L’ADEA félicite le Ghana et les Seychelles pour la qualité de leur système d’information pour la gestion de l’enseignement supérieur (SIGES)

19/07/2017
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L’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) salue la qualité des systèmes d’information de gestion que le Ghana et les Seychelles ont développés pour leurs établissements d’enseignement supérieur. L’ADEA a eu l’occasion d’exprimer ses félicitations lors d’un atelier technique sur l’analyse comparée des Systèmes d’information pour la gestion de l’enseignement supérieur (SIGES), qu’ont organisé les 29 et 30 juin 2017 à Accra, au Ghana, son Groupe de travail sur la gestion de l’éducation et l’appui aux politiques (GTGEAP) et celui sur l’enseignement supérieur (GTES), en collaboration avec l’Association des universités africaines (AUA).

Les Systèmes d’information pour la gestion de l’éducation (SIGE, dits en anglais Education Management Information SystemsEMIS,) facilitent la collecte des données, le traitement, l'analyse et la production de rapports sur le secteur de l’éducation – incluant établissements scolaires, étudiants, professeurs et personnels administratif et technique. Instaurer des SIGES de qualité pour les établissements africains d’enseignement supérieur, à même de fournir des informations de qualité, éclairerait la prise de décision en matière de gestion et faciliterait la planification, le suivi et l’évaluation, ainsi qu’un financement et une assurance-qualité rationnels du secteur. Lancé à la suite des recommandations de la Commission de l’Union africaine (CUA), qui demandait à ce que l’ADEA mette son expertise à profit en matière de règles et normes relatives au Système d’information pour la gestion de l’éducation (SIGE) afin de renforcer le SIGES des universités africaines, cet atelier a permis d’identifier les meilleures pratiques et les besoins en matière de renforcement des capacités et stratégies des universités en Afrique.

« Nous savons que les universités africaines sont la source des données sur l’enseignement supérieur et nous entendons renforcer leur capacité à recueillir et à fournir des informations sur les besoins nationaux, régionaux et continentaux », a déclaré Nodumo Dhlamini, directrice des services des technologies de l’information et de la communication et de gestion des connaissances de l’AUA et coordonnatrice du groupe GTES de l’ADEA.

Or l’accès à l’information de base dans l’enseignement supérieur pose problème en Afrique, ainsi que l’a reconnu Mohammed Salifu, secrétaire exécutif du Conseil national de l’enseignement supérieur du Ghana (NCTE), qui présidait la séance d’ouverture de cet atelier. Et de se réjouir que son pays ait prêté autant d’attention à la production de données et de rapports sur l’enseignement supérieur.

Makha Ndao, coordonnateur du groupe GTGEAP de l’ADEA a renchéri dans le même sens : « L’enseignement supérieur est, en Afrique, l’un des sous-secteurs de l’éducation où il est très difficile d’obtenir des statistiques complètes et fiables. En Afrique subsaharienne, seuls deux pays sur 23, le Ghana et les Seychelles, ont répondu au questionnaire sur l’enseignement supérieur et tertiaire de l’Institut de statistiques de l’UNESCO en 2015 », a-t-il déploré. Dans de nombreux pays, les systèmes d’enseignement et de tutelle en place sont fragmentés et souvent se chevauchent. En effet, le suivi du système éducatif incombe à plusieurs ministères, organismes et départements, qui n’appartiennent pas tous à la même l’administration. Au nom d’Oley Dibba-Wadda, secrétaire exécutive de l’ADEA, Makha Ndao a réitéré l’engagement de l’ADEA et de l’AUA à aider les pays à réviser et renforcer les performances de leurs SIGES respectifs.

L’analyse comparative que permettent les SIGES viendrait compléter et renforcer le mécanisme africain d’évaluation de la qualité, a déclaré Yohannes Woedetensae, expert principal en éducation de la CUA. Et comment concevoir des politiques d’éducation efficaces sans statistiques sérieuses, précises, opportunes et en nombre conséquent, que seul un système solide de gestion d’information peut garantir, a-t-il argué ?

Chargée principale de programmes de la CEDEAO, Rachael J. Ogbe, a indiqué que le SIGE constitue une priorité pour la région de l’Afrique de l’Ouest. Elle a rendu hommage à l’ADEA, pour son travail approfondi au CEDEAO au côté de la CEDEAO sur les règles et normes du SIGE depuis que le processus de renforcement du système dans la région a été lancé, en 2010 à Lomé. La collaboration entre la CEDEAO et l’ADEA a également donné lieu à des évaluations par les pairs du SIGE qui ont profité au Ghana et au Mali. Rachael J. Ogbe, a dit espérer que cette collaboration se poursuive en faveur d’une solution durable pour les SIGE en général.

Les représentants de l’AUA, de la CUA, de la CEDEAO, du GTGEAP de l’ADEA et du NCTE ont chacun pris la parole. Tous ont déploré les nombreux défis rencontrés en Afrique dans la collecte, la compilation et l’analyse des données statistiques dans l’enseignement supérieur, en particulier au niveau institutionnel. Ils ont également regretté l’absence d’indicateurs clairs et complets pour sous-tendre le cadre de suivi et évaluation du secteur. Ces indicateurs sont pourtant essentiels au suivi de la mise en œuvre de la Stratégie continentale de l’éducation pour l’Afrique 2016-2025 (CESA 16-25), l’Agenda 2063 pour l’Afrique et l’Agenda mondial 2030 pour les Objectifs de développement durable (ODD) – l’ODD 4 en particulier sur une « éducation de qualité ».

Youssouf Ario Maiga, gestionnaire des programmes du GTGEAP, et Alpha Bah, personne-ressource du GTGEAP, ont assuré la modération de l’atelier, avec l’appui technique de Kwesi Acquah Sam, du Secrétariat de l’AUA et membre du GTES de l’ADEA.

L’atelier a réuni vingt-cinq participants, au nombre desquels figurait Mohammed Salifu, secrétaire exécutif du Conseil national de l’enseignement supérieur du Ghana (NCTE), qui a présidé la séance d’ouverture. Yohannes Woldetensae, expert principal en éducation à la Commission de l’Union africaine (CUA), Rachel Ogbe, chargée principale de programmes pour l’éducation à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), David Blaise Ossene, spécialiste des questions d’éducation et de culture à la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), Nodumo Dhlamini, directrice des services de technologies de l’information et de la communication et de la gestion des connaissances à l’Association des universités africaines (AUA) étaient également présents. Ainsi que plusieurs experts avérés en SIGES venus du Burkina Faso, du Ghana, de l’Ile Maurice et du Sénégal, d’autres en SIGE venus de l’Université de Moundou au Tchad et de cinq universités du Ghana (Université des Sciences et Technologies Kwame Nkrumah, Université de Cape Coast, Université du Ghana, Université des mines et technologies et Université d’études professionnelles d’Accra).

À propos de l’ADEA

L’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) est un forum de dialogue sur les politiques, composé de tous les 54 ministres de l’Éducation en Afrique. Établi en 1988 à l’initiative du Groupe de la Banque mondiale, elle est devenue une institution panafricaine basée au sein du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Depuis sa création, elle a agi sur des processus qui ont eu un impact profond sur l’élaboration des politiques en Afrique grâce à un dialogue politique fondé sur des données probantes, au renforcement des capacités, au plaidoyer et au réseautage. Le travail de l’ADEA s’est élargi pour se concentrer davantage sur le développement des aptitudes et des compétences dans tous les sous-secteurs de l’éducation. Elle envisage un « système africain d’éducation et de formation de haute qualité axé sur la promotion de connaissances et de compétences essentielles au développement accéléré et durable en Afrique.

Site web : http://www.adeanet.org/