L’Afrique doit appliquer l’accord de Yamoussoukro «pour un ciel ouvert », affirme le président de la BAD

Ensemble, libérons les droits de trafic du transport aérien de l’Afrique et intégrons l’Afrique. Ainsi nous construirons des économies plus solides et plus résilientes» – Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement

21/11/2017
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L’Afrique doit appliquer l’accord de Yamoussoukro «pour un ciel ouvert », affirme le président de la BAD

La Banque africaine de développement (BAD) a appelé les pays africains à appliquer l’accord «pour un ciel ouvert » de Yamoussoukro relatif aux droits de trafic aérien, conclu en 1999.

Bien que 20 pays l’aient signé, beaucoup d’entre eux ne l’ont toujours pas mis en œuvre, a déclaré Akinwumi Adesina, président de la BAD, lors de la cérémonie d’ouverture du troisième Forum aéronautique mondial de l’OACI mardi à Abuja.

« La rigidité des accords bilatéraux s’appliquant aux services aériens a rendu difficile la libéralisation des marchés de l’aviation de la région. Nous devons rendre les marchés de l’aviation régionale compétitifs et abaisser les coûts, dégager une meilleure rentabilité et améliorer les connexions et les facilités », a déclaré Adesina.

Le président de la Banque a également souligné le solide appui qu’apporte la Banque au Nigeria et a exprimé sa confiance dans la capacité du Nigeria à respecter ses engagements politiques.

« L’organisation de ce forum mondial ici à Abuja est une marque évidente de confiance à l’égard du Nigeria. Permettez-moi de saisir cette occasion pour vous féliciter, vous et votre gouvernement, pour le programme de relance et de croissance visant à bâtir une économie plus résiliente », a dit Adesina.

« Comme vous le savez, nous avons mis à disposition 600 millions de dollars pour aider le gouvernement à résoudre son problème de déficit budgétaire, et nous sommes disposés à poursuivre notre appui, au moment où il se lance dans des initiatives visant à diversifier l’économie et à rehausser le niveau des revenus ainsi que la productivité des secteurs non pétroliers ».

Le président de la Banque a également félicité le gouvernement du Nigeria pour ses efforts visant à améliorer les performances dans le secteur de l’aviation au Nigeria. Ce secteur joue un rôle important dans l’ouverture des portes aux investisseurs, a-t-il ajouté.

Le transport aérien favorise le commerce, les investissements et le tourisme, et il stimule la croissance économique. Selon le président de la Banque, la contribution actuelle de l’industrie aéronautique de l’Afrique au PIB annuel du continent s’élève à 73 milliards de dollars, et elle donne de l’emploi à environ 7 millions de personnes, soit à 130 000 nationaux en moyenne par pays.

L’industrie aéronautique devrait croître de 5 % par an au cours des deux prochaines décennies. Elle a fourni des prestations à 120 millions de passagers en 2015, un nombre qui va tripler pour atteindre 300 millions de passagers d’ici 2035, a fait ressortir Adesina.

« Ce sont là les bonnes nouvelles », a-t-il dit, ajoutant que malheureusement la croissance de l’aviation est freinée par des cadres réglementaires très restrictifs qui limitent la taille des marchés et la rentabilité, et qui font augmenter les coûts.

« Rien que pour le décollage des aéronefs, les frais en Afrique sont de 30 % supérieurs à la moyenne mondiale. Les autres frais - taxes, redevances et droits - sont de 8 % plus élevés. Compte tenu des faibles revenus par tête en Afrique, les prix élevés empêchent tout simplement les pauvres de voyager ! Nous avons peut-être une politique de ciel ouvert, mais nous nous retrouvons avec un ciel vide ! »

Le président de la BAD a lancé un appel en faveur de l’augmentation des capacités des terminaux d’aéroports permettant d’accroître le nombre de passagers, du développement de plaques tournantes aériennes pour l’amélioration des connexions, et de la modernisation des services d’aide à la navigation aérienne et de contrôle du trafic aérien en vue d’un renforcement de la sécurité.

« Les technologies de pointe comme celles utilisées dans les services d’aide à la navigation aérienne sont maintenant plus accessibles et dispensent de la nécessité de disposer d’infrastructures au sol, ce qui permet de desservir des régions éloignées avec des radars. Nous devons aussi développer en Afrique même des services de maintenance d’aéronefs et renforcer les organismes de sécurité aérienne régionaux et sous-régionaux », a-t-il souligné.

La BAD a investi 20 milliards de dollars dans les infrastructures au cours des 10 dernières années, en consacrant plus d’un milliard de dollars au secteur de l’aviation. Les investissements de la Banque comprennent la construction d’aéroports modernes et des prolongements de terminaux au Sénégal, au Maroc, au Kenya, au Ghana, en Égypte et au Cabo Verde, et l’amélioration des systèmes aéroportuaires de navigation aérienne en République démocratique du Congo.

La BAD a soutenu des programmes d’expansion des flottes d’aéronefs en Éthiopie et en Côte d’Ivoire. Elle a également apporté un soutien aux efforts d’amélioration de la sécurité aérienne et de renforcement des capacités au niveau régional.

Adesina a félicité le Nigeria pour la certification de deux aéroports, ceux d’Abuja et de Lagos, par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) après qu’ils soient devenus conformes aux normes mondiales, en notant qu’un tel exploit fait du Nigeria le seul pays possédant deux aéroports agréés par l’OACI en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.

L’objectif de la Banque est d’aider à l’obtention de certifications des normes de sûreté et de sécurité de l’OACI par 20 aéroports africains d’ici 2019, a déclaré Adesina.

La Banque africaine de développement va bientôt présenter à son conseil d’administration un nouveau cadre pour le secteur de l’aviation, ce qui permettra à l’institution d’apporter son aide à la redynamisation de l’industrie aéronautique en Afrique, a-t-il ajouté.

Adesina a expliqué que la Banque travaille avec d’autres partenaires à l’établissement de facilités permettant d’écarter les risques afférents au financement des acquisitions d’appareils, à la modernisation des aéroports, au renforcement de la sécurité aérienne et de la navigation au niveau régional, et à la déréglementation de l’industrie aéronautique pour la rendre plus performante et efficace.

La Banque africaine de développement (BAD) collabore avec le gouvernement nigérian, la Commission de l’Union africaine (UA) et l’Agence du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), à l’organisation du troisième Forum aéronautique mondial de l’OACI du 20 au 22 novembre à Abuja, au Nigeria.