Algérie : un prêt de 900 millions € de la BAD pour appuyer sa compétitivité industrielle et énergétique

24/11/2016
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La Banque africaine de développement (BAD) et l’Algérie ont signé, le 23 novembre 2016 à Abidjan, un accord de prêt de 900 millions d’euros pour appuyer la compétitivité industrielle et énergétique du pays. Ce prêt, sous forme d’appui budgétaire, fournit au gouvernement les ressources nécessaires pour pallier la baisse de ses recettes, conséquence de la chute drastique des cours du pétrole.

« Cette chute des cours a fortement affecté beaucoup de pays exportateurs de pétrole, avec des impacts considérables sur leur balance des paiements et sur leur budget », analyse le vice-président par intérim de la BAD chargé de l’agriculture, de l’eau, du développement humain, de la gouvernance et des ressources naturelles, Kapil Kapoor (écouter en audio).

Structurellement excédentaire, la balance des transactions commerciales de l’Algérie atteint, pour la première fois depuis 20 ans, un déficit de près de 13 milliards de dollars EU, à la suite de l’importante baisse des recettes d’exportation d’hydrocarbures. Celles-ci ont baissé de près de 43 % entre 2014 et 2015. Positif depuis plusieurs années, le solde global de la balance des paiements – qui alimente les réserves de change officielles – a également connu son premier déficit en 2014. Si les réserves officielles de change restent néanmoins à un niveau confortable (plus de deux ans d’importations assurées), elles enregistrent une baisse de 19,6 % entre décembre 2014 et décembre 2015 –  passées de 179 milliards à 144 milliards de dollars EU.

L’ambassadeur de la République algérienne en Côte d’Ivoire, Mohamed Abdelaziz Bouguetaïa, a félicité la Banque pour la célérité avec laquelle le programme a été conçu, approuvé et signé. « La visite du président de la BAD en avril 2016 a joué un rôle déterminant dans la conduite du dialogue. Lors de cette visite, les rencontres avec les officiels algériens ont permis d’établir les besoins les plus pressants en terme de réformes et de définir les axes d’intervention de cet appui budgétaire », a-t-il déclaré (écouter en audio).

Cet appui budgétaire favorisera ainsi une croissance inclusive, résiliente et durable. Pour ce faire, le programme contribuera au renforcement de l’assainissement des finances publiques grâce à un recouvrement accru des recettes, à la redéfinition des priorités en matière de dépenses et la rationalisation de celles-ci. Le programme s’attèlera également à améliorer l’environnement des affaires et à promouvoir les investissements grâce à l’adoption de lois sur l’investissement et sur l’accès au financement, à la promotion de parcs industriels ainsi qu’à la dynamisation du commerce extérieur. Enfin, le programme va permettre d’améliorer la gouvernance du secteur énergétique et promouvoir les énergies renouvelables, à travers la diversification des filières de production d’électricité.

Entre autres résultats, le programme devrait faire passer la part des recettes fiscales hors hydrocarbures à 17,7 % du produit intérieur brut en 2017 – contre 17,1 % en 2015. Il devrait également améliorer la maitrise des dépenses courantes, qui passeront de 34,6 % à 30,6 % du PIB. L’amélioration du climat des affaires devrait aider au développement des petites et moyennes entreprises et promouvoir l’entreprenariat. Enfin, grâce au projet, le secteur de l’énergie devrait contribuer davantage à l’économie réelle du pays, via la création d’emplois et le développement du secteur privé, en capitalisant sur la chaine d’approvisionnement du secteur énergétique.

Les PME algériennes seront les principales bénéficiaires du projet, profitant de la levée de plusieurs contraintes pesant sur le développement de leurs activités, comme le nantissement des marchés publics. Elles profiteront aussi d’incitations supplémentaires pour embaucher de la main-d’œuvre qualifiée. Les investisseurs porteurs de grands projets auront pour eux un cadre d’investissement et de négociations plus transparent et plus incitatif. Enfin, d’autres acteurs économiques, dont une grande partie sont des femmes, tireront avantage de l’annulation de la pénalité fiscale et du nouveau système incitatif mis en place dans le cadre du statut d’auto-entrepreneur.

Ce programme d’envergure – parmi les plus importants consentis par la BAD – intervient une douzaine d’années après le dernier emprunt que l’Algérie avait contracté auprès de la Banque.


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