Lutte contre le paludisme : la Banque africaine de développement plaide pour des solutions de financement internes

24/04/2018
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Lutte contre le paludisme : la Banque africaine de développement plaide pour des solutions de financement internes

À l’occasion de la Journée mondiale du paludisme 2018, célébrée le 25 avril, la Banque africaine de développement publie une étude intitulée Money and Mosquitoes : The Economics of Malaria in an Age of declining Aid (Ressources et moustiques : l’économie du paludisme à l’heure du déclin de l’aide). Parmi les auteurs figurent l’économiste Eric Maskin de l’Université de Harvard, lauréat du prix Nobel, Célestin Monga, vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement chargé de la gouvernance économique et de la gestion du savoir, Josselin Thuilliez, du Centre national français de la recherche scientifique et Jean-Claude Barthélémy, professeur de sciences économiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre correspondant de l’Institut de France.

 

Ce rapport examine le financement de la lutte contre le paludisme et traite plus particulièrement du rôle de l’aide étrangère. Il cherche à déterminer s’il est possible de contrôler ou d’éliminer une maladie telle que le paludisme en Afrique sans l’appui d’une aide sanitaire. Il présente également un modèle théorique de l’économie du paludisme et montre la manière dont l’aide sanitaire peut contribuer à éviter une situation de « piégeage de la maladie ». Tout en appelant à une augmentation des financements internationaux affectés à la lutte contre le paludisme, le rapport invite également les pays d’Afrique à intensifier leurs propres efforts, notamment par la mobilisation de ressources nationales dans cette action. En 2016, la contribution des gouvernements des pays impaludés représentait 31 % des quelque 2,7 millions de dollars américains qui y ont été consacrés.

 

Entre 2000 et 2014, les efforts pour maîtriser le paludisme ont été accrus, et le taux mondial de la mortalité due à cette maladie a baissé de moitié. Cependant, le déclin de l’aide sanitaire et la réduction du niveau de priorité accordé à l’aide verticale (cas du paludisme) ont conduit à une augmentation du nombre de cas, malgré l’efficacité potentielle des interventions verticales. De 2015 à 2016, le nombre de cas mondiaux de paludisme est passé de 211 millions à 216 millions. En 2016, 90 % de cas de paludisme et 91 % de décès causés par le paludisme à l’échelle mondiale ont été enregistrés en Afrique. Il semble que les progrès de la lutte mondiale contre la maladie se soient enrayés.

« Le paludisme nuit aux affaires », a déclaré en janvier dernier, à Addis-Abeba, lors du sommet de l’Union africaine, Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement, devant l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme, une coalition de 49 chefs d’États et de gouvernements africains fondée en 2009 pour venir à bout du paludisme d’ici à 2030. « Voilà pourquoi l’Afrique doit, a-t-il ajouté, investir dans la fabrication locale de médicaments génériques à bas prix, afin que les populations puissent aisément avoir accès aux traitements. »

Le paludisme est un véritable fardeau qui pèse sur les économies nationales et appauvrit les ménages, a fait remarquer le président de la Banque, précisant que cette maladie tropicale coûterait chaque année quelque 12 milliards de dollars à l’Afrique. Pour certains pays d’Afrique, cet impact représente jusqu’à 5 à 6 % du produit intérieur brut.

On estime par ailleurs que 79 % de médicaments contre la maladie consommés sur le continent sont importés d’Inde et de Chine, alors qu’ils auraient pu être fabriqués sur place. Ce qui les rendrait plus abordables pour la plupart des familles africaines.

#JournéeMondialeDuPaludisme

Télécharger le rapport complet (en anglais)


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