Perspectives économiques au Togo

  • Le taux de croissance de l’économie est passé de 5.3 % en 2015 à 5 % en 2016 suite à une contraction des investissements publics et à la baisse du trafic portuaire. 
  • Le programme économique du Togo pour 2017-19 vise à baisser la dette publique de 76.0 %  du PIB en 2016 à 56.4 % à l’horizon 2021. 
  • Le gouvernement mobilise des financements pour un programme industriel (2016-18) qui a pour objectif la promotion de l’agro-industrie et la mise en place d’un fonds pour l’entrepreneuriat.

Le taux de croissance réel de l’économie a atteint 5.0 % en 2016 contre 5.3 % en 2015. Cette diminution de la croissance de 0.3 point en 2016 s’explique par la contraction des investissements publics et le détournement du trafic portuaire vers d’autres ports de la région en raison de la stricte application au Togo du règlement numéro 14 de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) sur le contrôle de la charge à l’essieu. En 2016, une bonne pluviométrie a permis à l’agriculture de contribuer à hauteur de 1.2 point à la croissance contre -1.5 point en 2015. Avec une participation négative de la production du phosphate (-0.3 point) et un faible apport de la production du clinker (0.2 point), l’apport de l’industrie extractive à la croissance a été peu significatif. Malgré plusieurs programmes visant à dynamiser l’entrepreneuriat, l’industrie manufacturière n’a contribué à la croissance du PIB qu’à hauteur de 0.2 point en 2016, inférieur à son niveau de 2015 de 0.7 point. La part de la branche bâtiment et travaux publics (BTP) de 0.5 point a aussi été inférieure aux performances antérieures de 2015 (0.8 point). Le secteur tertiaire n’a pas fait mieux avec 0.9 point, une contribution légèrement inférieure à celle de 2015 (1.1 point).

Dès 2017, le gouvernement du Togo compte intensifier les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) et engager des réformes au titre de la facilité élargie de crédit (FEC). Ces réformes devraient conduire à une consolidation de la croissance, projetée à 5.1 % en 2017. Le secteur primaire se porterait mieux avec une contribution à la croissance de 1.9 point en 2017 suivi du secteur tertiaire avec 1.7 point et en dernière position le secteur secondaire avec 0.9 point. Ainsi, la projection 2017 de la contribution au PIB des branches non marchandes est de -0.9 point contre 0.8 point pour la TVA et 0.7 point pour les droits de douane.

Après un cycle quinquennal 2012-16 marqué par d’importants investissements publics et une croissance soutenue, la dette publique du Togo, est passée de 48.6 % du PIB en 2011 à 76.0 % du PIB en 2016. Ce niveau d’endettement est au-dessus de la norme communautaire de l’UEMOA fixée à 70 % du PIB. Le programme (2017-19) envisagé au titre de la FEC avec le FMI vise à garantir la viabilité de la dette à long terme. Depuis janvier 2017, l’accord au titre de la FEC considère que l’État ne peut plus contracter de nouveaux emprunts non concessionnels sachant que les emprunts concessionnels sont encadrés. Avec cette nouvelle orientation budgétaire, la dette publique du Togo pourrait baisser de 76.0 % du PIB en 2016 à 56.4 % à l’horizon 2021.

La structure productive du Togo repose principalement sur l’agriculture. La population active est composée d’environ 51 % d’agriculteurs indépendants, 39 % de travailleurs indépendants dans le secteur non agricole et 10 % de salariés formels. Ces derniers représentent 88 000 emplois en 2016 répartis entre le secteur public (67 %) et le secteur privé (33 %). L’économie togolaise est faiblement représentée par le secteur industriel avec seulement 19.7 % du PIB dont 5.5 % pour les industries manufacturières en 2016. Les compétences fournies par l’enseignement supérieur profitent faiblement à l’entrepreneuriat.