1e édition du Marché de l’énergie en Afrique de la Banque africaine de développement

Objectifs : accélérer les réformes requises, accroître la participation du secteur privé et créer une réserve de projets prêts à l’investissement.

06/07/2018
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1e édition du Marché de l’énergie en Afrique de la Banque africaine de développement

La première édition du Marché de l’énergie en Afrique (MEA) s’est tenue les 5 et 6 juillet 2018 à Abidjan, rassemblant plus de 300 participants : parties prenantes des secteurs public, privé et de la société civile, organismes gouvernementaux, partenaires au développement et investisseurs dans le secteur de l’énergie. Les questions techniques, commerciales, réglementaires et financières sur le marché en pleine expansion de l’énergie en Afrique ont notamment été approfondies.

Cette première édition du MEA s’est concentrée sur l’étude de cinq pays : la Côte d’Ivoire, l’Égypte, l’Éthiopie, le Nigeria et la Zambie. Des représentants de chacun de ces pays ont présenté des exposés sur les réalisations, les possibilités d’investissement, les défis et les perspectives à long terme de leur industrie énergétique.

Dans son discours d’ouverture, Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement, a souligné la situation déplorable de l’environnement énergétique de l’Afrique. « L’Afrique a un potentiel énergétique important, mais le potentiel ne crée rien. […] Nous ne pouvons continuer à accepter que l’Afrique soit appelée le “continent dans l’obscurité”. Nous devons agir vite et accélérer nos plans pour éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie », a-t-il déclaré.

La Banque a pris l’engagement d’investir 12 milliards de dollars américains dans son programme du New Deal pour l’énergie en Afrique. L’Afrique subsaharienne compte actuellement 14 % de la population mondiale et représente 4 % des investissements mondiaux dans le secteur de l’énergie. Les analystes de la Banque notent que plusieurs pays, parmi lesquels l’Éthiopie, le Gabon, le Ghana et le Kenya, sont en bonne voie pour atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici à 2030.

Lors des séances en atelier sur les pays, les participants se sont livrés à des discussions édifiantes et à des réflexions approfondies. Ils ont tenté d’identifier des initiatives capables de déboucher sur des résultats positifs rapides grâce à l’utilisation de modèles de financement durables, à des perspectives commerciales et d’investissement attrayantes, à l’accès à l’énergie et à des réformes liées à l’efficacité énergétique et à la réglementation. Les échanges ont également porté sur la gouvernance, la gestion des risques, les solutions en matière d’énergies hors-réseau et renouvelables, la formation et le renforcement des capacités.

Le Marché de l’énergie en Afrique est une plateforme collaborative à l’échelle de l’industrie, mise sur pied par la Banque africaine de développement pour lever les obstacles à la mobilisation et à l’intensification des investissements privés dans le secteur de l’énergie, grâce à la mise en relation des parties prenantes clés du secteur de l’énergie sur le continent. Plus précisément, le MEA entend relever sensiblement le faible niveau de la production et de la consommation d’énergie et d’électricité en Afrique, qui se situe actuellement à 150 kWh par habitant.

Procédant à l’ouverture de la rencontre, Jacques Chevalier, directeur de cabinet au ministère du Pétrole, de l’énergie et du développement des énergies renouvelables en Côte d’Ivoire, a souligné le rôle crucial de l’énergie dans la transformation économique africaine, surtout dans l’amélioration des conditions de vie des Africains. « La Côte d’Ivoire est pleinement engagée dans l’électrification totale du pays. Nous nous félicitons de la clairvoyance et de la vision de la Banque africaine de développement, particulièrement en ce qui concerne son initiative pour éclairer et alimenter l’Afrique en énergie », a-t-il indiqué.

Selon Amadou Hott, vice-président de la Banque africaine de développement chargé des questions d’électricité, d’énergie, de climat et d’énergie verte, les questions qui ont été examinées en atelier sont basées sur les dernières recherches de la Banque et sur les apports des gouvernements.

La prochaine édition du Marché, qui aura pour but d’évaluer l’avancement des projets et les possibilités d’investissement dans le secteur, se tiendra en marge de l’Africa Investment Forum (AIF) de Johannesburg, en Afrique du Sud, du 7 au 9 novembre 2018.

Parmi les partenaires du MEA, figurent Énergie pour l’Afrique (Power Africa), la Banque européenne d’investissement, Africa50, la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, la Société financière internationale, l’Union européenne, la Nouvelle Banque de développement, le Ministère du développement international britannique, l’Agence japonaise de développement (JICA), l’Agence française de développement, et KfW, l’agence allemande de développement.

L’initiative Marché de l’énergie en Afrique s’inscrit dans le programme New Deal pour l’énergie en Afrique, un partenariat transformateur dont l’objectif est d’éclairer et d’alimenter l’Afrique en énergie d’ici à 2025.


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