Perspectives économiques en Afrique

Rapport 2017 Perspectives économiques en Afrique

La promotion de l’industrialisation fait plus que jamais son retour dans l’ordre du jour économique de l’Afrique, avec une énergie décuplée. Les stratégies d’industrialisation du 21e siècle doivent se montrer innovantes et s’appuyer sur les atouts des 54 pays du continent. Il faut commencer par dépasser les approches traditionnelles se limitant aux seules industries manufacturières, pour couvrir tous les secteurs porteurs de croissance et créateurs d’emplois. Les stratégies d’industrialisation doivent par ailleurs intégrer les entrepreneurs offrant un réel potentiel, en s’appuyant sur les start-ups et les petites et moyennes entreprises capables d’étayer la croissance des grandes entreprises, pour accélérer l’industrialisation africaine. Enfin, elles doivent encourager une « industrialisation plus propre », moins coûteuse sur le plan environnemental. Les politiques industrielles doivent intégrer, en les adaptant à la spécificité du contexte africain, les enseignements venus de pays possédant une solide base industrielle. À cet égard, l’apprentissage innovant entre pairs sera essentiel dans cette nouvelle vague d’industrialisation.

Comment les gouvernements africains peuvent-ils concevoir et déployer des stratégies efficaces d’industrialisation ? Aujourd’hui, près de la moitié d’entre eux disposent d’une stratégie de développement industriel, visant surtout à promouvoir des activités à forte intensité de main-d’oeuvre créatrices d’emplois. Mais ces plans directeurs tiennent rarement compte des besoins des entreprises à fort potentiel de croissance. Les capacités de mise en oeuvre des politiques demeurent faibles, avec de fréquents conflits de compétence entre organismes gouvernementaux. Les politiques publiques doivent lever les contraintes pesant sur les entrepreneurs à fort potentiel. Déployer des stratégies de productivité exige un engagement total, sans faille et visionnaire de la part des responsables politiques, une coordination excellente au niveau du gouvernement et la participation active du secteur privé. L’implication des autorités locales peut contribuer à la définition de politiques industrielles adaptées aux besoins des entreprises. Enfin, l’évaluation des politiques publiques et de leurs effets est garante de la réussite des stratégies d’industrialisation.

Le dernier chapitre du rapport se concentre sur trois domaines de l’action publique qui permettraient de lever les obstacles auxquels se heurtent la plupart des entrepreneurs en Afrique. Premièrement, les politiques publiques doivent développer les compétences et, pour cela, donner la priorité à l’éducation formelle, l’apprentissage, la formation professionnelle et les capacités managériales, répondant ainsi aux besoins du marché du travail. Deuxièmement, des politiques de soutien aux regroupements d’entreprises (clusters) peuvent servir de catalyseur pour renforcer la productivité et le développement des entreprises, même de petite taille. Enfin, des politiques relatives aux marchés financiers peuvent améliorer l’accès des entreprises à des instruments de financement sur mesure et innovants.