L’avancement de l’Afrique dépend de l’énergie créatrice de sa jeunesse, affirme la co-lauréate du prix Nobel

22/01/2018
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L’avancement de l’Afrique dépend de l’énergie créatrice de sa jeunesse, affirme la co-lauréate du prix Nobel

La co-lauréate du prix Nobel de la paix 2015, Ouided Bouchamaoui, souligne que la population croissante de jeunes en Afrique constitue autant un avantage qu’une bombe à retardement politique. L’issue dépendra, selon elle, de la façon dont les dirigeants anticiperont l’avenir.

Lors du cycle de conférences Eminent Speakers organisé par la Banque africaine de développement qui se tenait ce lundi 22 janvier 2018 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, sur le thème Coopération africaine : rêve ou réalité ?, Ouided Bouchamaoui a soutenu une nouvelle vision de l’Afrique axée sur une modernité et des progrès qui dépassent le cadre du développement économique.

« Mon message est clair : donnons la priorité à la jeunesse, à la coopération universitaire, à l’élaboration d’initiatives, à la mise en réseau et au renforcement des capacités institutionnelles », a-t-elle argumenté, invitant ainsi les dirigeants africains à tirer parti de l’élan créateur des jeunes pour mener à bien les projets du futur. Cette intégration devrait inclure, selon Ouided Bouchamaoui, des partenariats avec le milieu universitaire, les arts et les divertissements, les sciences et les technologies, la gouvernance et la culture.

Première femme à la tête de l’UTICA (Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat), elle dirigeait l’organisation lorsque le Quartet du dialogue national tunisien, formé par l’UTICA avec l’Union générale tunisienne du travail, la Ligue tunisienne des droits de l’homme et le Conseil de l’ordre national des avocats de Tunisie, a obtenu le prix Nobel de la paix en 2015. Ce quartet a organisé des négociations entre les partis politiques tunisiens afin d’assurer le succès de la transition consécutive au Printemps arabe, qui avait entraîné la chute du président Zine el-Abidine Ben Ali, en 2012.

Au cours de sa présentation,Ouided Bouchamaoui a appelé à une coopération économique plus étroite entre les pays africains et a invité les parties prenantes à concentrer davantage leurs efforts sur la formation scolaire et professionnelle, la recherche scientifique, la technologie, la gouvernance et la culture, autant de domaines qu’elle juge largement inexploités.

« L’Afrique résiste aux tendances démographiques actuelles car 70 % de sa population totale est composée de jeunes de moins de 25 ans, ce qui représente un marché de plus d’un milliard de consommateurs. D’ici à 2025, la population urbaine devrait augmenter de 500 millions de personnes. Et d’ici à 2050, la population africaine devrait s’élever à 2,5 milliards d’habitants, dont la moitié sera âgée de moins de 25 ans », a-t-elle ajouté.

Pour Ouided Bouchamaoui, la première étape consiste à entamer activement une formation de masse des jeunes. La mise en place de partenariats stratégiques entre les universités africaines constitue également un élément essentiel du renforcement des relations bilatérales et multilatérales intra-africaines.

Les dirigeants devraient également investir absolument dans l’accélération de la numérisation de l’Afrique pour créer des économies intelligentes, qui nourriront l’intelligence des villes, des pays et du continent. La co-lauréate du prix Nobel a rappelé que l’apprentissage en ligne constituait un outil formidable pour regrouper les énergies et tendre des passerelles éducatives innovantes au profit des étudiants africains. Les Africains de la diaspora représentent par ailleurs une force de consolidation des liens entre les pays africains.

Pour encourager la coopération économique, l’Afrique doit mettre au point de nouvelles sources de financement, accroître sa main-d’œuvre et favoriser la formation et l’innovation technologique, car la coopération et l’intégration africaines sont possibles, a conclu Wided Bouchamaoui.

Pour elle, l’Afrique doit investir dans l’élan créateur de sa jeunesse par le développement de compétences et la mise en place de partenariats dynamiques entre les universités africaines. Un programme Erasmus(système d’échanges d’étudiants entre pays européens qui connaît un énorme succès depuis son lancement en 1987) permettrait notamment de produire la prochaine génération des meilleurs cerveaux africains.

Elue meilleure femme d’affaires du monde arabe par le partenariat de Deauville issu du G8 en 2013, elle a également reçu le prix Business for Peace en 2014. En plus du prix Nobel reçu dont elle est co-lauréate, Ouided Bouchamaoui a été récompensée à plusieurs reprises. En janvier 2015, elle était décorée grand officier de l’Ordre de la République tunisienne par le président Béji Caïd Essebsi. Un mois plus tard, l’ancien président français François Hollande lui remettait la Légion d’honneur française et, toujours en 2015, l’Ordre royal de l’étoile polaire lui était conféré par le roi de Suède, Charles XVI Gustave.

Lancé en 2006, le cycle de conférences Eminent Speakers de la Banque africaine de développement propose une plateforme d’échange d’idées via la contribution de conférenciers de renom afin de faire face aux défis du développement africain.

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