Banque africaine de développement : Une nouvelle voie pour le secteur de l’aviation

09/04/2018
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Banque africaine de développement : Une nouvelle voie pour le secteur de l’aviation

Les hauts représentants de compagnies aériennes africaines, d’organisations du secteur aéronautique, d’autorités de l’aviation civile et de ses instances de réglementation, de constructeurs d’aéronefs, de financiers et de partenaires au développement se sont réunis à l’initiative de la Banque africaine de développement pour discuter de l’avenir de l’aviation en Afrique.

La Banque a lancé cette consultation afin de recueillir les vues des parties prenantes, vues qui lui permettront d’entreprendre des travaux pour définir un plan d’action sur l’aviation suite au lancement par l’Union africaine du Single African Air Transport Market (SAATM, Marché unique du transport aérien africain en français) en janvier dernier.

En parallèle à la conférence principale, deux manifestations ont eu lieu sous la conduite respective d’Amani Anou-Zeid, commissaire de l’Union africaine à l’Infrastructure et à l’énergie, et de Symerre Grey Johnson, responsable de l’Intégration régionale, de l’infrastructure et du commerce au Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Ces réunions ont permis de récapituler les conclusions de la conférence en vue de l’établissement d’une feuille de route coordonnée pour la mise en œuvre du SAATM en Afrique.

« Nous souhaitons vivement appuyer les efforts concrets menés par les pays, les organisations régionales et les entreprises touchant au secteur de l’aviation afin d’augmenter la connectivité, de réduire et d’ouvrir le ciel de l’Afrique », a déclaré au début du débat Pierre Guislain, vice-président de la Banque chargé du Secteur privé, de l’infrastructure et de l’industrialisation.

Dans son volet central, le SAATM entend permettre aux compagnies aériennes membres d’assurer des services aériens vers les aéroports d’autres pays membres afin de réaliser la politique « ciel ouvert » en Afrique, stimulant ainsi le trafic et le commerce jusqu’à atteindre des taux de croissance du trafic aérien d’au moins 10 % d’ici à 2023, comme le prévoit l’initiative SAATM.

La discussion lors de la conférence a porté en grande partie sur les mesures pratiques à prendre pour réaliser ces objectifs et lever les difficultés persistantes qui affectent le secteur, dont le prix élevé des billets, des commissions et autres droits, l’insuffisance des infrastructures et le coût élevé des financements. En Afrique, le prix d’un billet d’avion est égal au double ou au triple du prix d’un billet pour un trajet comparable dans les autres régions du monde.

Intérêt d’une politique régionale renforcée

Au cours de cette rencontre de deux jours, de nombreuses suggestions et solutions ont été formulées, concernant tout d’abord la nécessité d’une approche régionale face à une amélioration de la sécurité aéronautique et des plans de sécurité aérienne, ainsi que le renforcement de la formation de tous les personnels techniques et managériaux du secteur de l’aviation.

Des délégués ont demandé que l’on se soucie davantage de la taille de flottes, et que l’on accorde la priorité à des avions à fuselage étroit et de type régional dans la recherche de financements. Ils ont également souhaité que se manifeste un engagement plus fort de la part des gouvernements et que les cadres nationaux soient alignés sur les conventions internationales. Les participants à la réunion ont exhorté les États à adopter une approche plus collaborative dans la prise de décisions, notamment par le biais de consultations au niveau régional, concernant la construction d’infrastructures liées aux complexes aéroportuaires et aux services de navigation aérienne.

Les délégués ont fréquemment évoqué l’étude InterVISTAS de 2014, commanditée par l’Association du transport aérien international (IATA, acronyme anglais), qui a modélisé l’impact d’une convention « ciel ouvert » souscrite par douze pays africains. Il en ressort que le trafic passager de ces pays augmentera de plus de 80 %, passant de 6,1 millions à 11 millions. Mais les retombées économiques d’une politique « ciel ouvert » y seraient encore plus impressionnantes. Selon cette étude, le PIB de ces pays augmenterait de 1,3 milliard de dollars américains, une augmentation accompagnée de la création de 155 000 emplois.

Le directeur du département de l’Infrastructure et du développement urbain à la Banque africaine de développement, Amadou Oumarou, a déclaré : « Nous allons préparer un plan d’action, non seulement pour la Banque, mais aussi pour toutes les parties prenantes. Une fois cela réalisé, nous définirons un cadre stratégique de la Banque concernant le secteur de l’aviation ».

Au cours des dix dernières années, la Banque africaine de développement a investi près d’un milliard de dollars dans la construction et l’expansion de terminaux d’aéroport ainsi qu’en sécurité aérienne et en financements aéronautiques.


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