Perspectives économiques en Sierra Leone

  • Sous l’effet des répercussions délétères de l’épidémie d’Ebola et de l’effondrement du cours du minerai de fer depuis 2014, l’économie de la Sierra Leone a reculé de 21.1 % en 2015.
  • Le pays a introduit des mesures d’austérité dans son budget 2017, et s’oriente manifestement vers un régime commercial plus restrictif, avec l’instauration de nouveaux droits de douane.
  • Lancée à la fin de 2016, la Stratégie nationale d’inclusion financière (2017-20) vise à remédier aux problèmes d’accès des PME au crédit.

Au cours de la période qui a suivi la guerre civile, la Sierra Leone a affiché des taux de croissance économique remarquables, qui ont culminé à 20.7 % en 2013 avec le lancement de son Programme pour la prospérité (Agenda for Prosperity, A4P) 2013-18. Cette croissance à deux chiffres persistante s’explique par la reprise de la production de minerai de fer, couplée à des investissements publics dans l’infrastructure, ainsi que par le dynamisme de l’agriculture, du tourisme et des services. Cette expansion impressionnante a toutefois subi un double choc : i) la chute sans précédent du cours international du minerai de fer à partir de la fin de 2013 ; et ii) la flambée de la maladie à virus Ebola (MVE) en 2014, deux facteurs qui ont entraîné une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 21.1 % en 2015. Le pays reste essentiellement une mono-économie souffrant de goulets d’étranglement côté offre et tributaire de quelques matières premières pour la production et l’exportation. Ces chocs ont amené les autorités nationales, en étroite concertation avec les donneurs et d’autres acteurs, à donner la priorité à des interventions stratégiques immédiates dans le cadre du Plan de relèvement après Ebola (Post-Ebola Recovery Plan, PERP), qui constitue un recentrage de l’A4P mis en place à la fin de 2015.

Avec un PIB réel qui devrait ressortir à 22 690 milliards SLL (Leone) en 2016 (projection du FMI à 4.289 milliards de dollars pour 2016), l’économie de la Sierra Leone occupe la
154e place mondiale et la 38e en Afrique, mais offre de grandes opportunités. Elle se remet du double choc qu’elle a subi, et la croissance du PIB réel est remontée à 4.3 % en 2016, après être tombée à -21.1 % en 2015. Ce rétablissement est dû, dans une large mesure, à la contribution de secteurs autres que celui du minerai de fer : agriculture, bâtiment et travaux publics (BTP), électricité et autres services. Même si le cours du minerai de fer s’est légèrement redressé, la reprise de l’extraction n’a encore qu’un effet limité.