Le rapport sur une décénnie de résultats de développement de la BAD publié

19/12/2016
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L’évaluation indépendante du développement (IDEV) du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a publié un rapport d’une ampleur sans précédent, qui mesure la pertinence, l’efficacité, la durabilité et l’efficience des opérations de la BAD à travers le continent africain lors de la dernière décennie.

L’Evaluation globale des résultats de développement (EGRD) de la Banque (BAD) est une évaluation factuelle des résultats de développement de la BAD à travers les secteurs, les pays et les régions d’Afrique. Elle cherche à vérifier comment, au vu du mandat et des ressources de la Banque et d’un environnement de l’aide au développement qui évolue rapidement, les activités de prêt et hors-prêt aussi bien dans dans le secteur public que privé pourraient être renforcées dans le futur.

L’EGRD jette un regard impartial sur les opérations de la BAD dans les pays africains. Il ressort du rapport que la BAD est un partenaire de valeur au niveau pays et a dans plusieurs cas trouvé des niches dans lesquelles la bonne combinaison de dialogue, connaissance et prêt a facilité l’obtention de bons résultats. Un des résultats clé encourageant du rapport est que la capacité de la BAD à proposer des réponses adéquates aux besoins des pays s’est améliorée pendant la période d’évaluation de dix années. Les projets réussis couvrent différents secteurs et régions et comprennent des projets d’énergie au Cameroun, des routes au Sénégal, des réformes au Maroc et l’appui aux services de base en Ethiopie.

Cependant, bien que la BAD a fourni des résultats, elle ne l’a pas fait à son plein potentiel. Les évaluateurs ont noté que la BAD s’est engagée dans des partenariats et des initiatives coordonnés pour mobiliser plus de ressources de développement dans les pays où la capacité nationale de mise en oeuvre était adéquate, mais a échoué dans l’analyse de contraintes contextuelles dans des environnements moins favorables. Un manque de communication sur les opportunités de services de la BAD signifiait que le travail économique et sectoriel et l’assistance technique n’étaient pas pleinement utilisés pour répondre aux besoins de certains pays. De plus, la BAD n’a pas réussi de façon générale à se positionner, au delà de son rôle d’institution financière, en en tant que conseiller influent en termes d’élaboration des politiques. L’exception était dans les situations fragiles où elle s’est montrée efficace en termes de dialogue politique.

S’appuyant sur les résultats de l’évaluation et les grandes conclusions qui y figurent, IDEV a fait plusieurs recommandations à la Direction de la BAD. En termes de positionnement stratégique, les évaluateurs recommandent que la BAD analyse ses rôles potentiels en tant que financier, courtier du savoir, conseiller, et facilitateur pour les partenariats et s’organise en conséquence au niveau pays. En termes d’amélioration de service aux entreprises, elle devrait renforcer la flexibilité des procédures internes pour permettre de donner des réponses immédiates aux pays et être capable de fournir la bonne combinaison de travail analytique, dialogue et instruments de financement. La BAD devrait également renforcer ses cadres de performance et de responsabilité et sa qualité de supervison pour les opérations des secteurs public et privé.

Les évaluateurs ont utilisé des méthodes qualitative et quantitative ainsi que la triangulation, en travaillant avec des revues documentaires, des interviews de personnes ressources, des groupes de discussion et l’analyse de données. En tout, près de 1900 partenaires gouvernementaux et parties prenantes nationales y compris le secteur privé et les représentants de la société civile ont été interviewés. Les études d’évaluation ont été menées au niveau pays avec un échantillon de 14 pays, représentatif du portefeuille de prêt de la BAD en termes de régions, langues, éligibilité pour différentes sources de financement et statut de fragilité. Les pays étudiés étaient le Burundi, le Maroc, le Mozambique, le Nigéria, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, le Togo, la Tunisie et le Zambie. Pour les 14 pays, une évaluation de la stratégie et du programme de la BAD a été menée, et des études de cas de la performance ont été conduits. 169 projets dans ces pays ont été évalués et des évaluations et études indépendantes passées ont été utilisées pour des résultats de triangulation. Un panel de conseillers principaux pour l’évaluation et le développement a conduit le travail d’IDEV dans la réalisation de l’EGRD.

M. Rakesh Nangia, Evaluateur général de la BAD, a dit “L’importance de l’évaluation quantitative et qualitative des données pour produire l’EGRD dépasse celle de tout autre rapport precedent. Un processus d’assurance qualité rigoureux a été établi pour assurer l’obtention de conclusions robustes et la consistence d’évaluations à travers les pays et projets”.

L’évaluation globale des résultats du développement de la Banque africaine de développement est un produit d’évaluation unique à la BAD aussi bien en termes de portée et d’impact potentiel sur les acteurs du développement.

IDEV à la BAD vise à partager l’expérience et le processus d’apprentissage à partir de cela et conjointement avec d’autres communautés dans le monde dans les mois à venir. IDEV est reconnaissant pour l’engagement du gouvernement du Canada qui a appuyé cette inititiative, pour l’efficacité du développement. IDEV a également reçu l’appui du gouvernement de Norvège à travers Norad , et du gouvernement du Royaume-Uni dans la phase précédente d’évaluation.