Perspectives économiques au Togo

Performance économique et perspectives

La croissance économique est estimée à 4,5 % pour 2017 contre 5 % en 2016. Projetée à 5 % pour 2018, elle pourrait atteindre 5,3 % en 2019, à condition que les précipitations restent favorables. L’agriculture demeure le fondement de l’économie togolaise, avec une contribution de 1,7 point de pourcentage à la croissance en 2017. En 2018–2019, le secteur tertiaire devrait bénéficier de la capacité du port de Lomé étendue grâce à l’installation d’équipements modernes de transbordement. Une recrudescence des protestations politiques qui ralentissent l’activité économique depuis août 2017 pourrait entraîner une révision à la baisse de la croissance estimée pour 2017 et projetée pour 2018 et 2019.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

En 2015–2016, l’État s’est largement endetté pour financer l’investissement. La dette est passée de 73,3 % du PIB en 2015 à 79,2 % en 2016, dépassant le seuil de 70 % fixé par l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Elle est suivie dans le cadre de la Facilité élargie de crédit 2017–2019 (FEC) du Fonds monétaire international (FMI) afin d’être ramenée à 69,9 % en 2019. Pour ce faire, l’État s’est engagé dans une politique de diminution des investissements publics, qui devrait réduire le déficit budgétaire de 9,8 % en 2016 à 4,7 % du PIB en 2019. Le déficit du compte courant extérieur devrait s’améliorer de 9,7 % en 2016 à 6,8 % en 2019 grâce à la réduction des importations de l’État. L’inflation devrait avoisiner zéro (-0,3 %) en 2017. Combinée à une forte appréciation du franc CFA, elle devrait avoir un impact négatif sur les exportations. La Banque centrale poursuit donc une politique monétaire accommodante en fixant le taux d’intérêt directeur en dessous de 3 %.

Facteurs positifs

Le programme lancé par le Togo en janvier 2017 au titre de la FEC vise à assainir les finances publiques. La première revue du FMI, effectuée en octobre 2017, a conclu que tous les critères de performance quantitatifs étaient atteints, et que les réformes structurelles étaient poursuivies. En 2017, l’État a commencé à réduire ses investissements à 14 % en 2018, puis à 4,3 % en 2019. Cette diminution devrait mettre un terme aux mécanismes de préfinancement des investissements publics par le truchement des banques commerciales et atténuer ainsi la prédominance de l’État dans le financement de l’activité économique. La principale source de création de richesses deviendrait l’investissement privé, avec un taux de croissance annuel supérieur à 10 % entre 2017 et 2019. En ce qui concerne l’amélioration de l’environnement des affaires, l’accélération des transferts de propriété pourrait encourager l’investissement privé, dont la part dans l’investissement total devrait évoluer de 52 % en 2015 à 60 % en 2017, puis 62 % en 2018 et 64 % en 2019.

Facteurs négatifs

Le Togo a fait des progrès en matière de développement, mais la majorité de sa population n’en a pas encore tiré les dividendes. Un Togolais sur deux n’a pas accès à l’eau potable et à l’électricité, 55,1 % de la population vit dans la pauvreté, et le pays ne compte qu’un médecin pour 14 500 habitants. La formation fournie par l’enseignement supérieur public ne répond ni aux besoins du marché du travail ni aux problèmes de développement du pays. Celui-ci se classe 162e pour l’indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement, selon lequel 51 % de la population vit dans une pauvreté multidimensionnelle. Dans un contexte marqué par la recrudescence de manifestations politiques, l’organisation d’élections législatives et locales en 2018, et éventuellement d’un référendum sur la constitution, pourrait ralentir l’activité économique.

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