Nigéria n’a pas encore ratifié l’Accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine, dans l’attente des résultats de vastes consultations avec les capitaines d’industrie et d’autres pays.

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