Les Assemblées annuelles 2018 du Groupe de la Banque africaine de développement se tiendront du 21 au 25 mai 2018 à Busan, en Corée. En savoir plus

Perspectives économiques au Sénégal

Performance économique et perspectives

La croissance économique devrait grimper à 6,8 % en 2017 et 7 % en 2018, sous l’effet principal de la croissance des secteurs secondaire et tertiaire respectivement projetée à 7,4 % et 7 %. Du côté de la demande, elle est principalement portée par l’augmentation (de 8,9 % en 2017) de la formation brute de capital fixe. Le déficit budgétaire est projeté à 3 % en 2018 contre 3,7 % en 2017, et la balance courante à 5,2 % en 2018, en nette amélioration par rapport à 2015–2016 grâce à la bonne tenue des exportations, notamment du phosphate, de l’arachide et du zircon.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

En 2017, la politique budgétaire s’est appuyée sur l’amélioration de la collecte des recettes et la maitrise des dépenses courantes. Le taux d’inflation reste faible (1,7 % à la mi-2017) pour un plafond communautaire fixé à 3 %. La politique de change est basée sur un taux fixe avec le franc CFA, qui s’est apprécié en 2016 notamment par rapport au naira (de 52,1 %), à la livre sterling (de 20,4 %) et au franc guinéen (de 16,3 %). La dette publique devrait atteindre 62 % du PIB en 2017 contre 59,5 % en 2016. Malgré son accroissement notable (il n’était que de 19 % du PIB en 2006), l’endettement reste inférieur au plafond de 70 % fixé par l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Cette augmentation est imputable aux grands programmes d’infrastructure à fort impact à long terme mis en œuvre au cours des dernières années dans l’agriculture, le transport et les zones économiques spéciales. Selon le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, la dette était soutenable et faiblement vulnérable en 2016.

Facteurs positifs

Le Sénégal a fait des efforts en matière de services d’appui à la production, notamment l’énergie et le transport. Ces dernières années, il a pu profiter de la baisse des cours du pétrole. La production énergétique a connu une amélioration significative avec une augmentation de la puissance installée de 898 MW en 2015 à 1168 MW en 2016, résultant de la mise en service de nouvelles centrales. Le coût moyen de production a baissé de 62 francs CFA  en 2015 à 45 francs CFA en 2016 ; les délestages ont diminué ; et aucune subvention n’a été accordée à la SENELEC en 2016 et 2017. Grâce aux ressources mobilisées par l’État, des résultats satisfaisants ont été enregistrés dans la construction et/ou réhabilitation des infrastructures et services de transport. Les réformes et politiques mises en œuvre dans les technologies de l’information et de la communication en 2016 ont amené des évolutions significatives. Les activités de l’industrie minière se sont consolidées avec l’accroissement de la production de zircon de l’entreprise Grande Côte Opération (GCO) et de la production d’or de Sabodala Gold Opération.

Facteurs négatifs

Les risques pour les perspectives de croissance sont principalement liés aux lenteurs dans la mise en œuvre des réformes et aux chocs climatiques. S’y ajoute la sécurité dans la sous-région. Une forte hausse des prix du pétrole pourrait également imposer un retour des subventions à l’électricité. En matière de capital humain, malgré les investissements dans l’éducation et la formation, les résultats restent en retrait par rapport aux objectifs. Les principaux défis concernent l’amélioration de l’achèvement de l’école primaire, des résultats aux examens et du respect des heures de prestation des enseignants. Des mesures et actions dissuasives doivent être prises en matière de gestion des risques et des catastrophes. Concernant la gouvernance locale, des efforts doivent être consentis pour augmenter le Fonds de dotation et le Fonds d’équipement des collectivités locales, ainsi que pour poursuivre les réformes initiées en matière de fiscalité locale.