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Avec l’énergie éolienne, financée à 70 %, la Banque africaine de développement fait souffler un vent de changement sur le Kenya

01-aoû-2019

Les vents balayant la zone naissent dans l’océan Indien et s’engouffrent dans le « corridor de Turkana » formé par les hauts plateaux d’Éthiopie et du Kenya. Ils soufflent régulièrement à une vitesse de près de 20 km/h, ce qui fait de l’endroit un cadre idéal pour installer des éoliennes.

C’est bien à cet endroit que les autorités kenyanes ont choisi d’implanter un parc, baptisé Centrale éolienne du lac Turkana. Plus grand parc éolien d’Afrique, c’est un projet énergétique spectaculaire d’un montant de 623 millions d’euros, destiné à faire fonctionner 365 éoliennes dans le nord du Kenya.

Couvrant une superficie de plus de 16 000 hectares, le parc fournira environ 310 mégawatts d’électricité pour le réseau national, assez pour éclairer plus de 300 000 foyers. Il permettra à ce pays d’Afrique de l’Est d’atteindre son objectif qui est de produire exclusivement de l’énergie verte d’ici 2020.

Lors de son inauguration officielle, début juillet 2019, le chef de l’Etat kenyan Uhuru Kenyatta a déclaré : « nous relevons à nouveau la barre pour le continent... Le Kenya est sans aucun doute en bonne voie pour devenir un des leaders internationaux en matière d’énergies renouvelables ».

La Banque africaine de développement est intervenue en qualité d’arrangeur principal pour l’octroi d’une facilité de crédit de premier rang d’un montant de 436 millions d’euros, soit 70 % du coût total du projet. La Banque a également offert une garantie partielle des risques à hauteur de 20 millions d’euros, provenant du Fonds africain de développement (FAD), pour la partie du projet consacrée au réseau de distribution de l’électricité.

Depuis 2016, la Banque a investi environ 3,8 milliards d’euros sur ses ressources propres dans le secteur de l’énergie.

Pour le président de l’institution, Akinwumi Adesina, l’importance du rôle de la Banque dans ces financements ne fait aucun doute. « Le développement économique de l’Afrique repose entièrement sur la volonté politique. Nous avons peu de temps mais beaucoup à faire pour réaliser la transformation nécessaire à l’échelle du continent, pour éclairer et alimenter en énergie l’Afrique à l’horizon 2025 », a déclaré Adesina. Avant de poursuivre : « des projets comme celui de la Centrale éolienne du lac Turkana nous permettent d’avancer à grands pas vers nos objectifs prioritaires. La Banque est très fière d’être associée à cette adjonction essentielle aux infrastructures africaines et à la production d’énergie propre. »

Le continent dispose de quantités abondantes, voire illimitées, d’énergie solaire, hydraulique et éolienne ainsi que d’importantes quantités de gaz naturel et de diverses ressources naturelles et matières premières de grande valeur. C’est pourquoi, pour parvenir à l’accès universel à l’énergie d’ici 2025, son « New Deal » est d’investir 10 milliards d’euros sur les cinq prochaines années et de mobiliser en tout 46 milliards d’euros.

« C’est une étape importante que nous sommes fiers de célébrer. Les enfants ne peuvent pas apprendre grand-chose dans l’obscurité. Les manuels scolaires doivent être fermés au coucher du soleil. Les vaccins les plus indispensables ne peuvent pas être conservés. Les infirmières et les sages-femmes doivent pratiquer les accouchements avec des lanternes ou des lampes torches », a déclaré Wale Shonibare, vice-président par intérim de la Banque en charge de l’électricité, de l’énergie, de la lutte contre le changement climatique et de la croissance verte.

« L’inauguration du projet éolien de Turkana prouve que nous sommes déterminés à continuer de travailler sans relâche pour combler le déficit énergétique de l’Afrique. Nos efforts seront perçus par des centaines de milliers de foyers kényans et au-delà », a ajouté Wale Shonibare.

Le parc éolien du Turkana devrait permettre de réduire de 12,5 % les pénuries d’électricité et de faire baisser son coût jusqu’à 10 %.

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