Les Assemblées annuelles 2019 du Groupe de la Banque africaine de développement se tiendront du 11 au 14 juin 2019 à Malabo, en République de Guinée équatoriale. En savoir plus

Perspectives économiques au Sénégal

Performances macroéconomiques

La croissance estimée du PIB réel reste forte à 7,0 % en 2018, légèrement inférieure aux 7,2 % de 2017, avec une croissance du secteur primaire de 7,8 %, grâce à l’agriculture et aux activités connexes. Le secteur secondaire enregistre une croissance de 6,9 %, due principalement aux sous-secteurs des industries extractives, de l’agroalimentaire et du bâtiment. La croissance du secteur tertiaire atteint 6,7 %, particulièrement grâce à la vente au détail. Du côté de la demande, la croissance est tirée par la formation brute de capital fixe (9,5 %), la consommation intermédiaire (7,7 %) et la consommation finale (6,7 %).

Le déficit budgétaire de –3,5 % du PIB en 2018, est supérieur aux 3 % de 2017, et financé principalement par l’émission d’euro-obligations. Le ratio de la dette extérieure totale au PIB était de 64,2 % en 2017 et de 62,9 % en 2018. Cependant, le risque de surendettement reste faible. L’inflation s’établit à 1,4 % en 2018, légèrement supérieure à celle de 2017, du fait d’une saison agricole favorable et d’une politique monétaire prudente. Le déficit de la balance courante passe de –7,3 % du PIB en 2017 à –6,9 % en 2018 grâce à l’accroissement des exportations de produits agricoles et halieutiques et la baisse des importations. Les termes de l’échange s’améliorent de 4,1 %.

La forte croissance enregistrée depuis 2015 devrait se poursuivre en 2019 et 2020 grâce à la poursuite des investissements publics dans le cadre du Plan Sénégal émergent. Les efforts de consolidation pourraient ramener le déficit budgétaire à moins de 3 % du PIB après 2020.

Cependant, ces projections sont incertaines, notamment en raison de la hausse des prix du pétrole. Toutefois, le Sénégal pourrait devenir un pays producteur de pétrole et de gaz d’ici 2021. Il existe d’autres risques comme l’accumulation d’arriérés internes, ce qui ralentirait les activités du secteur du bâtiment, et l’augmentation des dépenses courantes résultant des demandes sociales, caractéristiques d’une année électorale. Membre de l’UEMOA, le Sénégal jouit d’un environnement macroéconomique stable, mais il peut connaître une dégradation de la compétitivité à cause de son manque de flexibilité face aux chocs externes.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

Dans le cadre du Plan Sénégal émergent, les réformes du Programme de réformes de l’environnement des affaires et de la compétitivité ont été mises en oeuvre. Dans le secteur agricole, elles visent à la simplification des procédures fiscales et la suspension ou l’exonération de certaines taxes. Dans le secteur de l’énergie, en 6 ans, divers investissements et réformes ont doublé la capacité installée qui atteint 1 250 M W en 2018. Le plan de bouquet énergétique a augmenté la production et réduit le prix de l’électricité de 10 %. L’opérationnalisation des zones économiques et des projets industriels a fourni aux entreprises des installations conformes aux normes internationales. Cependant, pour optimiser ces réformes, les autorités devraient renforcer le régime foncier et adapter le système éducatif aux emplois futurs.

Sur le plan de l’intégration régionale, le Sénégal a été l’un des premiers à adopter et à mettre en oeuvre le tarif extérieur commun de l’UEMOA, à signer l’accord de la zone de libre-échange continentale en Afrique et à mettre en oeuvre des réformes de facilitation portuaire pour rendre le port de Dakar plus attrayant et plus sûr, en ratifiant et en mettant en oeuvre des réglementations régionales adaptées. Le Sénégal a également construit des routes et des ponts afin d’assurer des liaisons avec la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali et la Mauritanie. En 2017, les exportations du Sénégal vers les pays membres de la CEAO représentaient 39,5 % des exportations totales et celles à destination des pays membres de l’UEMOA (30,3 %). Pour les accroître et réduire les coûts de transaction liés à la circulation des personnes et des marchandises, les autorités devraient développer les infrastructures de transport, en particulier la ligne ferroviaire Dakar-Bamako.

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