Énergie solaire en Égypte : un prêt de 55 millions de dollars de la BAD, dont 7 millions du FEM

05/09/2017
Share |

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 4 septembre 2017, trois prêts de premier rang, pour un total de 55 millions de dollars EU. Ce, afin de financer trois projets d’énergie solaire photovoltaïque déployés dans le cadre de la deuxième phase du programme égyptien de tarif de rachat garanti (feed-in tariff – FiT).

Trois producteurs d’énergie indépendants bénéficieront de ces prêts qui s’étalent sur dix-huit ans : Alcazar Energy Egypt Solar 1 (Alcazar I), Delta for Renewable Energy (Delta) et Shapoorji Pallonji Energy Egypt (SPEE). Alcazar I et Delta se voient accorder 18 millions de dollars EU chacun. Les 19 millions de dollars EU de prêt octroyé à SPEE comprend également un financement concessionnel de 7 millions de dollars EU du Fonds pour lHYPERLINK "https://www.thegef.org/"’HYPERLINK "https://www.thegef.org/"environnement mondial (FEM), dont la BAD est l’une des agences d’exécution.

Ce financement du FEM a été mobilisé dans le cadre du Programme de partenariat public-privé (PPP) de la BAD, dont le FEM a approuvé la mise en œuvre par la BAD, et qui a pour but d’encourager le développement à grande échelle des technologies en matière d’énergies renouvelables et de contribuer à offrir un accès universel à l’électricité en Afrique. Ce projet répond au domaine d’intervention du FEM-6 en matière d’atténuation des effets du changement climatique– promouvoir l’innovation, les transferts de technologies et la mise en place de politiques et de stratégies propices. L’investissement du FEM devrait permettre de réduire les émissions de CO2 de 61 000 tonnes par an.

Ces prêts s’inscrivent dans la droite ligne du New Deal pour l’énergie en Afrique de la BAD et de ses Cinq grandes priorités (dites Top 5), au premier rang desquelles figure « Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie ».

L’Égypte jouit de l’un des meilleurs potentiels en énergie solaire de la planète : 9 à 11 heures en moyenne d’ensoleillement quotidien, une humidité faible et une irradiation horizontale globale de quelque 2230-2330 kWh/m2 pan an. Afin de répondre à la demande croissante en électricité, de diversifier son bouquet énergétique et d’améliorer l’empreinte environnementale et climatique du secteur, l’Égypte a créé un cadre réglementaire général pour développer ses capacités en énergies renouvelables et ainsi pouvoir assurer 20 % de sa production énergétique à partir de sources renouvelables à l’horizon 2022. En septembre 2014, le pays a lancé son programme FiT qui cible un total de 4 300 MW, dont 2 300 MW en énergie solaire photovoltaïque.

Ces trois projets totaliseront 150 MW de capacité installée, que vont développer deux opérateurs, Alcazar Energy Partners (2x50 MW) et Shapoorji Pallonji (50 MW). Ils verront le jour sur le même site, une zone désertique inoccupée située à Benban, à 40 kilomètres au nord d’Assouan. Ils utiliseront un raccordement au réseau commun, financé conjointement avec d’autres opérateurs dans le cadre d’un accord de partage des coûts conclu avec l’Egyptian Electricity Transmission Company (EETC). Le bouclage financier devrait être conclu d’ici le 28 octobre 2017, et les centrales devraient entrer en service d’ici la fin 2018.

« Ces trois projets aideront à augmenter la capacité de production d’électricité de l’Égypte, à diversifier son bouquet énergétique, permettront d’importantes économies en combustible et de réduire les émissions de carbone à hauteur de 4,8 millions de tonnes pendant les 25 ans que dure l’accord d’achat d’électricité », a précisé Amadou Hott, vice-président du Complexe sectoriel de l’électricité, de l’énergie, du climat et de la croissance verte (PEVP) Et d’indiquer : « La capacité de production des trois nouvelles centrales solaires suffiront à desservir 100 000 foyers environ. »

Avec ces projets, la BAD offre son appui au premier programme à grande échelle du secteur privé dans les énergies renouvelables en Égypte. Cela devrait avoir un puissant effet d’entraînement, et une véritable industrie solaire pourrait voir le jour dans le pays.

******

À propos du New Deal pour l’énergie en Afrique

Le Complexe pour l’électricité, l’énergie, le changement climatique et la croissance verte (PEVP) de la BAD a été créé pour répondre à la priorité « Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie » – principalement l’accès universel à l’énergie en Afrique d’ici à 2025. Le Complexe y parviendra en bâtissant des systèmes énergétiques africains tout en assurant une croissance verte. C’est tout l’écosystème du développement dans sa globalité qui est pris en compte – efficacité opérationnelle, mise à l’échelle, impacts socio-économiques et environnementaux. Le New Deal a pour objectifs d’accroître la production du réseau électrique avec l’ajout de 160 GW de nouvelles capacités d’ici à 2025 ; d’améliorer le transport de l’électricité et les connexions au réseau avec 130 millions de nouveaux raccordements d’ici à 2025 ; d’augmenter la production hors-réseau avec 75 millions de nouveaux raccordements d’ici à 2025 ; et l’accès à une énergie propre pour la cuisson des repas pour quelque 130 millions de foyers.