La BAD lance un programme de formation pour accélérer le développement de l’industrie textile en Afrique

En Éthiopie, 64 femmes ont participé à une 1e master-classe de mode

11/10/2017
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La Banque africaine de développement (BAD) et ses partenaires ont lancé un programme de formation spécial pour les entrepreneurs et start-up du secteur de l’industrie du textile-habillement et des accessoires de mode en Afrique.

Cette formation entre dans le cadre de “Fashionomics Africa” (« Économie de la mode en Afrique »), une initiative que la BAD a lancée pour accroître la participation de l’Afrique dans la chaîne d’approvisionnement de l’industrie textile à l’échelle mondiale.

Le programme de formation a démarré le 4 octobre à Addis-Abeba, en Éthiopie, en partenariat avec Hub of Africa 2017 et Hivos International.

Cette phase initiale s’adressait à l’Association des créateurs de mode éthiopiens (FDA) ainsi qu’aux créateurs, aux entrepreneurs et aux étudiants du secteur de la mode participant à la rencontre Hub of Africa 2017. Soixante-quatre des quatre-vingt-quinze participants étaient des femmes.

D’autres sessions sont également prévues au Kenya, en Afrique du Sud, au Nigeria et en Côte d’Ivoire.
« Les master-classes Fashionomics ont pour but d’aider à mieux appréhender la création et le développement d’une marque de mode, de l’idée jusqu’à sa concrétisation. Cela va de la mise en place d’une première ligne de production d’une entreprise gérée par une seule personne jusqu’à la mise en place d’une équipe qui partage la philosophie d’une marque commune », a indiqué Emanuela Gregorio, économiste chargée des questions de genre, de l’innovation et des industries créatives à la BAD.
L’Éthiopie jouit de l’un des secteurs de textile/mode les plus dynamiques d’Afrique. Son potentiel de croissance et de création d’emplois, notamment pour les femmes et les jeunes, est énorme.
À mesure que les coûts de production augmentent en Asie, l’Afrique devient la dernière frontière pour les nouveaux marchés d’approvisionnement du secteur de l’habillement. Dotée d’une forte tradition dans le secteur de l’habillement, d’une force de travail vaste et à l’esprit d’entreprise, et d’incitations appropriées, l’Éthiopie est considérée comme une nouvelle source d’approvisionnement attrayante pour les marques internationales. Et l’Éthiopie jouit également d’un important réservoir de talents e créateurs de mode et d’artisans-tailleurs, à même d’alimenter à tant les marchés nationaux, régionaux, qu’internationaux.

« La vraie finalité est de montrer que les entrepreneurs qui ont réussi dans l’industrie du textile-habillement et des accessoires de mode sont en mesure d’être compétitifs sur la scène régionale et internationale, s’ils ont les investissements et un accès aux formations et aux ressources nécessaires », a précisé Basil Jones, coordinateur principal à la BAD des programmes et politiques portant sur le genre.

Avec près de 2,5 milliards de dollars EU d’exportations annuelles de produits d’habillement au départ de l’Afrique, l’industrie du textile-habillement et des accessoires de mode est un vecteur de croissance important pour les économies africaines.

« En tant que formateur, j’ai senti qu’il est important d’offrir aux entrepreneurs en phase de démarrage ou de conceptualisation, comme à ceux qui sont déjà actifs, des perspectives, des outils et des exemples. L’acquisition de connaissances entre pairs chez les participants et la mise en commun de connaissances dans la salle ont été le résultat positif le plus prometteur de la session », a affirmé Marnix Van Holland, responsable de développement des programmes chez Hivos international.
Fondatrice d’Africa Mosaique, Anna Getaneh, ex-mannequin vedette et créatrice de mode, a décrit la formation qui s’est déroulée en Éthiopie comme une expérience interactive et intense entre des créateurs bien établis et les professionnels du secteur.

Une entrepreneure éthiopienne du secteur de la mode, Eleni Hailu, a dit de ce programme de formation qu’il lui avait ouvert les yeux.

« Ca a été extrêmement novateur et créatif – la formation sur le tas a été très stimulante, s’est réjoui quant à lui le fondateur de Hub of Africa, Mahlet Teklemariam. Le retour que j’ai eu, c’est que tout le monde a vraiment aimé l’atelier. Ils en voulaient plus et ne voulaient pas que la session se termine ».
Avec “Fashionomics Africa”, la Banque africaine de développement a pour objectif de soutenir la croissance des secteurs du textile et de la mode en mettant l’accent sur le renforcement des capacités des micro, petites et moyennes entreprises du secteur du textile-habillement, notamment celles qui sont gérées par les femmes et les jeunes. Une ambition qui s’inscrit dans la droite ligne des Cinq grandes priorités de la Banque que sont ses High 5 et de sa stratégie 2016-2025 pour l’emploi des jeunes en Afrique.


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