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Assemblée générale des Nations unies : la Banque africaine de développement va soutenir l’action climatique à hauteur de 12,5 milliards de dollars entre 2020 et 2025

25-sep-2019

La Banque africaine de développement va doubler le montant de ses engagements financiers en faveur de l’action climatique, portant sa contribution à 25 milliards de dollars américains entre 2020 et 2025.

Dans le cadre de discussions tenues au siège des Nations unies à New-York, le président de la Banque, Akinwumi Adesina, a pris cet engagement au nom de l’institution, ajoutant que la moitié contribuerait à l’adaptation des pays africains aux conséquences des changements climatiques.

« L’heure d’agir a sonné ! », a-t-il lancé aux membres de la Commission mondiale sur l’adaptation. « De nombreux pays souffrent de conditions météorologiques extrêmes et ne peuvent plus attendre. Nous avons donc décidé de créer un mécanisme de gestion des risques de catastrophe en Afrique afin de fournir à ces pays les ressources dont ils ont besoin pour se prémunir contre ces risques. »

La réunion, intitulée « Compte à rebours vers le sommet sur les mesures d’adaptation aux changements climatiques : lancement de l’année de l’action », était organisée par la Commission mondiale sur l’adaptation, avec pour objectif de préparer les villes et les terres agricoles au réchauffement de la planète.

Le projet de la Banque africaine de développement consiste à mettre en œuvre des systèmes d’alerte rapide afin que les gouvernements africains soient avertis en cas de nouvelle menace, et à proposer un régime d’assurance prévoyant le versement d’indemnités en cas de sécheresse, d’inondations et d’autres catastrophes.

En matière de changement climatique, les responsables politiques adoptent généralement deux approches : l’atténuation, qui implique une réduction des émissions de gaz à effet de serre afin de limiter la hausse des températures, et l’adaptation, qui consiste à se préparer à vivre sur une planète plus chaude.

Le président de la Commission, Ban Ki-moon, ancien secrétaire général de l’ONU, a préconisé de préparer les 300 millions de petits agriculteurs dans le monde à la dégradation des terres, à la sécheresse et à d’autres impacts du changement climatique. « Nous devons, de toute urgence, soutenir les petits exploitants agricoles afin de protéger notre sécurité alimentaire et celle des générations à venir », a-t-il déclaré. « Les engagements financiers pris aujourd’hui marquent une étape positive, mais il reste encore beaucoup à faire pour équiper les agriculteurs du monde entier en vue d’une production durable et intelligente à long terme. »

Dans un rapport publié ce mois-ci, la Commission a déclaré que les dépenses consacrées aux mesures d’adaptation aux changements climatiques porteraient leurs fruits. Ainsi, investir 1,8 milliard de dollars dans ces mesures pourrait générer 7,1 milliards de dollars d’avantages entre 2020 et 2030.

De son côté, Bill Gates a déclaré, en tant que membre de la Commission, que les agriculteurs devaient s’attendre à une diminution de leurs récoltes de l’ordre de 30% au cours des 30 prochaines années et que l’Afrique risquait d’être le continent le plus durement touché. « Les populations les plus pauvres du monde se composent majoritairement de petits exploitants agricoles. Ils seront les premiers frappés, et le plus durement, ce qui les mènera alors à la malnutrition et à l’instabilité », craint-il.

Selon le coprésident de la Fondation Bill et Melinda Gates, l’amélioration de la productivité des semences, le développement de programmes de financement et d’assurance ainsi que la mise en œuvre de nouveaux systèmes et politiques agricoles pourraient permettre aux agriculteurs de se préparer à un avenir plus incertain. Les objectifs portent sur le financement et l’investissement, l’agriculture et l’alimentation des populations, les solutions naturelles, l’eau, les villes, l’action locale, les infrastructures et la prévention des catastrophes naturelles.

Axel van Trotsenburg, directeur général par intérim de la Banque mondiale, a évoqué la « feuille de route » de l’institution s’agissant du recueil de fonds pour aider les gouvernements à se préparer aux changements climatiques et à ouvrir la voie à un « monde plus fort, plus sûr et plus résilient ». « Des mesures d’adaptation efficaces peuvent entraîner de bons résultats en matière de développement. Bien réfléchies, celles-ci sont susceptibles de contribuer à éviter les pertes économiques et matérielles, à protéger les populations contre les chocs altérant leurs conditions de vie et à promouvoir l’investissement », a-t-il écrit dans un communiqué.

 

Pour plus d’informations sur la participation de la Banque africaine de développement à la 74e Assemblée générale des Nations unies (UNGA2019), cliquez ici

 

 

Alkassoum AOUDI DIALLO - Responsable des relations médias – Département des communications et des relations extérieures,  +225 20263721

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